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Guerre d’Ukraine : un modèle coréen ?

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Politique étrangère, n° 3, vol. 87, automne 2022
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Couverture PE n° 3, vol. 87, automne 2022
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La guerre en Ukraine renouvelle les interrogations sur le triangle Washington/Pékin/Moscou, et sur la place de l'Europe dans le jeu des puissances. L'expérience de la guerre de Corée peut aider à mesurer les relations mouvantes entre les trois acteurs : importance relative des théâtres, risques d'escalade, guerre idéologique, jeu des alliances, dynamique de réarmement, débats internes aux États-Unis… Les leçons que tireront Washington et Pékin du conflit sont au coeur du débat, en particulier pour Taïwan.

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

La guerre en Ukraine renforce les pratiques du pouvoir russe d’instrumentalisation et de manipulation de l’histoire, notamment de la Grande Guerre patriotique, devenue une source majeure de légitimation. À l’Ouest, l’agression russe ravive des analogies historiques déjà surutilisées. Ceux qui appellent à des discussions avec Moscou et à un règlement rapide évoquent le risque d’une escalade tragique, comme en 1914 à cause de dirigeants « somnambules ». Tandis que ceux qui s’alarment d’un retour à un monde de puissances autoritaires expansionnistes insistent sur la nécessité de contrer l’agresseur aux intentions génocidaires, assimilé à Hitler, ce qui n’avait pas été fait dans les années 1930, de ne pas lui faire de concessions dans des négociations (de type « Munich ») et d’obtenir la chute de son régime. La guerre de Corée (1950-1953) peut aussi nourrir des analogies, à la fois dans son déroulement et dans ses conséquences. Ses enjeux étaient alors eurasiatiques : on craignait que l’URSS n’en profite pour attaquer en Europe. La guerre en Ukraine l’est également : elle a immédiatement fait craindre une offensive chinoise dans son voisinage, en particulier sur Taïwan.


Une guerre du « bloc » sino-russe, nécessairement « limitée »


Une guerre en lien avec l’alignement entre Moscou et Pékin
 

La guerre de Corée commence réellement avec l’attaque de la Corée du Sud par les armées de la Corée du Nord en juin 1950, juste après l’explosion de la première bombe atomique soviétique (août 1949). L’accession de l’URSS à l’arme nucléaire, plus rapide que prévue, fut un choc aux États-Unis. L’invasion de la Corée du Sud sembla une première étape de ce qu’on appelle aujourd’hui une « sanctuarisation agressive », à savoir une prise de territoire par guerre conventionnelle, mais à l’abri du nucléaire. Moscou agite aujourd’hui le spectre d’une guerre nucléaire pour tenter de limiter le soutien à l’Ukraine. Si la Russie obtient, grâce à sa guerre, des gains territoriaux reconnus (de facto ou de jure), elle risque de créer un précédent d’« impunité nucléaire ». Des militaires américains craignent que l’effort chinois actuel dans le domaine des armes nucléaires ait pour objectif de couvrir une guerre à Taïwan.


La guerre en Ukraine commence, comme celle de Corée, aux lendemains du resserrement des relations entre Moscou et Pékin. Soixante-douze ans après le traité d’alliance sino-soviétique de février 1950, que Mao était allé quémander à Moscou, Poutine se rend à Pékin pour les Jeux olympiques d’hiver. […]


PLAN

  • Une guerre du « bloc » sino-russe, nécessairement « limitée »
     - Une guerre en lien avec l’alignement entre Moscou et Pékin
     - Une guerre « limitée » 
  • Des conséquences similaires ?
     - Le durcissement idéologique
     - Augmentation des dépenses militaires et consolidation des alliances
     - Un nouveau « Grand Débat » américain
     - La stratégie de Moscou et Pékin : isolement des États-Unis et appuis internationaux
     

Pierre Grosser, historien spécialiste des relations internationales, est membre du Centre d'histoire de Sciences Po.

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Guerre d’Ukraine : un modèle coréen ?

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L’Iran renoncera-t-il à l’arme nucléaire ?

Accroche

En juillet 2015 a été conclu un accord sur le programme nucléaire iranien. Les restrictions imposées à Téhéran sont cependant en deçà des objectifs fixés par le Conseil de sécurité. Nombre d’analystes doutent de la sincérité des dirigeants iraniens et pensent que le temps joue en faveur de l’Iran. L’évolution des équilibres stratégiques au Moyen-Orient, de possibles changements à la tête du régime iranien et la détermination de la communauté internationale pèseront sur l’avenir de ce programme.

Simond de GALBERT
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Diplomatie des armes autonomes : les débats de Genève

Date de publication
22 septembre 2016
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Les systèmes d’armes létaux autonomes (SALA) n’existent pas encore mais pourraient bien transformer la manière dont les guerres seront menées demain. Depuis 2014, l’Organisation des Nations unies (ONU) a entamé une réflexion sur ces armes d’un genre nouveau, dont certains États voudraient interdire le développement. Si une telle interdiction paraît peu vraisemblable, on devrait néanmoins voir apparaître un code de « bonnes pratiques » encadrant leur utilisation.

Jean-Baptiste JEANGENE VILMER
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Lutte antiterroriste : comment s’adapte le Japon ?

Date de publication
22 septembre 2016
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Le Japon a subi plusieurs attentats sur son sol, notamment en 1995 avec l’attaque au sarin dans le métro de Tokyo. Plus récemment, deux ressortissants japonais ont été exécutés par l’État islamique en Syrie. Pour faire face à l’évolution de la menace, le dispositif antiterroriste japonais a été fortement renforcé. Le sommet du G7 d’Ise-Shima, en mai 2016, s’est déroulé sans incident. Le défi sécuritaire sera d’une autre ampleur en 2020 pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Jean-François HEIMBURGER
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Le Hamas et les djihadistes à Gaza : contrôle impossible, trêve improbable

Date de publication
22 septembre 2016
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Le Hamas est parvenu au pouvoir dans la bande de Gaza en 2007, à la suite d’un coup de force. Il a alors dû rétablir l’ordre et s’imposer face à d’autres groupes armés. Ses relations avec les cellules djihadistes – liées à Al-Qaïda ou à l’État islamique – ont oscillé jusqu’à aujourd’hui entre tolérance et répression. Parmi les facteurs qui influent sur la position du Hamas à l’égard des djihadistes, la politique du gouvernement en place au Caire joue un rôle déterminant.

Leïla SEURAT

Comment citer cette étude ?

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Pierre GROSSER, « Guerre d’Ukraine : un modèle coréen ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 23 septembre 2022.
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Guerre d’Ukraine : un modèle coréen ?