Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Les impasses de la contre-insurrection

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Image de couverture de la publication
Couverture PE 4/2006
Accroche

Les nouvelles recommandations des généraux américains pour faire face à l’insurrection irakienne risquent de s’avérer vaines. Celles-ci traduisent en effet les réticences des responsables politiques américains à gouverner directement les territoires envahis. Pourtant, les recettes d’une contre-insurrection réussie sont connues. Elles sont applicables en Irak comme sur d’autres théâtres, mais le refus éthique et inévitable de les mettre en œuvre place les occupants dans une situation difficile.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Corps analyses

Les armées modernes restent structurées pour la grande guerre, mais les sociétés développées, dont les familles réduites ont peu de garçons à sacrifier, tolèrent mal les pertes – même les « belliqueux » Américains comptent gravement leurs morts en Irak : en trois ans, on en dénombre moins de 3 000, soit moins que le nombre de tués en un seul jour de bataille des guerres précédentes. Ce refus du sang qui alimente le conflit diminue heureusement la tentation des sociétés développées de se faire la guerre (« pas d’enfants, pas de guerre »), à moins qu’on ne pense qu’une guerre pourrait être entièrement ou très largement aérienne ou navale. Ceci est difficile à imaginer sauf si des îles étaient impliquées, comme dans le cas d’une guerre entre la Chine et Taiwan, elle-même improbable pour d’autres raisons.


Les forces aériennes et navales peuvent être employées contre un ennemi moins développé et assez imprudent pour se reposer sur une défense conventionnelle régulière, mais l’on peut sérieusement douter de l’utilité des forces terrestres de pays développés qui ne tolèrent plus les pertes. Après avoir imposé un blocus à l’ennemi, bombardé pour couper les réseaux électriques, de transport et de communication, après avoir exécuté suffisamment de sorties aériennes pour bloquer les autoroutes, détruire les avions, les missiles, les installations nucléaires s’il y en a, couler les navires et mis en déroute toute force mécanisée déployée – comme les États-Unis l’ont fait en Irak en 1991, en partie en 2003, et comme ils pourraient le faire en Iran –, il ne resterait guère de rôle pour les forces terrestres, sauf celui de déloger l’ennemi du territoire qu’il avait pu occuper ou occuper le sien, toutes manœuvres qui entraîneraient des pertes et pourraient déclencher une insurrection.


Face à une insurrection, les forces navales et aériennes ont peu d’utilité. Les soulèvements ont rarement une dimension maritime importante (le cas sri-lankais faisant exception). L’armée de l’air peut surveiller et transporter, mais les insurgés constituent rarement des cibles stables et contrastées pouvant être attaquées depuis les airs. L’essentiel du travail revient donc aux forces terrestres. […]

 


PLAN DE L’ARTICLE

  • La théorie de la contre-insurrection

 - Quel soutien populaire ?

 - Le rôle du renseignement

 - Contre-renseignement et échange de renseignements

 - Éthique et logistique

 - Langue et histoire

  • La contre-insurrection en pratique : l’Irak
  • Une manière facile et fiable de battre n’importe quelle insurrection

 

Edward N. Luttwak, ancien conseiller auprès du Conseil national de sécurité, du chef d’état-major de la Maison-Blanche, du Département de la défense et du Département d’État, est Senior Fellow au Center for Strategic and International Studies (Washington, DC). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Le Paradoxe de la stratégie (Paris, Odile Jacob, 1989 pour la traduction française).

 

Decoration

Contenu disponible en :

Régions et thématiques

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Les impasses de la contre-insurrection

Decoration
Auteur(s)
Image principale
Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
Accroche centre

Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

Image principale

Ultima Ratio Regum : quelle puissance de feu pour les armées françaises ?

Date de publication
15 septembre 2026
Accroche

Alors que la Russie et l'Ukraine s'affrontent dans une guerre d'usure où missiles et drones pleuvent dans la profondeur stratégique de l'adversaire, l'Iran use de sa puissance de feu, appuyée par sa main mise sur le détroit d'Ormuz, pour assurer la survie du régime. Dès lors, l'enjeu d'un modèle de feu performant pour les armées françaises apparaît comme crucial dans la construction d'une défense européenne et nationale crédible à l'aune d'un retour de la guerre de haute intensité.

Jean-Baptiste GUYOT Louis-Marie BAILLE Matthieu Chauvet Nicolas Schmitt
Image principale

Comment les changements de l’opinion publique ont-ils influencé ou contraint les choix de politique étrangère dans votre pays ? Le cas français

Date de publication
23 juillet 2026
Accroche

En France, la politique étrangère fait partie de ce que l’on appelle le « domaine réservé » du président de la République. Depuis qu’il est entré en fonction, Emmanuel Macron n’a – à notre connaissance – jamais reconnu une quelconque influence de l’opinion publique sur sa politique étrangère. 

Image principale

Faire face à l'arsenal russe hypervéloce : défis et solutions pour l'Europe

Date de publication
11 septembre 2026
Accroche

Depuis février 2022, les frappes de missiles et de drones à longue portée russes contre l'Ukraine rappellent presque quotidiennement ce que les États européens pourraient affronter dans une guerre contre la Russie. Les mêmes systèmes d'armes qui frappent les infrastructures et les centres de population ukrainiens seraient dirigés contre des cibles militaires et civiles européennes dans toute confrontation entre la Russie et l'OTAN. À mesure que la production russe de missiles s'accélère et que son arsenal se diversifie, l'Europe doit se confronter à une question inconfortable : comment dissuader, et le cas échéant combattre, l'arsenal de frappe russe à longue portée ?

Fabian HOFFMANN
Image principale

Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité

Date de publication
08 septembre 2026
Accroche

Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile. 

Sujets liés

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Couverture PE 4/2006
Edward N. LUTTWAK, « Les impasses de la contre-insurrection », Politique étrangère, Articles, Ifri, 19 novembre 2006.
Copier
Image de couverture de la publication
Couverture PE 4/2006

Les impasses de la contre-insurrection