La révolution Big Data
En modifiant nos modes d’approche, le Big Data change notre vision du monde, faisant passer de la démarche analogique au savoir numérique.
Il représente aussi une ressource économique inédite pour les entreprises, ainsi qu’une carte sans doute décisive pour les pays émergents. Il constituera demain un nouvel enjeu de rivalités entre États. Mais, pour révolutionnaire qu’il soit, il demeure une création humaine, limitée d’abord par nos capacités de compréhension.
Viktor Mayer-Schönberger est professeur de gouvernance et de régulation de l’internet à l’Oxford Internet Institute de l’université d’Oxford. Il a enseigné pendant dix ans à la Kennedy School of Government de l’université de Harvard. Il a récemment cosigné avec Kenneth Cukier l’ouvrage Big Data. La révolution des données est en marche (Paris, Robert Laffont, 2014).
Traduit de l’anglais par Valentine Deville-Fradin.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 4, hiver 2014
Plan de l’article
Une nouvelle création de sens
Une nouvelle ressource économique
Un instrument de politique économique et ses limites
La gouvernance des données, demain
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
L’Euro-Asie selon Pékin
Projet géographique à portée économique, et porteur de lourdes conséquences politiques, la stratégie chinoise des Nouvelles routes de la soie vise une connectivité généralisée dans l’espace eurasiatique. Cherchant à désenclaver une partie du territoire chinois, elle entend doubler la mondialisation maritime d’un développement des circulations terrestres. Russes et Européens sont, entre autres, concernés par les effets de cette stratégie, déjà concrétisée par de multiples décisions.
Faire face à la Russie
Moscou cherche à remettre en cause l’ordre international libéral dominé par les États-Unis. Le président Poutine multiplie les coups de force et tente de diviser les Occidentaux. Il promeut une « révolution conservatrice » et soutient les formations populistes en Europe. Pourtant, la Russie est plus faible qu’il n’y paraît. Son économie est chancelante et sa structure démographique problématique. Face aux coups de boutoir de Moscou, les capitales occidentales doivent faire preuve de fermeté.
Un renouvellement de la démocratie par le bas ? Les mouvements Indignés et Occupy
Depuis 2011, d’importantes mobilisations citoyennes dénoncent les politiques d’austérité et les dysfonctionnements de la démocratie représentative. Des mouvements comme les Indignés ou Occupy réclament la mise en place de nouvelles formes de pratiques démocratiques. Toutefois, pour pouvoir perdurer et se développer, ces mouvements sont obligés de s’insérer, au moins partiellement, dans le jeu politique traditionnel. L’émergence de Syriza en Grèce ou Podemos en Espagne en est l’illustration.
Orban et le souverainisme obsidional
Les régimes d’Europe centrale tentés par l’autoritarisme et le souverainisme s’appuient sur le retour à un passé mythique, qui s’articule paradoxalement à une reprise de certaines pratiques des temps communistes. D’autres dimensions caractérisent leur glissement hors de l’état de droit démocratique : rapport aux médias, à l’opposition… Ces régimes vont à l’impasse. Seules les sociétés civiles et l’Union européenne peuvent s’opposer à une dynamique dangereuse bien au-delà de ces pays.