Malawi : Le chemin des élections de 2019 - Réflexions sur la corruption, la politique foncière et le multipartisme
Notes de l'Ifri, janvier 2019
Le Malawi organisera des élections le 21 mai 2019 au cours desquelles les électeurs éliront le président, les membres du Parlement et les conseillers locaux. L'année 2019 marquera également le 25ème anniversaire du multipartisme au Malawi depuis la fin du régime de parti unique alors présidé par Hastings Kamuzu Banda.
La transition vers une démocratie multipartite a été relativement fluide : d’une part le nombre de grands partis politiques est en croissance constante, d’autre part, l’alternance politique entre les quatre présidents s’est faite de manière pacifique depuis 1994. Dans ce contexte, les élections de 2019 s’annoncent particulièrement compétitives. Les sondages les plus récents font état d’un court avantage du président sortant, Peter Mutharika, et de son parti démocrate progressiste (DPP), sur le principal candidat de l'opposition, Lazarus Chakwera, du Malawi Congress Party (MCP). Le MCP était le seul parti politique autorisé sous le gouvernement de Hastings Kamuzu Banda. Le retour au premier plan de ce parti révèle les importants changements en cours dans l’espace politique du Malawi.
Cette note examine les principales tendances de ce paysage politique en mutation. Elle explore la perte de soutien du DPP liée au mécontentement suscité par la corruption généralisée et à une réforme agraire controversée adoptée en 2016. Elle considère également les forces de l’opposition, notamment celle de l'actuel vice-président, Saulos Chilima, suite à son départ des rangs du DPP pour former un nouveau parti : le United Transformation Movement (UTM). Compte tenu de la diversité des grands partis politiques en lice, qui comprend le Front démocratique unifié (UDF) d'Atupele Muluzi et le Parti populaire (PP) de Joyce Banda, la possibilité de remporter la victoire à l'élection présidentielle de 2019 pourrait dépendre de la capacité des partis politiques à former des alliances stratégiques. Cela pourrait conduire à un vrai débat politique et inviterait à ne plus considérer les partis politiques sous le seul prisme de la personnalité et de l'identité de leurs dirigeants.
Le texte complet est disponible en anglais : Malawi: The Road to the 2019 Tripartite Elections. Reflections on Corruption, Land and Multiparty Politics
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLes vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame
Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.
L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe
Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.
Propagande en ligne en temps de guerre au Soudan
Dans le conflit soudanais, la bataille de propagande entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapides (FSR) à travers les médias classiques et les réseaux sociaux entretient une grande confusion informationnelle. Et ce d’autant plus que l’absence de journalistes sur le terrain facilite la désinformation. Bien que l’armée et les FSR tentent de promouvoir leurs discours grâce à leurs réseaux de communicants et en pratiquant la désinformation et la censure, ils ne peuvent contrôler complètement l’information sur le conflit. Dans le cadre de cette guerre, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’expression où les politiciens, militaires, influenceurs et militants expriment leurs rivalités, leurs mensonges et leur propagande.
Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.