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Chine et Asie du Sud-Est : les jeux sont-ils faits ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
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Page couverture PE n° 2 2021
Accroche

La Chine pèse sur son environnement immédiat d’Asie du Sud-Est pour mettre en œuvre son concept de « communauté de destin partagé ». Présence accrue, dialogues multiples, projets communs concourent à réduire la marge de manœuvre des membres d’une ASEAN à l’efficacité réduite. La crise sanitaire a permis à Pékin de déployer ses ressources diplomatiques. Articulant la diplomatie et la pression militaire en mer de Chine, la Chine marginalise les autres acteurs – occidentaux – dans la région.

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La Chine accorde une importance cruciale à l’Asie du Sud-Est, qu’elle considère comme la vitrine privilégiée du nouvel ordre multipolaire qu’elle appelle de ses vœux. À ce titre, la région bénéficie d’une place prioritaire dans la diplomatie chinoise. Ce n’est toutefois pas la seule raison, ni peut-être la plus déterminante : le fait que les dynamiques, notamment sécuritaires, des pays d’Asie du Sud-Est s’inscrivent encore dans le champ d’influence américain fait de la région un enjeu à la fois symbolique et concret dans la compétition sino-américaine, comme pour les équilibres globaux.


L’exacerbation de cette compétition explique en partie pourquoi, depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, la Chine redouble d’efforts et d’initiatives pour attirer la région et ses élites dans son champ d’influence. Pékin ne se met jamais en travers de la « centralité » si chère à l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) et porte un regard bienveillant sur chacun des États membres, tout en prétendant ne pas s’ingérer dans leurs affaires intérieures. Force est de constater que huit ans après le lancement de cette offensive de charme, les interdépendances sont renforcées. La tendance lourde est à une réduction de la marge de manœuvre des pays de la région. La Chine aspire dorénavant l’Asie du Sud-Est ; comment faire en sorte qu’elle ne l’avale pas ?


La Chine tisse sa toile en Asie du Sud-Est


Pékin considère l’Asie du Sud-Est comme son premier terrain d’expérimentation pour ajuster le basculement systémique du monde vers l’Asie, avec la Chine au centre : sans la maîtrise de son environnement immédiat, Pékin estime qu’il ne parviendra pas à impacter l’ordre mondial. Ce n’est donc pas un hasard s’il promeut une politique de « bon voisinage », soulignant toujours les intérêts communs, adoptant une approche systématiquement positive et coopérative.


De multiples raisons expliquent, voire justifient l’activisme chinois dans la région. La géographie d’abord, souvent négligée mais prégnante, avec des frontières communes (terrestres, maritimes, fluviales), qui expliquent l’ancienneté, la régularité et la capillarité des flux de toutes sortes : la Chine s’écoule naturellement en Asie du Sud-Est. L’histoire ensuite, qui s’étend sur plus de deux millénaires et reste toujours structurante puisque les modes traditionnels d’interaction font aujourd’hui leur retour dans des relations que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de tributaires. [...]


PLAN

  • La Chine tisse sa toile en Asie du Sud-Est
  • Des marges de manœuvre réduites pour l’Asie du Sud-Est : la crise sanitaire
  • L’épreuve de force : une réalité difficilement acceptable


Sophie Boisseau du Rocher est chercheuse associée au Centre Asie de l’Ifri.

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Chine et Asie du Sud-Est : les jeux sont-ils faits ?

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Sophie BOISSEAU du ROCHER

Intitulé du poste

Ancienne Chercheuse associée, Centre Asie de l'Ifri

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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN
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Le djihadisme au Sahel après la chute de Daech

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

Alors que Daech et Al-Qaïda se sont violemment affrontés au Moyen-Orient, leurs « filiales » sahéliennes ont eu tendance à s’éviter. Depuis 2017, elles ont même entamé un rapprochement et coopèrent occasionnellement. La chute de Daech en zone syro-irakienne aura des répercussions au Sahel. S’il n’est pas dit que l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) fusionnent, il est en revanche assuré que le djihadisme perdurera dans la zone.

Djallil LOUNNAS
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Moscou et le G7 : un drame en trois actes, prologue, et épilogue

Date de publication
21 juin 2019
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L’admission au G7/G8 symbolisait pour Moscou son rapprochement de « l’Occident collectif ». Mais l’admission fut lente, et Moscou ne fit jamais complètement partie du club. La Russie a bientôt pris conscience que le G8 n’était pas le directoire souhaité pour traiter ses préoccupations stratégiques. L’avènement du G20, et la crise ukrainienne, ont, pour Moscou, définitivement déclassé l’intérêt d’un G7, qui semble n’assurer que la défense et illustration des intérêts d’un Occident déclinant.

Andrey KORTUNOV
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De l’utilité du G7 : témoignage d'un sherpa

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

Le G7 constitue un élément informel mais important de la gouvernance mondiale. Ses membres sont supposés unis par des valeurs communes, ce qui explique, par exemple, que la Russie ne participe plus à ses travaux. Le G7 met en œuvre une machinerie très complexe qui a vocation à traiter de tous les problèmes globaux. Le sommet de Charlevoix, et l’ensemble des réunions qui l’ont entouré, ont illustré la volonté du Canada de donner un nouveau souffle, et une nouvelle surface à ces mécanismes.

Peter M. BOEHM

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Sophie BOISSEAU du ROCHER, « Chine et Asie du Sud-Est : les jeux sont-ils faits ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
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Chine et Asie du Sud-Est : les jeux sont-ils faits ?