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Pauvreté globale : le choc du COVID-19

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Politique étrangère, vol. 86, n° 1, printemps 2021
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Page couverture PE n° 1 2021
Accroche

Avant l’apparition du COVID-19, la communauté internationale pensait être en mesure d’éradiquer l’extrême pauvreté à l’horizon 2030. La crise sanitaire a dramatiquement rebattu les cartes. Selon les méthodes de calcul employées, la hausse du nombre de pauvres en 2020 est estimée entre 100 et 500 millions. La lutte contre la pauvreté a subi un coup d’arrêt qui ne sera pas rattrapable à court et moyen termes. L’objectif d’éradication en 2030 n’est plus atteignable.

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Archive de Politique étrangère
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Les Nations unies ont fêté, en 2020, leur 75e anniversaire. La crise du COVID-19 et les catastrophes associées ont empêché une célébration trop clinquante. Il faut dire que l’épidémie a déclenché une série de calamités impactant les objectifs clés de la communauté internationale. Alors que la pauvreté reculait depuis longtemps, la Banque mondiale a annoncé une nouvelle hausse, très significative. Cette institution, qui a pour mission de mettre fin à la pauvreté, produit, collecte et analyse les données afin d’évaluer les évolutions du développement. Elle a élaboré, depuis presque un demi-siècle, un seuil international de mesure de la pauvreté. Ce seuil s’établit aujourd’hui à 1,90 dollar par jour en parité de pouvoir d’achat.


Méthodologies et qualité des données peuvent être critiquées, mais les tendances sont claires. Les observations sont renforcées lorsque d’autres indicateurs, tel l’indice de développement humain (IDH), sont mobilisés. Celui-ci, pour la première fois depuis son établissement en 1990, devrait baisser en 2020.


Une approche plurielle mais avec un indicateur central


Pour donner corps à son ambition d’éradication de la pauvreté, la communauté internationale s’appuie sur une batterie d’indicateurs qui se raffinent et se complètent avec le temps. Concept multifacette, la pauvreté combine des dimensions relativement absolues (le dénuement intégral) et des dimensions absolument relatives (la situation des uns par rapport aux autres).


Un cadre général a été produit pour déterminer l’orientation des programmes de lutte contre la pauvreté, et évaluer leur efficacité. Ce cadre s’insère dans les grandes ambitions de la communauté internationale que constituent les Objectifs du développement durable (ODD). Ceux-ci suivent les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), établis pour la période 2000-2015. Les ODD sont eux-mêmes conçus pour la période 2015-2030. Le premier OMD ambitionnait de « réduire l’extrême pauvreté et la faim », avec une cible pour 2015 : la réduction de moitié de la proportion de la population dont le revenu était inférieur à un dollar par jour. Le premier ODD vise à éliminer complètement, à l’horizon 2030, l’extrême pauvreté dans le monde entier.
 

Les OMD ont accompagné une période d’optimisme et de forte réduction de la pauvreté. L’atteinte des ODD, en tout cas du premier d’entre eux, est remise en question par la crise du COVID-19. Mais avant toute observation sur les évolutions, il faut en revenir aux définitions. De quoi parle-t-on ? [...]


PLAN

  • Une approche plurielle mais avec un indicateur central
  • Deux décennies de progrès ininterrompus
  • La crise du COVID-19 : une rupture historique
  • Des prévisions préoccupantes
  • Une rupture sur tous les indicateurs de pauvreté et de développement


Julien Damon est enseignant à Sciences Po et à HEC, et conseiller scientifique de l’École nationale supérieure de sécurité sociale (En3s).

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Pauvreté globale : le choc du COVID-19

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Auteur(s)
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Le secteur financier face au choc du COVID-19

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Les mesures de confinement prises pour endiguer l’épidémie de COVID-19 ont provoqué une crise économique inédite. Celle-ci n’est pas comparable à la crise financière de 2008, dont la cause était endogène. Pour limiter l’impact de la récession, les gouvernants creusent les déficits publics et comptent sur l’intervention des banques centrales. La reprise économique et la sauvegarde de l’emploi dépendront de la capacité du secteur financier à se mettre au service de l’économie réelle.

Arnaud ODIER
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La souveraineté industrielle au révélateur du COVID-19

Date de publication
22 septembre 2020
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Au cours des vingt dernières années, la France s’est désindustrialisée, a délocalisé et étendu ses chaînes de valeur. Cette tendance s’est traduite, pendant la crise du COVID-19, par des pénuries de produits sanitaires et une dépendance à l’égard de la Chine. Pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, plusieurs stratégies peuvent être envisagées. L’Union européenne sera amenée à jouer un rôle important dans le renforcement de la résilience économique de ses États membres.

Elie COHEN
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Le COVID-19, accélérateur de la post-mondialisation

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

La mondialisation a généré des interdépendances, dont les effets néfastes ont pu être constatés à l’occasion de la pandémie de COVID-19. Plusieurs pays européens ont ainsi dû faire face à une pénurie de produits sanitaires essentiels. L’Europe est amenée à tirer les leçons de cette crise et à entrer de plain-pied dans l’ère de la post-globalisation. Elle devra réduire sa dépendance à l’égard de pays qui ne respectent pas les règles du libéralisme, en particulier la Chine.

Norbert GAILLARD
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Après le COVID-19 : une terre démondialisée ?

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Après une poussée sans précédent de mondialisation depuis 1945, le xxie siècle amorce un choc en retour que vient démultiplier la crise sanitaire, puis économique, produite par le COVID-19. Mais entre exigences de re-localisation, mirages d’auto-suffisance, et contraintes de l’internationalisation, l’avenir de la planète mondialisée n’est pas écrit : on peut souhaiter que l’avenir voie l’émergence d’une mondialisation réformée, voire maîtrisée.

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 1 2021
Julien DAMON, « Pauvreté globale : le choc du COVID-19 », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2021.
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Page couverture PE n° 1 2021

Pauvreté globale : le choc du COVID-19