De la rhétorique du gagnant-gagnant à la réalité : l’exemple de l’asymétrie des relations sino-camerounaises
À rebours de la rhétorique sur le partenariat gagnant-gagnant, cette étude vise à identifier les gagnants et les perdants des relations sino-camerounaises.
Le gouvernement camerounais, qui cherche à diversifier ses partenaires économiques, a entrepris de s’orienter vers les pays émergents, afin de répondre aux ambitions présidentielles de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035. En ce sens, la Chine s’impose comme le modèle à suivre pour atteindre cet objectif.
En mobilisant différents acteurs et en s’étendant à de nombreux secteurs, les relations entre la Chine et le Cameroun ont abouti à l’émergence de « meilleurs gagnants », de gagnants et de « meilleurs perdants » du jeu relationnel sino-camerounais et démontrent la nature asymétrique de celui-ci.
Bénéficiant des ressources et des stratégies déployées par l’État central chinois, les acteurs chinois sont les « meilleurs gagnants ». À l’inverse, des acteurs camerounais sont perdants en raison de l’absence d’une stratégie d’ensemble orchestrée et impulsée par leurs autorités.
Les relations sino-camerounaises ne pourraient être véritablement « gagnant-gagnant » qu’à deux conditions. D’une part, les acteurs camerounais et surtout l’État doivent établir des objectifs clairs et précis, et d’autre part, l’État doit prendre en compte la participation effective d’autres acteurs nationaux, qui sont très souvent négligés dans les processus de décision.
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