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La guerre dans le siècle

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Couverture PE 3-4/2000
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Facteur privilégié de création et d’évolution des ensembles politiques, la guerre a spectaculairement joué, tout au long du XXe siècle, son rôle de remodelage de la société internationale. Elle a aussi changé d’échelle et de forme, passant de la guerre politique à la guerre totale puis de la guerre totale à la guerre froide, sans que cessent de proliférer sur tous les continents les traditionnels conflits ethniques, nationaux, religieux ou territoriaux. Face à cette prolifération accrue n’ont pu se mettre en place les mécanismes de sécurité collective imaginés dans le cadre de la l’ONU. Et la régulation internationale par la force, expérimentée avec la guerre du Golfe puis au Kosovo, ne semble guère en mesure encore d’éviter le bouillonnement guerrier qui ne cesse d’agiter le monde. Peut-être l’espoir d’encadrer enfin la guerre, à défaut de la tuer, deviendra-t-il réalité dans le siècle qui commence ?

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

La guerre, affrontement sanglant et organisé entre communautés humaines, est toujours un facteur privilégié de création et d'évolution des ensembles politiques. Il n'y a pas à cet égard de long ou de court XXe siècle, mais plusieurs XXes siècles, où la guerre s'est confirmée comme instrument de remodelage de la société internationale. Pour n'avoir pas inventé grand-chose en matière d'horreur guerrière, ce siècle a élargi le spectre des actes regroupés sous le nom de guerre et profondément modifié leur approche philosophique, stratégique ou opérationnelle.


Totalisation et industrialisation guerrières


Un changement d’échelle


Dans l'ensemble des phénomènes guerriers du siècle, le plus visible est l’emballement de la logique dite clausewitzienne, qui décrit aux temps modernes les guerres ordinaires, politiques, entre États. Dans les conflits majeurs s'impose spectaculairement la « totalisation » guerrière. Le siècle s'inscrit ici dans une longue dialectique : les épuisements de la guerre de Trente Ans conduisent aux conflits codés de la deuxième moitié du XVIIIe ; à la guerre des masses inaugurée par la Révolution succède un plus calme concert des nations, dépassé bientôt par les premières grandes guerres modernes qu'ouvre la guerre de Sécession. La rupture de l'équilibre des puissances européennes, entre la guerre franco-prussienne et la Grande Guerre, ouvre la course à la prééminence continentale. L'Allemagne post-bismarkienne y privilégie le facteur militaire, et le premier conflit mondial va symboliser une ère nouvelle.


Le bouleversement des modes d'organisation est ici déterminant. On peut désormais, avec la mobilité du feu, la motorisation et la transmission télégraphique des ordres, former, diriger, déplacer de larges armées. Napoléon commandait à Leipzig 180 000 hommes, soit à peu près un dixième des combattants de Verdun. L'évolution des armements donne à d'immenses armées une efficacité nouvelle. L'invention de la poudre sans fumée (qui permet d'accélérer la cadence de tir), puis du feu à répétition, démultiplie la puissance et la maniabilité du feu. Les guerres entre États européens deviennent des guerres nationales : idéologiquement, socialement, techniquement.


L'échelle des affrontements possibles s'en trouve modifiée. Pour être horrible (Eylau), la montée aux extrêmes de Napoléon restait limitée. Il s'agit désormais d'affrontements masse contre masse, lutte potentiellement mortelle d'une société contre une autre. […]

 

 

PLAN DE L’ARTICLE

 

  • Totalisation et industrialisation guerrières

     - Un changement d’échelle 

     - Penser la guerre totale

     - Une nouvelle carte de la puissance

 

  • Guerres et non-guerre : le pas nucléaire

     - Une guerre sur-totale ?

     - La géographie stratégique de l’ère nucléaire
 

  • La guerre toujours recommencée

     - Décolonisation : une déconstruction politique et militaire

     - Un damier étatique nouveau
 

  • Le nouveau siècle, déjà…

     - La revanche de la guerre

     - Plusieurs guerres ?

     - Du neuf si vieux ?
 


Dominique David est chargé de mission auprès du directeur de l’Institut français des relations internationales (Ifri).
 

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La guerre dans le siècle

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Dominique DAVID

Intitulé du poste

Président du Centre franco-autrichien pour le rapprochement en Europe (CFA), conseiller du président de l’Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et co-directeur du Ramses

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Arme Robot Authentique Moderne De Haute Technologie
Centre géopolitique des technologies
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Intelligence artificielle (IA), 5G, cybersécurité, robotique, semi-conducteurs, spatial… Les technologies, notamment numériques, affectent aujourd’hui profondément l’ensemble des activités humaines et, par extension, des relations internationales. Les enjeux politiques, stratégiques, économiques et sociaux qui en découlent se manifestent à des échelles politiques multiples où se mêlent États, organisations internationales et entreprises privées. Les dynamiques de concurrence et de coopération internationales s’en trouvent transformées. C’est pour répondre à ces enjeux que l’Ifri a lancé en 2020 le Centre géopolitique des technologies, proposant une approche résolument européenne des enjeux internationaux liés aux technologies dites critiques.

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Soldats français lors d’un exercice en forêt
Laboratoire de recherche sur la défense (LRD)
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Le Laboratoire de recherche sur la défense est un programme qui vise à stimuler le débat stratégique en traitant de sujets à la jointure du « technico-opérationnel » et du « politico-stratégique ». Structure unique en France, il associe des chercheurs civils à des « military fellows » issus de chacune des trois armées pour produire des travaux portant sur les politiques de défense, l’adaptation capacitaire et stratégique des armées, et de prospective sur les conflits de demain.

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Mobilité des chercheurs et restrictions américaines. Un levier pour la recherche technologique française

Date de publication
22 janvier 2026
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Une atteinte sans précédent à la liberté académique est observée aux États-Unis, sous l’impulsion de l’administration Trump, affectant simultanément les universités, les agences fédérales et les étudiants internationaux. La France et l'Europe sauront-elles en faire une chance pour attirer et retenir les talents de la tech sur leur territoire ?

Emma BADAOUI

Le robot est-il un adversaire comme un autre ?

Date de publication
20 novembre 2025
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Chapitre d'ouvrage rédigé par Laure de Roucy-Rochegonde, paru dans l'essai "Jamais sans mon ennemi?" de Gallimard (2025).

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L’IA dans sa bulle : qui paiera la note ?

Date de publication
16 décembre 2025
Accroche

Affirmer que l’intelligence artificielle générative (IA) est en proie à une bulle relève aujourd’hui du lieu commun. Les valorisations boursières stratosphériques des entreprises du secteur, dont la rentabilité demeure un horizon lointain et plus qu’incertain, peuvent suffire à s’en convaincre. Toutefois, le véritable enjeu est moins de nature économique que politique, à mesure que les choix opérés par une minorité s’imposent à nos sociétés, dans un contexte géopolitique encourageant de fait un développement technologique débridé. 

Comment citer cette étude ?

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La guerre dans le siècle, de L'Ifri par
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