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Influence et nuisance dans les relations internationales

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Politique étrangère, vol. 87, n° 2, été 2022
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Accroche

Pour imposer leur volonté sans utiliser la force, certains États déploient des stratégies d'influence. Selon la nature de leur régime, ils recourent plus ou moins à la séduction, l'attractivité, la contrainte, la nuisance ou encore la rémunération. Ces stratégies se déploient par différents canaux : médias, culture, éducation, entrisme et technologies numériques. Les pays européens prennent progressivement conscience de ces défis, mais ils se doivent d'agir plus vigoureusement.

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Sommes-nous (re)passés, avec la guerre en Ukraine, des guerres d’influence aux guerres tout court ? Après avoir développé de nombreux outils d’influence performants (comme les médias RT ou Spoutnik, après avoir réactivé de vieux réseaux en Europe centrale ou balkanique, repris pied en Afrique, être devenu incontournable au Proche-Orient, le président russe semble avoir jeté aux orties ce patient travail de reconstruction du poids politique international de Moscou. En envahissant l’Ukraine, en y livrant une guerre de conquête et de destruction, a-t-il sacrifié deux décennies d’efforts pour s’enfermer dans un isolement inédit orchestré par le monde occidental ? Compte-t-il, à l’inverse, combiner soft et hard power et tirer les bénéfices de ce long investissement, en tablant sur le soutien d’un Sud pressé de souscrire au discours de Moscou ?


Depuis plusieurs années, voire décennies, certaines puissances ont investi beaucoup de moyens pour développer leurs stratégies d’influence. États-Unis, Chine, Russie, mais aussi Turquie, Corée du Sud, pays du Golfe et bien d’autres ont acquis un savoir-faire reconnu en la matière. Pour quoi faire ? L’influence est-elle considérée par eux comme un substitut à la puissance, permettant de convaincre, de séduire, et ainsi d’orienter le débat ou les normes de la scène mondiale, plutôt que d’avoir à utiliser la force ? Ou est-elle un moyen de se ménager des alliés, au moins des neutralités passives, pour le jour où les armes parleront à nouveau ?


Il est temps de poser la question de l’influence dans les relations internationales. Pour en exposer les différentes pratiques, pour en rappeler les principaux champs de bataille et enfin pour souligner que l’Europe – y compris la France – reste largement démunie face aux « guerres d’influence » qui viennent. Une prise de conscience du phénomène est donc devenue urgente.


Pratiques variables de l’influence


Comment définir l’influence ? Plusieurs auteurs se sont penchés sur le sujet, explicitement ou via des concepts voisins (comme le soft power), longuement comme Joseph Nye ou le temps d’une définition courte mais efficace comme Johanna Siméant. […]


PLAN

  • Pratiques variables de l’influence
     - La séduction démocratique libérale
     - Déstabilisation autoritaire
     - Croyance rémunérée
  • Quatre grands terrains d’intervention
     - Médias et réseaux sociaux
     - Culture, enseignement supérieur et libertés académiques
     - Influence et entrisme – l’action par les normes
     - L’exportation, clés en mains, de technologies de contrôle et de surveillance
  • Épreuves à venir
     - La France et l’Europe sont-elles prêtes ?
     - Leçons ukrainiennes


Pierre Buhler, ancien ambassadeur et président de l'Institut français, est enseignant à Sciences Po et consultant au Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.

Frédéric Charillon est professeur des universités en science politique, enseignant et conseiller à l'ESSEC, ancien directeur de l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM).

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Influence et nuisance dans les relations internationales

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En attendant le retour de l'Etat...

Date de publication
21 décembre 2021
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L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.

Alain ANTIL Elodie RICHE Anne SAVEY
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Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir

Date de publication
21 décembre 2021
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La crise de la zone euro avait marqué un véritable échec de la politique de l’Union européenne (UE), traduit en performances économiques médiocres et en érosion de sa légitimité politique dans les populations des États membres. La crise de la pandémie du Covid-19 a au contraire, après un flottement initial, montré toute sa réactivité, avec en particulier l’acceptation d’une dette commune. Ce nouveau départ de l’UE doit cependant être confirmé, à la fois politiquement et institutionnellement.

Vivien SCHMIDT
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L’Union européenne, entre fragmentation et consolidation

Date de publication
21 décembre 2021
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L’Union européenne (UE) a géré avec succès les effets de la pandémie de Covid-19 et le Brexit a renforcé la cohésion de l’UE autour de l’axe franco-allemand. La confrontation sino-américaine favorise l’unité européenne au sein de l’alliance occidentale. Les controverses sur l’« illibéralisme » peuvent être vues comme une européanisation de la politique intérieure. Pour autant, il n’est pas évident que ces constats entraînent une modification substantielle de l’équilibre entre l’Union et ses États membres.

Maxime LEFEBVRE
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Après le Brexit et le Covid : quel avenir pour l’Europe ?

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

Les chocs du Brexit et de la pandémie de Covid-19 ont montré la résilience de la dynamique intégratrice de l’Union européenne – avec, en particulier, le plan Next Generation EU. Mais l’adoption de ce dernier a été difficile, et la pandémie a été aussi l’occasion de retours sur des initiatives purement nationales sur l’état de droit, la fermeture des frontières ou la vaccination. La Conférence sur l’avenir de l’Europe permettra-t-elle d’adopter les mutations constitutionnelles qui semblent s’imposer ?

Federico FABBRINI

Comment citer cette étude ?

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Pierre BUHLER, Frédéric CHARILLON, « Influence et nuisance dans les relations internationales », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2022.
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Influence et nuisance dans les relations internationales