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En attendant le retour de l'Etat...

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Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
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Page couverture PE n° 4 2021
Accroche

L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.

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Archive de Politique étrangère
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Dans le cas du Mali, mais aussi des autres pays de la région, l’idée de renforcer, reconstruire et redéployer les services de l’État comme gage de paix était déjà au cœur des efforts internationaux au Sahel au début de la crise de 2012, aux côtés des objectifs de développement et de lutte contre le terrorisme. Elle est cependant restée largement subordonnée à une stratégie sécuritaire qui a mis l’accent sur la lutte armée contre les mouvements insurgés et le contrôle des territoires ainsi repris. C’est plus récemment que l’accent a été mis sur « le retour de l’État » dans la stratégie d’appui à la stabilisation au Sahel, semblant indiquer une amorce de rééquilibrage du triptyque sécurité/développement/gouvernance. Avec une forte médiatisation lors du sommet de N’Djamena des 15 et 16 février 2021, la France a prôné un « sursaut civil » auprès de ses partenaires du G5 Sahel, devant les conduire à engager les réformes et actions nécessaires pour se renforcer et se redéployer sur l’ensemble des territoires, au profit des populations, avec le soutien de la communauté internationale.

« Appuyer le retour de l’État » : la formule charrie présupposés et conception particulière des enjeux posés et des réponses possibles. Un « retour » de l’État peut-il apporter la paix au Sahel et par quels mécanismes ? Un tel objectif peut-il être efficacement appuyé de l’extérieur ? Qu’implique cette idée de « retour » de l’État, qui semble postuler une présence antérieure ? Ce retour suffit-il à légitimer son action, à garantir son acceptation et sa capacité à réguler, à protéger ?

Le Sahel est un espace géographique défini, à l’origine, par la pluviométrie moyenne d’un espace situé entre le Sahara et le domaine tropical humide, qui s’étend de l’Atlantique à la mer Rouge. Cette appellation a été reprise pour désigner plus spécifiquement les États d’Afrique de l’Ouest dont une grande partie du territoire se situe en zone sahélienne. Le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad sont à la fois très différents et liés par leurs populations et leurs histoires, confrontés à des problématiques politiques et sécuritaires plus ou moins communes, à la fois révélées par et liées à l’implantation de groupes terroristes particulièrement visible depuis la fin des années 2000. […]


Alain Antil est chercheur et directeur du Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri.

Elodie Riche est chargée de recherche à l’Agence française de développement.

Anne Savey est consultante et chargée de recherche associée à l’Agence française de développement.

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En attendant le retour de l'Etat...

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Alain Antil

Alain ANTIL

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Directeur du Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

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Tunisie, 2011-2020 : la démocratie contre l’efficience de l’action publique ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Après le renversement du régime de Ben Ali en 2011, la Tunisie a mis en place un système politique visant à éviter une trop forte concentration du pouvoir. Toutefois, ce nouveau système n’est pas satisfaisant : il a abouti à une telle dispersion du pouvoir que l’action publique en devient inefficace et minée par le clientélisme. De profondes réformes doivent être conduites pour rendre les gouvernements plus efficaces et légitimes. Sinon, la tentation autoritaire pourrait faire son retour.

Michaël AYARI
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Faut-il négocier avec les djihadistes au Sahel ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Les armées déployées au Sahel ne parviennent plus à endiguer la menace terroriste. La répression parfois indiscriminée contribue même à nourrir les dynamiques des conflits. Face à ce constat, d’autres pistes pourraient être explorées pour essayer de stabiliser cette zone. La négociation avec les groupes djihadistes pourrait être une option. De nombreux obstacles se dressent cependant sur cette voie et les négociations tentées sur d’autres théâtres n’ont pas toujours produit les effets escomptés.

Marc-Antoine PEROUSE DE MONTCLOS
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Quel rôle pour la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Presque trente ans après sa création, la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits (CIHEF) peine à accomplir sa mission, en dépit de sa large reconnaissance par les États. Les raisons en sont multiples : erreurs sur l’orientation, sur le positionnement dans le paysage institutionnel, ou insuffisances du traité constitutif lui-même. On détaille ici ces obstacles, en suggérant quelques pistes pour revigorer une institution dont le rôle est plus que jamais crucial.

Mérick Freedy ALAGBE
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L’espace au XXIe siècle : à la recherche d’un nouvel équilibre

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Le milieu spatial est en pleine transformation stratégique, alors que nos sociétés sont de plus en plus dépendantes des technologies de communication. L’accès à l’espace s’est démocratisé et privatisé, même s’il reste largement dominé par les États-Unis. L’espace est aussi beaucoup plus encombré, ce qui accroît le risque d’accidents. Les comportements hostiles s’y déploient, ce qui incite les États les plus avancés à développer des postures de « dissuasion spatiale ».

Guilhem PENENT

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 4 2021
Alain ANTIL, Elodie RICHE, Anne SAVEY, « En attendant le retour de l'Etat... », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
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En attendant le retour de l'Etat...