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L'impossible gestion de la diversité en Irak

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Politique étrangère, vol. 87, n° 1, 2022
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Couverture Politique étrangère 1-2022
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Éclaté entre logiques chiites, sunnites et kurdes, le système irakien ne peut trouver en soi la force de se réformer. Il fonctionne ainsi sous influences extérieures, des puissances globales (États-Unis) ou régionales (Iran, Turquie…). Les pays arabes, et particulièrement l'Arabie Saoudite, semblent vouloir renouer avec le pays ; et l'Union européenne développer une stratégie repensée. Ces parrainages pourraient favoriser un équilibre interne permettant à l'Irak d'éloigner le spectre de la guerre civile.

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Le 10 octobre 2021, les Irakiens ont voté pour élire leurs 329 députés et constituer une nouvelle Assemblée nationale, probablement en attente des grandes turbulences. La première de ces grandes turbulences fut l’attaque de la résidence du Premier ministre Mustafa al-Kadhimi, le dimanche 7 novembre 2021, 28 jours seulement après les élections. Un drone piégé a explosé dans sa résidence, blessant plusieurs personnes de son entourage, au cœur de la « zone verte » de Bagdad, le quartier ultra-sécurisé et protégé de la capitale irakienne. L’attaque a néanmoins été relativement maîtrisée, deux autres drones visant la résidence ayant été abattus.


Peu après cette attaque, dans une vidéo mise en ligne sur son compte Twitter, Mustafa al-Kadhimi dénonçait l’emploi par ses adversaires de moyens militaires pour peser sur les rapports de force politiques : « les lâches attaques de roquettes et de drones ne construisent ni des patries ni un avenir ».


Cette tentative d’assassinat post-électorale pourrait être considérée comme une étape de plus de la descente aux enfers d’un État en situation de faillite, exposé à tous les risques susceptibles de faire voler en éclats une stabilité et une sécurité extrêmement fragiles. C’est dans ce contexte que le président des États-Unis Joe Biden a exprimé son soulagement que « le Premier ministre n’ait pas été blessé et salu(é) le leadership dont il a fait preuve en appelant au calme, à la retenue et au dialogue pour protéger les institutions de l’État et renforcer la démocratie que les Irakiens méritent tant ». Joe Biden n’est pas le seul à s’être inquiété de cette escalade. La France a aussi catégoriquement dénoncé « toute forme de déstabilisation du pays, de violence et d’intimidation » et l’Iran lui-même a appelé les Irakiens à la « vigilance pour déjouer les complots visant la sécurité » du pays.


Les réactions de la communauté internationale et des pays de la région montrent que la sécurité et la stabilité de l’Irak constituent un enjeu de haute importance. La régulation des rapports de force par des moyens militaires n’est acceptable pour aucun des acteurs majeurs du système international ou régional. La menace de Mustafa al-Kadhimi – « nous les connaissons et nous dévoilerons leur identité » – a donc peu de chances d’avoir des suites : l’apaisement impose ses exigences, au nombre desquelles le maintien du secret sur les organisateurs et les exécuteurs de la tentative d’assassinat. [...]


PLAN

  • Un pays en miettes
     - Chiites : l’approfondissement de la division
     - Kurdes : une indépendance en attente
     - Sunnites : vers une nouvelle structuration
  • Les ingérences étrangères
     - Une gestion américano-iranienne de l’Irak
     - Turquie : nostalgie ottomane et sécurité
     - Pays arabes : une révision de la politique de rupture
     - Union européenne : la recherche d’une place


Adel Bakawan est directeur du Centre français de recherche sur l'Irak (CFRI). Chercheur associé à l'Ifri, il est chargé de cours à l'université d'Evry et directeur de recherche à l'université de Soran (Irak).

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L'impossible gestion de la diversité en Irak

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Adel BAKAWAN

Intitulé du poste

Chercheur associé, Programme Turquie/Moyen-Orient de l'Ifri

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Essequibo : une vieille plaie entre Venezuela et Guyana

Date de publication
20 mars 2021
Accroche

Héritage de la décolonisation et d’une longue bataille juridique, la querelle de l’Essequibo – territoire guyanais revendiqué par Caracas – est désormais portée devant la Cour internationale de justice. Mais cette Cour ne s’est prononcée que sur sa propre compétence, que lui déniait le Venezuela. Ce sont toutes les procédures de règlement, amiables ou judiciaires, des dissensions internationales prévues par la Charte de l’ONU qui sont convoquées autour de ce cas d’espèce.

Alejandro FLEMING
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Philanthropes sans frontières : la générosité privée au secours du monde ?

Date de publication
20 mars 2021
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Acteurs traditionnellement discrets, les mécènes et fondations privées influencent le système international depuis plus d’un siècle. Leur visibilité s’est accrue et leur rôle géopolitique s’affirme, tandis que se mêlent dans leurs élans de générosité une sincérité non feinte et des intérêts adroitement calculés. Les crises et catastrophes récentes suscitent des dons sans précédent qui ne viennent pas uniquement des grandes fondations et donateurs occidentaux. Le paysage de la philanthropie est en pleine effervescence.

Charles SELLEN
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Les États-Unis de Trump et la guerre du Haut-Karabagh

Date de publication
20 mars 2021
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L’administration Trump, accaparée par les élections présidentielles, est restée pour l’essentiel en retrait, en dépit d’efforts ponctuels. Ce retrait relatif, sur fond d’activisme en faveur d’un camp ou de l’autre, de nombreux acteurs institutionnels et non-institutionnels à Washington, a laissé le champ libre à la Turquie et à la Russie. Au final, Moscou a obtenu seule un cessez-le-feu, qui matérialise son influence mais aussi d’importantes avancées territoriales azéries et diplomatiques turques.

Julien ZARIFIAN
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Que peuvent faire les Nations unies au XXIe siècle ?

Date de publication
20 mars 2021
Accroche

Après le printemps des années 1990, l’ONU connaît un temps de reflux : retrait des Occidentaux des Opérations de maintien de la paix, minage de l’Organisation par les États-Unis, retour aux vétos au Conseil de sécurité… Sa réforme paraît aujourd’hui à la fois nécessaire pour l’adapter aux mutations du monde, et improbable, au moins pour la composition du Conseil de sécurité. Elle demeure le seul espace de dialogue universel pour des questions comme l’environnement ou les droits de l’homme.

Sylvie BERMANN

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Adel BAKAWAN, « L'impossible gestion de la diversité en Irak », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2022.
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