Sorties de guerres
Comment sort-on des guerres ? Cent ans après 1918, le dossier de Politique étrangère reprend la question sous plusieurs éclairages, selon les conflits auxquels, volens nolens, les armées occidentales sont parties prenantes.
Quelle place pour les négociations multilatérales ? Avec quels objectifs politiques ? Quel est le sens de la victoire militaire au xxie siècle ? Et si nous ne pouvions pas penser la sortie de certains affrontements – par exemple en Afrique –, simplement parce que nous ne les comprenons pas ?
La rubrique Contrechamps ébauche quelques futurs possibles pour l’Iran, tant sur le plan interne que sur celui de ses relations avec les grands partenaires internationaux après la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire de 2015. Le régime survivra-t-il à la crise économique et aux contestations internes qui l’accompagneront ? Le pays basculera-t-il vers ces acteurs très actifs que sont Moscou et Pékin ? Avec quelles conséquences pour une région en ébullition ?
La crise Arabie Saoudite/Qatar un an après ; le virage politique de l’Italie ; l’avenir d’un marché pétrolier incertain ; la fragmentation croissante de la société israélienne ; Boko Haram au Nigeria : autant de thèmes également présents dans ce numéro.
Quant à l’Intelligence artificielle, au-delà des bouleversements qu’elle dicte à nos vies quotidiennes, elle annonce peut-être une vaste recomposition des grands équilibres internationaux, autour de nouvelles définitions de la puissance : il est plus que temps de s’en préoccuper…
DOSSIER. SORTIES DE GUERRES
La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu'il ne faut pas faire, par Georges-Henri Soutou
La victoire aujourd'hui, de l'évanescence au dépassement, par Corentin Brustlein
Conflits d'Afrique subsaharienne : l'éternel retour ?, par François Gaulme
CONTRECHAMPS
IRAN, PRÉSENTS ET AVENIRS
Iran 2028, une rêverie politique, par François Nicoullaud
Comprendre la résilience de la République islamique d'Iran, par Pierre Pahlavi (lire l'article)
ACTUALITÉS
La crise du Golfe de 2017, un an après, par Rachid Chaker
Des néo-nationalistes au pouvoir à Rome ?, par Christophe Bouillaud
REPÈRES
Géopolitique de l’Intelligence artificielle : le retour des empires ?, par Nicolas Miailhe (lire l'article)
Le marché pétrolier à un tournant, par Marie-Claire Aoun
La société israélienne : vers la fragmentation ?, par Samuel Ghiles-Meilhac
LIBRES PROPOS
Le nucléaire militaire français dans un nouveau contexte stratégique, par Olivier Kempf
Migrations : l’impasse européenne, par Yannick Prost
Djihad et vidéos de propagande : le cas Boko Haram, par Marc-Antoine Pérouse de Montclos
LECTURES
La Guerre froide de la France. 1941-1990, de Georges-Henri Soutou
Par Thomas Gomart
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Découvrir toutes nos analysesLance-roquettes multiples, une dépendance européenne historique et durable ?
Le conflit en Ukraine a souligné le rôle des lance-roquettes multiples (LRM) dans un conflit moderne, notamment en l’absence de supériorité aérienne empêchant les frappes dans la profondeur air-sol. De son côté, le parc de LRM européen se partage entre une minorité de plateformes occidentales à longue portée acquises à la fin de la guerre froide et une majorité de plateformes de conception soviétique ou post-soviétique axées sur la saturation à courte portée.
Vers une nouvelle maîtrise des armements ? Défis et opportunités de l’expiration de New START
Signé en 2010 entre Barack Obama et Dmitri Medvedev pendant une période de détente entre les deux grandes puissances, New START (New Strategic Arms Reduction Treaty) devrait – sauf revirement de dernière minute – expirer le 5 février 2026. Héritier des grands traités de réduction des armements stratégiques de la guerre froide entre l’URSS et les États-Unis, ce traité a permis de réduire les arsenaux nucléaires russes et américains de plus de 30 % par rapport au début du XXIe siècle, en instaurant des limites quantitatives sur le nombre de têtes nucléaires stratégiques déployées – c’est-à-dire immédiatement utilisables – et des mécanismes de transparence et de vérification mutuelles.
L’autonomisation dans le milieu sous-marin : une révolution sans limite ?
L’un des facteurs stratégiques déterminants de la guerre russo-ukrainienne en cours est le recours massif à des capacités dronisées, aériennes mais aussi maritimes et terrestres, qui révolutionnent la physionomie du champ de bataille. Pour autant, force est de constater qu’une partie significative de ces drones est encore télépilotée, téléopérée ou encore télésupervisée, attestant du fait que l’autonomisation des capacités militaires est encore en gestation.
Char de combat : obsolescence ou renaissance ?
Depuis février 2022, les forces russes et ukrainiennes ont perdu plus de 5 000 chars de combat, un volume très supérieur à l’ensemble du parc européen actuel. Fer de lance de la doctrine soviétique dont sont issus les deux belligérants, le char a été déployé en grand nombre et s’est avéré être une cible de choix pour des drones devenus de plus en plus nombreux et efficaces au fil des mois. Le grand nombre de vidéos de frappes de drone contre des chars a d’ailleurs poussé un certain nombre d’observateurs à conclure, une fois de plus, à l’obsolescence de ceux-ci sur un champ de bataille moderne. Cette approche doit être nuancée par une étude plus fine des pertes, les drones n’étant que rarement à l’origine de la perte elle-même causée par la conjugaison de plusieurs facteurs comme les mines, l’artillerie ou d’autres armes antichar.