L’analyse du risque pays : plus qu’une discipline postmoderne
Les débats de méthode sont anciens et nombreux sur les étapes de la croissance et les voies de la modernisation politique des pays.
La mondialisation et la dialectique internationale nouvelle qu’elle induit, entre tension à la convergence et tension à la divergence, remet en cause nombre de méthodes d’évaluation. Au-delà de l’élaboration des critères les plus objectifs possibles, la formalisation des avenirs imaginables doit laisser toute leur place à l’approche subjective et à l’incertitude.
Jonathan Story est professeur émérite d’économie politique internationale à l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD) à Fontainebleau.
Traduit de l’anglais par Loïc Hoff.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 2, été 2014
Vous pouvez lire l’article en langue anglaise – Country Risk Analysis: More than a Postmodern Discipline
Plan de l’article
Le système mondial et la réflexion sur la modernisation
Un tableau permettant d’identifier les risques pays
Mondialisation : convergence ou divergence ?
La nouvelle dialectique internationale et le risque pays
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa stabilisation du Sahel, nouveau rocher de Sisyphe ?
Le Sahel est traversé par des crises multiples qui peuvent avoir un impact au-delà de cette zone. Toutefois, la situation n’est pas désespérée. Certains pays et régions résistent mieux que d’autres face à la dégradation de l’environnement sécuritaire. La communauté internationale a un rôle important à jouer pour aider les acteurs locaux à lutter contre des maux variés : pauvreté, corruption, désertification, terrorisme, etc. L’aide internationale doit être pérenne et mieux coordonnée.
Les petits pays insulaires du Pacifique face aux changements climatiques
Les petits États insulaires du Pacifique sont plus grands qu’il n’y paraît : l’espace maritime de la Mélanésie, de la Micronésie et de la Polynésie représente 40 millions de km2. Or, la biodiversité de l’océan est affectée par le réchauffement climatique et la montée des eaux menace les habitants de certaines îles. Les territoires du Pacifique, en dépit de leur hétérogénéité, ont réussi à s’unir pour tenter de faire entendre leur voix dans différentes instances diplomatiques.
L’Indo-Pacifique aux couleurs de la Chine
La montée en puissance économique de la Chine l’installe dans une géographie stratégique nouvelle, du Pacifique à l’Afrique et au Moyen-Orient, ce que traduit sa grande stratégie dite Belt and Road Initiative. Le concept d’Indo-Pacifique, officiellement rejeté par Pékin, tente d’intégrer l’extension de la puissance chinoise dans un cadre multilatéral, qui ferait à sa puissance toute sa place, tout en ménageant les intérêts et les capacités de décision de tous les acteurs de la région.
La stratégie indopacifique de l’administration Trump : une difficile émergence
L’administration Trump a initié une nouvelle stratégie pour l’Indo-Pacifique. Cette stratégie vise avant tout à endiguer l’expansion chinoise, en développant le partenariat avec l’Inde et les coopérations en Asie du Sud-Est. Mais cette posture renforce un jeu à somme nulle qui incite les partenaires de Washington à la prudence. La capacité des États-Unis à proposer une alternative à Pékin s’érode tandis que les États de cette région cherchent à affirmer leur autonomie stratégique.