Politique étrangère
De la (nouvelle) guerre
Les dynamiques nouvelles d’affirmation de la puissance, de redistribution des influences et l’irruption des nouvelles technologies changent-elles à la fois la place de la guerre dans la vie ordinaire de nos sociétés et la manière de la faire quand elle advient ? L’obsession du conflit jointe à l’efficacité technique nous impose-t-elle un état de guerre larvée permanente ? Et quand les armes parlent, l’intervention des technologies modernes et des entreprises qui les produisent révolutionne-t-elle à la fois le processus de décision politique et l’engagement des hommes dans la guerre ? Questions essentielles que suggèrent les conflits d’Ukraine et du Moyen-Orient, et qui déterminent dès aujourd’hui les réflexions de stratégie et d’organisation des armées.
L’Intelligence artificielle change-t-elle la nature de la guerre ?
De Gaza à l’Ukraine en passant par l’Iran, les conflits actuels sont marqués par l’arrivée de l’Intelligence artificielle et des robots sur les champs de bataille. Les changements en cours sont si profonds que l’être humain risque de perdre rapidement la maîtrise de pans entiers de la conduite des opérations militaires. Si ces évolutions technologiques modifient le caractère de la guerre, un débat existe au sujet de leur impact sur la nature même du phénomène guerrier.
La Silicon Valley et la guerre : leçons ukrainiennes
Au fil des conflits internationaux, et en particulier en Ukraine, les grandes entreprises du numérique se sont imposées comme acteurs centraux. Initialement objets des manœuvres guerrières, elles sont devenues sujets déterminants, privatisant une large part des échanges guerriers, intervenant dans les flux informationnels des sociétés et se présentant comme pourvoyeurs de sécurité. Cette situation ne manque pas de poser question quant à l’autonomie de décision et d’action des autorités étatiques.
« Remodeler » le Moyen-Orient ?
Le chaos se développe, interminable, au Moyen-Orient. L’attaque israélo-américaine contre l’Iran se traduit par un net échec militaire et diplomatique, mais elle ouvre la voie à une recomposition régionale aux effets incertains. De nouveaux regroupements régionaux se dessinent, autour d’Israël ou d’une perspective de cohabitation avec Téhéran, avec une réduction de l’influence américaine et une marginalisation européenne, tandis que la Chine confirme une discrète présence.
Iran : anatomie d’un pouvoir en guerre
L’élimination du Guide suprême Ali Khamenei et de plusieurs hauts dirigeants dès le début de l’opération américano-israélienne de 2026 n’a pas permis de faire chuter le régime iranien. Celui-ci s’était préparé à un tel scénario, notamment en se décentralisant. En outre, il continue de s’adapter à la guerre. Le pouvoir des Gardiens de la révolution s’accroît, au détriment du clergé chiite. L’appareil sécuritaire défend la souveraineté du pays et justifie ses actions au nom de la raison d’État.
1936-2026 : 90 ans de la revue "Politique étrangère"
Née en 1936 et éditée par l'Ifri, Politique étrangère, la plus ancienne revue française de relations internationales, propose un numéro exceptionnel pour célébrer son 90e anniversaire. Réunissant de prestigieux contributeurs français et étrangers, ce numéro ambitionne de dresser le panorama d’un monde incertain et de ses avenirs possibles.
Réflexions sur l'assombrissement du monde
Le système de régulation des relations internationales né après la Seconde Guerre mondiale est moribond. Si la Russie et la Chine l’avaient sapé, les États-Unis de Donald Trump risquent de lui porter l’estocade. L’air du temps est aux rapports de force et la montée des nationalismes est lourde de dangers. La révolution de l’Intelligence artificielle doit être intégrée à cette équation, car elle influe fortement sur les capacités de puissance. À cet égard, l’Europe ne doit pas se laisser distancer.
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