L’analyse du risque pays : plus qu’une discipline postmoderne
Les débats de méthode sont anciens et nombreux sur les étapes de la croissance et les voies de la modernisation politique des pays.
La mondialisation et la dialectique internationale nouvelle qu’elle induit, entre tension à la convergence et tension à la divergence, remet en cause nombre de méthodes d’évaluation. Au-delà de l’élaboration des critères les plus objectifs possibles, la formalisation des avenirs imaginables doit laisser toute leur place à l’approche subjective et à l’incertitude.
Jonathan Story est professeur émérite d’économie politique internationale à l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD) à Fontainebleau.
Traduit de l’anglais par Loïc Hoff.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 2, été 2014
Vous pouvez lire l’article en langue anglaise – Country Risk Analysis: More than a Postmodern Discipline
Plan de l’article
Le système mondial et la réflexion sur la modernisation
Un tableau permettant d’identifier les risques pays
Mondialisation : convergence ou divergence ?
La nouvelle dialectique internationale et le risque pays
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L’émancipation contrainte de la politique étrangère saoudienne
Le retrait progressif des États-Unis du Moyen-Orient a profité à l’Iran. Cette situation n’est pas acceptable pour l’Arabie Saoudite qui s’affirme comme une puissance régionale de plus en plus active. Pour freiner l’expansion iranienne, Riyad n’hésite pas à s’impliquer militairement, que ce soit en Syrie ou au Yémen. L’affrontement saoudo-iranien ne doit pas être vu comme un choc entre sunnites et chiites : la politique étrangère saoudienne ne suit pas des considérations religieuses.
L’Iran dans les crises du Moyen-Orient
La politique régionale de l’Iran vise à la fois la préservation du régime et le renforcement de la sécurité d’un pays isolé. Dans un environnement qu’elle perçoit comme dégradé, la République islamique renforce ses défenses, et met en œuvre une stratégie asymétrique jouant de divers alliés dans les crises régionales, sans référence systématique à une logique chiite. L’accord nucléaire de 2015 et la crise syrienne pourraient inciter l’Iran à briser son relatif isolement régional.
Moyen-Orient : en attendant la nouvelle administration américaine
Au-delà d’une histoire marquée par l’intervention des puissances, le Moyen-Orient est traversé aujourd’hui de conflits entrecroisant dimensions politiques, ethniques ou religieuses. Les États-Unis ne peuvent abdiquer leur leadership dans la région. La prochaine administration américaine devra donc se confronter au-delà de la question syrienne, à une multiplicité de problèmes, sans imaginer qu’ils pourraient se résoudre d’un coup, et redéfinir le réseau de ses partenariats dans la région.
Océan Indien : le rapprochement stratégique indo-australien
En 2009, l’Inde et l’Australie ont signé une déclaration conjointe de sécurité. Depuis lors, les relations stratégiques entre ces deux États se développent. New Delhi et Canberra ont intérêt à éviter qu’un ordre régional dominé par la Chine ne s’instaure et que les relations entre Pékin et Washington ne s’enveniment. La coopération indo-australienne est néanmoins contrainte par plusieurs facteurs, dont le plus important a trait à une appréciation différente de la réponse à apporter à la menace chinoise.