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Une nouvelle architecture de sécurité pour l'Europe ?

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Politique étrangère, vol. 87, n° 2, été 2022
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Une architecture de sécurité est un ensemble normatif et institutionnel surplombant un système plus ou moins stable de sécurité. Quels que soient les résultats sur le terrain, la guerre d'Ukraine se soldera sans doute par une nouvelle fracture européenne, avec une ligne de division beaucoup plus à l'est que celle de la guerre froide. Une nouvelle architecture de sécurité n'est donc pas en vue, même si les puissances peuvent s'accorder sur des normes de stabilisation visant à réduire le danger.

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Au fil de la guerre d’Ukraine, de son escalade, et avec une perspective de sortie toujours incertaine, il peut sembler quelque peu prématuré de parler d’un nouveau système de sécurité, voire même d’une architecture de sécurité pour l’Europe. Il n’est pourtant pas trop tôt pour revenir sur les raisons qui expliquent l’échec de la précédente architecture – ou de ce qui se faisait passer pour tel – et pour en tirer les leçons, en espérant qu’au moins elles ne soient pas ignorées, le temps venu.


Les architectures successives de la sécurité européenne


Il faut tout d’abord bien avoir à l’esprit qu’une « architecture de sécurité » n’existe pas en soi. Comme superstructure d’institutions, de normes, de principes, de conventions, toute architecture a un soubassement, plus ou moins stable, de relations de puissance, lequel constitue un « système de sécurité » – ou, simplement, un ordre mondial. L’architecture en question dépend fondamentalement de ces fondations et doit leur correspondre.


Ces fondations, par contre, peuvent exister sans architecture élaborée. L’équilibre des puissances européen qui exista tout au long du XVIIIe siècle, avant que Napoléon ne l’abatte en installant une provisoire domination continentale de la France, n’avait d’abord nécessité aucune architecture paneuropéenne. Par la suite, le rapport des forces s’imposa : Napoléon fut battu et le congrès de Vienne mit sur pied non seulement un règlement de paix, mais l’architecture nécessaire pour le gérer.


Cette architecture prit la forme du Concert européen, soit un ensemble de conventions organisant les relations entre les grandes puissances du temps, et un pôle plus structuré en Sainte-Alliance, qui réunissait les principaux acteurs du continent autour des valeurs conservatrices des légitimités monarchiques. L’une des réalisations majeures de cette architecture viennoise fut la pleine inclusion, après 1818, de la France, puissance vaincue, à parité avec les vainqueurs. Cette architecture réussit à éviter la guerre de revanche, à assurer la paix entre puissances majeures pour quatre décennies et une paix paneuropéenne durant presque un siècle.


Cet équilibre des puissances devait être contesté par l’Allemagne, qui déclencha et perdit le premier conflit mondial. Un nouvel équilibre fut restauré mais l’architecture de sécurité construite à Versailles, avec un traité de paix et la création d’une Société des Nations censée gérer les relations internationales, était clairement discriminatoire à l’égard de la puissance vaincue. […]


PLAN

  • Les architectures successives de la sécurité européenne
  • Du conflit à la guerre
  • Un continent européen profondément affecté
  • Un rôle pour les Européens ?
  • Un nouvel équilibre continental


Dmitri Trenin est membre du Council on Foreign and Security Policy et du Russian International Affairs Council, à Moscou.

Traduction par Dominique David.

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Une nouvelle architecture de sécurité pour l'Europe ?

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Nigéria : les méfaits de la democrazy

Date de publication
21 juin 2019
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Lors du scrutin de février 2019, le président sortant, Muhamma du Buhari, a été réélu. Si une alternance peut avoir lieu à la tête de l’État, la démocratie nigériane ne s’en porte pas bien pour autant. Les milieux politiques sont gangrenés par la corruption. Les dirigeants successifs se révèlent incapables de créer de la cohésion nationale et d’assurer la sécurité dans certaines zones. Boko Haram est loin d’avoir été vaincu et agit comme un révélateur des faiblesses de l’État.

Marc-Antoine PEROUSE DE MONTCLOS
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Les défenses anti-missiles américaines en question

Date de publication
23 septembre 2019
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En janvier 2019, l’administration Trump a présenté la Missile Defense Review. Ce document s’inscrit dans un mouvement de renforcement des défenses anti-missiles américaines, amorcé par le Congrès en 2016. Cette évolution ne manque pas d’inquiéter la Russie et la Chine qui réagissent en musclant leurs propres arsenaux. Ainsi, Pékin devrait augmenter le nombre de ses têtes nucléaires et Moscou développer de nouvelles armes stratégiques. Dans ce contexte, le devenir de l’arms control est incertain.

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Comment brider le financement de la prolifération des armes de destruction massive ?

Date de publication
23 septembre 2019
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La lutte contre le financement des armes de destruction massive est difficile. En dépit des mesures adoptées par les États et les organisations internationales, les proliférants continuent à avoir accès aux marchés bancaire et financier. Même si le régime de lutte contre le financement de la prolifération peut être consolidé, il sera impossible de trouver une parade absolue. D’où l’importance de renforcer également d’autres aspects de l’architecture globale de non-prolifération.

Jean MASSON
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Allemagne-Namibie : enjeux d’une réconciliation post-coloniale

Date de publication
23 septembre 2019
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Depuis l’indépendance de la Namibie et la réunification de l’Allemagne, les relations germano-namibiennes sont marquées par les débats sur la reconnaissance du « génocide » perpétré par les troupes coloniales dans le Sud-Ouest africain entre 1904 et 1908. Malgré une aide allemande massive au développement, ces relations dépendent en grande partie de l’acceptation par Berlin de l’héritage colonial et de la résolution de la question des réparations soulevée par les descendants des Hereros et des Namas.

Stephan MARTENS

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Dmitri TRENIN, « Une nouvelle architecture de sécurité pour l'Europe ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2022.
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Une nouvelle architecture de sécurité pour l'Europe ?