Sorties de guerres
Politique étrangère, vol. 83, n° 3, automne 2018
Comment sort-on des guerres ? Cent ans après 1918, le dossier de Politique étrangère reprend la question sous plusieurs éclairages, selon les conflits auxquels, volens nolens, les armées occidentales sont parties prenantes.
Quelle place pour les négociations multilatérales ? Avec quels objectifs politiques ? Quel est le sens de la victoire militaire au xxie siècle ? Et si nous ne pouvions pas penser la sortie de certains affrontements – par exemple en Afrique –, simplement parce que nous ne les comprenons pas ?
La rubrique Contrechamps ébauche quelques futurs possibles pour l’Iran, tant sur le plan interne que sur celui de ses relations avec les grands partenaires internationaux après la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire de 2015. Le régime survivra-t-il à la crise économique et aux contestations internes qui l’accompagneront ? Le pays basculera-t-il vers ces acteurs très actifs que sont Moscou et Pékin ? Avec quelles conséquences pour une région en ébullition ?
La crise Arabie Saoudite/Qatar un an après ; le virage politique de l’Italie ; l’avenir d’un marché pétrolier incertain ; la fragmentation croissante de la société israélienne ; Boko Haram au Nigeria : autant de thèmes également présents dans ce numéro.
Quant à l’Intelligence artificielle, au-delà des bouleversements qu’elle dicte à nos vies quotidiennes, elle annonce peut-être une vaste recomposition des grands équilibres internationaux, autour de nouvelles définitions de la puissance : il est plus que temps de s’en préoccuper…
DOSSIER. SORTIES DE GUERRES
La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu'il ne faut pas faire, par Georges-Henri Soutou
La victoire aujourd'hui, de l'évanescence au dépassement, par Corentin Brustlein
Conflits d'Afrique subsaharienne : l'éternel retour ?, par François Gaulme
CONTRECHAMPS
IRAN, PRÉSENTS ET AVENIRS
Iran 2028, une rêverie politique, par François Nicoullaud
Comprendre la résilience de la République islamique d'Iran, par Pierre Pahlavi (lire l'article)
ACTUALITÉS
La crise du Golfe de 2017, un an après, par Rachid Chaker
Des néo-nationalistes au pouvoir à Rome ?, par Christophe Bouillaud
REPÈRES
Géopolitique de l’Intelligence artificielle : le retour des empires ?, par Nicolas Miailhe (lire l'article)
Le marché pétrolier à un tournant, par Marie-Claire Aoun
La société israélienne : vers la fragmentation ?, par Samuel Ghiles-Meilhac
LIBRES PROPOS
Le nucléaire militaire français dans un nouveau contexte stratégique, par Olivier Kempf
Migrations : l’impasse européenne, par Yannick Prost
Djihad et vidéos de propagande : le cas Boko Haram, par Marc-Antoine Pérouse de Montclos
LECTURES
La Guerre froide de la France. 1941-1990, de Georges-Henri Soutou
Par Thomas Gomart
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Comment les changements de l’opinion publique ont-ils influencé ou contraint les choix de politique étrangère dans votre pays ? Le cas français
En France, la politique étrangère fait partie de ce que l’on appelle le « domaine réservé » du président de la République. Depuis qu’il est entré en fonction, Emmanuel Macron n’a – à notre connaissance – jamais reconnu une quelconque influence de l’opinion publique sur sa politique étrangère.
Faire face à l'arsenal russe hypervéloce : défis et solutions pour l'Europe.
Depuis février 2022, les frappes de missiles et de drones à longue portée russes contre l'Ukraine rappellent presque quotidiennement ce que les États européens pourraient affronter dans une guerre contre la Russie. Les mêmes systèmes d'armes qui frappent les infrastructures et les centres de population ukrainiens seraient dirigés contre des cibles militaires et civiles européennes dans toute confrontation entre la Russie et l'OTAN. À mesure que la production russe de missiles s'accélère et que son arsenal se diversifie, l'Europe doit se confronter à une question inconfortable : comment dissuader, et le cas échéant combattre, l'arsenal de frappe russe à longue portée ?
Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité
Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile.
Convaincre pour vaincre. La France et la structuration d’une doctrine de guerre informationnelle
La guerre n’est pas seulement une affaire de force : elle se joue aussi — peut-être d’abord — dans les esprits. Ce constat ancien prend une acuité inédite à l’ère de la lutte informationnelle, avec trois confrontations récentes qui ont imposé ce domaine comme priorité stratégique : au Moyen-Orient, en Afrique et face à la Russie.