L'Axe de la résistance : les proxys de l'Iran depuis le 7 octobre 2023
L'Axe de la résistance désigne l'alliance entre l'Iran et ses proxys au Moyen-Orient. Depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, on constate une plus grande coordination entre ces groupes, parfois sans l'intervention directe de Téhéran. L'Irak et la Syrie sont des hubs importants, où les membres de l'Axe se retrouvent, s'entraînent et planifient leurs actions. La Russie, dans sa logique de lutte contre l'Occident, s'est rapprochée non seulement de l'Iran mais aussi de ses proxys.
Kévin Thiévon est conseiller politique de l'opération Chammal et de la mission de l'OTAN en Irak. Il a été chercheur invité à l'International Institute for Strategic Studies.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 89, n° 4, hiver 2024.
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L'Axe de la résistance : les proxys de l'Iran depuis le 7 octobre 2023
Iran 2028, une rêverie politique
Le renforcement des sanctions américaines pourrait conduire à une aggravation des troubles intérieurs, en dépit d’une certaine libéralisation de la vie quotidienne. L’Iran adopterait dans un premier temps une posture internationale relativement discrète, maintenant le JCPOA, et tirant les conséquences d’un investissement extérieur aux bénéfices limités. L’inattendu pourrait bien venir, après la tentation conservatrice, d’une ouverture du régime iranien, à la fois en interne et en externe.
Conflits d’Afrique subsaharienne : l’éternel retour ?
Au Sahel, au Soudan du Sud, dans l’Afrique des Grands Lacs, les conflits récurrents témoignent surtout de l’échec des gouvernances héritées de la colonisation. Les pouvoirs politiques n’ont jamais reflété la diversité des communautés de leurs sociétés. La démocratisation des années 1990 ne pouvait dans ces conditions qu’être un trompe-l’œil. Les oligarchies tournent à la prédation de plus en plus violente, et tous les éléments semblent réunis pour que les conflits perdurent.
La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement
La victoire est une notion plus compliquée à définir qu’il n’y paraît. Elle suppose l’atteinte d’objectifs militaires et politiques, mais aussi la perception et l’acceptation d’une nouvelle réalité par l’adversaire. Les guerres asymétriques du début du XXIe siècle – de l’Afghanistan à l’Irak en passant par le Sahel – montrent que la supériorité militaire ne garantit pas la victoire. Il ne faut pas en conclure que l’emploi de la force armée serait nécessairement vain.
La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire
Les négociations du traité de Versailles ne se sont pas passées comme prévu. Les Allemands se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat. La paix de Versailles ne fut pas seulement unilatérale, elle fut aussi contradictoire, dans le sens où les principes du wilsonisme se sont heurtés à des considérations géopolitiques plus traditionnelles. Le traité, nourri par les travaux d’experts, était complexe et difficile à maîtriser. Il ouvrait en outre la voie à une révision future.