Neutralité de l’internet : dépasser les scandales
Alors que le trafic sur internet explose et que de nouvelles infrastructures coûteuses doivent être déployées, la « neutralité du net » fait débat.
Ce principe suppose que toutes les données circulant sur internet doivent être traitées de manière équitable. Or, il est techniquement possible d’en sélectionner des paquets à traiter en priorité. Cette pratique est susceptible de poser des problèmes non seulement économiques mais aussi politiques et sociaux.
Francesca Musiani est chargée de recherche à l’Institut des sciences de la communication (Centre national de la recherche scientifique / Paris-Sorbonne Universités / Université Pierre-et-Marie-Curie). Membre de la commission sur le numérique à l’Assemblée nationale, elle a été postdoctorante au Centre de sociologie de l’innovation de Mines ParisTech et affiliée au Berkman Center for Internet & Society de l’université de Harvard.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 4, hiver 2014
Plan de l’article
Une question technique… qui devient économique et politique
Un brin d’histoire : vers un internet à plusieurs vitesses
Neutralité du net : une polysémie pas anodine
Un enjeu économique et « écologique »
Une question de partage de valeur
Un enjeu de gouvernance de l’internet
Yémen : imbroglio politico-juridique, désastre humanitaire, impasse militaire
La guerre civile yéménite a évolué en conflit régional. Les Houthis, alliés à l’ancien président Saleh et soutenus par l’Iran, font face aux forces du président Hadi, épaulées par une coalition menée par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis. La situation humanitaire est catastrophique. Des millions de personnes sont menacées par la famine et le choléra. Dans ce chaos prospèrent les groupes terroristes comme Al-Qaïda dans la péninsule arabique et, dans une moindre mesure, Daech.
Sauver l’ordre libéral de lui-même
L’élection de Donald Trump est le symptôme d’une crise générale de l’ordre libéral international. Ses coûts ont été gravement sous-estimés : délocalisations brisant le pacte social, flux migratoires mal assimilables par les sociétés, divisions entre élites et masses perdantes de la globalisation, crises électorales et politiques. Les sociétés doivent adapter l’ordre libéral à leurs caractéristiques profondes, et non l’accepter comme un donné global et obligatoire.
La vengeance, ressort mobilisateur de l’État islamique
Au cœur des motivations des terroristes de l’État islamique figure la vengeance, contre un Occident vu comme l’héritier du colonialisme, et plus généralement comme agresseur des musulmans. La dimension émotionnelle est donc forte, qui induit la définition d’une identité collective et la déshumanisation de l’adversaire. Si le revanchisme est au cœur du récit djihadiste, il faut démonter sur le long terme ce discours, qui ne disparaîtra pas avec l’emprise territoriale de Daech.
Les groupes chiites en Irak : enjeux nationaux et dimensions transnationales
Les milices chiites irakiennes se sont mobilisées rapidement après la déroute de l’armée irakienne face à Daech en 2014. Elles minimisent le rôle joué par les États-Unis dans les reculs actuels de l’organisation djihadiste. Elles entendent peser sur l’avenir de l’Irak, et investissent notamment le champ de l’éducation. Ces milices sont loin d’être unifiées. Si certaines ont des affiliations très claires avec l’Iran, d’autres entretiennent des relations plus distantes avec Téhéran.