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L'Algérie à la recherche d'une diplomatie égarée

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Politique étrangère, vol. 87, n° 2, été 2022
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Hier phare du tiers-monde, la diplomatie algérienne connaît une éclipse depuis la fin des années 1980. En dépit des efforts des débuts de la présidence Bouteflika, Alger s'est marginalisée face aux désordres de la région : Sahara occidental, printemps arabes, instabilité tunisienne, anarchie libyenne, déstabilisation du Sahel. L'Algérie amorce un réengagement régional mais, au-delà, le rapprochement vis-à-vis des États-Unis et de l'Union européenne reste ambigu, et la carte chinoise ambivalente.

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Dans le bilan sans concession que dressent les Algériens de l’évolution de leur pays sur les vingt dernières années – et plus précisément depuis l’accession de Bouteflika à la présidence –, l’éclipse de la diplomatie algérienne est un sujet passionnel et récurrent. De fait, ce thème pèse parmi les arguments cités pour convaincre l’observateur extérieur de la gravité, de l’importance, de la crise politique mais aussi de la régression d’une nation qui offrait tellement de promesses, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, au lendemain de son indépendance, le 5 juillet 1962.


Ajoutées aux affres de la décennie noire (1992-1998) et de son cortège de violences infligées à l’ensemble de la société, des phrases comme « nous avons perdu toute influence dans le monde », « nous ne pesons plus grand-chose », ou encore « qui fait attention à ce que dit l’Algérie ? » témoignent d’une blessure d’orgueil et d’une lucidité teintée de réalisme impuissant autour de la disparition de ce qui est considéré outre-Méditerranée comme l’âge d’or de la diplomatie algérienne : les années 1960-1970.


L’élan brisé et les premiers signes de déclin


La disparition du ministre algérien des Affaires étrangères Mohamed Seddik Benyahia le 3 mai 1982, alors qu’il tentait une mission de conciliation entre l’Irak et l’Iran, a symbolisé une perte d’influence diplomatique. Il avait été l’un des artisans d’un succès majeur de la diplomatie algérienne : la libération des ressortissants américains pris en otages dans leur ambassade à Téhéran, avec les Accords d’Alger de janvier 1981. Sa disparition brutale, encore aujourd’hui inexpliquée, amorce le retrait progressif de l’Algérie des questions touchant aux conflits du Proche-Orient. Un retrait qui ne touche cependant pas les services secrets algériens dans la région, notamment au Liban où leur présence sera fort utile à la France durant la crise des otages du milieu des années 1980.


Le repli diplomatique va encore s’accentuer au cours de la période 1988-2000. Isolé, confronté à de graves problèmes de sécurité mais aussi financiers (le pays frôle la cessation de paiements en 1994), le régime algérien n’a plus le temps, ni les moyens, de s’intéresser aux affaires du monde, comme en témoigne par exemple sa totale absence durant le conflit de l’ex-Yougoslavie. […]


PLAN

  • L’élan brisé et les premiers signes de déclin
  • Bouteflika : une tentative de restauration du prestige algérien
  • Les printemps arabes : une douloureuse surprise
  • Les relations avec les États-Unis : de la confrontation à l’ennemi commun
  • Algérie-Union européenne : une méfiance jamais démentie Sahara : statu quo…
  • Médiations et multilatéralisme constitutionnel
  • La symbolique de la grande stratégie chinoise


Kader A. Abderrahim est maître de conférences à Sciences Po. Il a notamment publié Géopolitique de l'Algérie, Paris, BiblioMonde, 2020.

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L'Algérie à la recherche d'une diplomatie égarée

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L'Europe centrale et orientale face au concept de zone d'influence

Date de publication
21 juin 2022
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Le concept de zone d'influence est aussi ancien que la politique internationale. Il a connu un essor particulier avec la rivalité des empires au centre de l'Europe et les écoles géopolitiques du XXe siècle. La fin de la guerre froide a fait disparaître du continent ce concept que Poutine tente de restaurer à travers ses fantasmes de retour à l'empire russe et à l'hégémonie régionale. La réponse de l'Occident est garante de la sécurité globale en Europe face à un dangereux retour en arrière.

Romain KUZNIAR
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Une nouvelle architecture de sécurité pour l'Europe ?

Date de publication
21 juin 2022
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Une architecture de sécurité est un ensemble normatif et institutionnel surplombant un système plus ou moins stable de sécurité. Quels que soient les résultats sur le terrain, la guerre d'Ukraine se soldera sans doute par une nouvelle fracture européenne, avec une ligne de division beaucoup plus à l'est que celle de la guerre froide. Une nouvelle architecture de sécurité n'est donc pas en vue, même si les puissances peuvent s'accorder sur des normes de stabilisation visant à réduire le danger.

Dmitri TRENIN
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Ukraine : comprendre la résistance

Date de publication
21 juin 2022
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L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 n'a pas abouti au résultat escompté par Vladimir Poutine. Les troupes russes ont en effet été confrontées à une forte résistance de l'armée ukrainienne et, plus largement, de la population. L'ampleur et l'efficacité de cette résistance peuvent être expliquées par le développement du sentiment national ukrainien depuis 2014 et par la mise en place, à partir de la même année, d'un réseau de volontaires lié au conflit dans le Donbass.

Hervé AMIOT
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Le renouveau des mouvements pour la restitution du patrimoine africain

Date de publication
23 septembre 2022
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Les demandes de restitution de biens culturels acquis pendant la période coloniale ont démarré dans la foulée des indépendances des pays africains. Elles ont eu peu d'effets jusqu'au début des années 2010. Depuis une décennie, les restitutions prennent de l'ampleur. Différentes organisations de la société civile, basées en Europe ou en Afrique, utilisent des techniques modernes de communication pour attirer l'attention des médias et mettre la pression sur les gouvernements européens.

Ysé AUQUE-PALLEZ

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Kader A. ABDERRAHIM, « L'Algérie à la recherche d'une diplomatie égarée », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2022.
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