Le défi des mobilités urbaines en Afrique. Le cas du tramway d'Addis-Abeba
Notes de l'Ifri, février 2018
En septembre 2015, Addis-Abeba mettait en service le premier tramway d’Afrique subsaharienne. Symbole du renouveau éthiopien, projet pilote pour le continent, incarnation de la modernité, ce tramway fut néanmoins très peu fréquenté par les habitants de la capitale durant les premiers mois. En revanche, au moment de notre séjour de recherche, en avril 2017, l’accès au tramway durant les heures de pointe est difficile, les rames sont saturées.
Au-delà de la communication et de l’anecdote, la mise en place de ce tramway – posant la question des mobilités dans des villes qui se transforment très rapidement – est au cœur des problématiques des mutations sociales et économiques du continent, et particulièrement du développement urbain. Le tramway d'Addis-Abeba concentre, voire concilie peut-être, les grands enjeux de ces transformations urbaines rapides. D’une part, il est typique de la politique de la « ville-vitrine », symbole de la modernité proclamée et de l’attractivité. Le symbole est renforcé par son caractère inédit : premier tramway d’Afrique subsaharienne, il ambitionne de constituer un modèle pour l’ensemble du continent. D’autre part, il a vocation à relier des zones éloignées aux quartiers centraux de manière efficace, par sa rapidité, mais aussi par son accessibilité sociale. En effet, le coût abordable des titres de transport, largement subventionnés par la puissance publique, pourrait permettre de favoriser la mobilité des habitants en situations précaires. Le tramway d’Addis-Abeba allie-t-il modernité proclamée et réponse à des enjeux sociaux fondamentaux ?
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Le défi des mobilités urbaines en Afrique. Le cas du tramway d'Addis-Abeba
La diaspora congolaise en France : histoire, sédentarisation et transmigration
À rebours d’une vision homogène de la diaspora congolaise, cette étude montre que celle-ci s’est sédentarisée en France tout en maintenant des liens politiques, économiques et affectifs avec la République démocratique du Congo (RDC), faisant de cet entre-deux un espace de mobilisation, de transmigration et d’engagement aux effets aussi importants qu'ambigus.
Gouvernance des mobilités : le hub djiboutien entre stratégies d’influence et souveraineté
Dans la Corne de l'Afrique, la multiplication des crises — conflits au Soudan et en Éthiopie, dérèglements climatiques — a porté le nombre de déplacés à 26,3 millions de personnes. Au cœur de ces flux, Djibouti s'impose comme un point de passage incontournable entre la région et la péninsule Arabique. Si les flux migratoires y ont bondi de 72 % en 2024, Djibouti n'est pas seulement un territoire de transit : il est devenu un enjeu diplomatique et sécuritaire, où l'Union européenne et l'OIM projettent leurs politiques d'externalisation migratoire, révélant des rapports de force qui dépassent largement la gestion humanitaire des mobilités.
La cybercriminalité en Afrique centrale : typologie, expériences et gestion par les pouvoirs publics
La présente Note examine la montée en puissance de la cybercriminalité en Afrique centrale et la réponse des États concernés.
Les vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame
Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.