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Moscou et le G7 : un drame en trois actes, prologue, et épilogue

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Politique étrangère, vol. 84, n° 2, été 2019
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Page couverture PE n° 2 2019
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L’admission au G7/G8 symbolisait pour Moscou son rapprochement de « l’Occident collectif ». Mais l’admission fut lente, et Moscou ne fit jamais complètement partie du club. La Russie a bientôt pris conscience que le G8 n’était pas le directoire souhaité pour traiter ses préoccupations stratégiques. L’avènement du G20, et la crise ukrainienne, ont, pour Moscou, définitivement déclassé l’intérêt d’un G7, qui semble n’assurer que la défense et illustration des intérêts d’un Occident déclinant.

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« Dara, dara, bastonara. Non tener honta : Questa star l’ultima affronta. »
Molière, Le Bourgeois gentilhomme


L’histoire des rapports entre la Russie et le G7/G8 offre une belle illustration de la complexité, de l’ambiguïté, de la tension émotionnelle qui caractérisent les relations russo-occidentales. Après le démantèlement de l’Union soviétique, la Russie a adhéré à diverses structures internationales, du Conseil de l’Europe à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et Moscou a contribué à la création de nouvelles institutions, de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) au Conseil Russie-Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Mais nulle organisation ne reflétait comme le G7/G8 l’esprit de l’« Occident collectif » du XXIe siècle.


L’admission de la Russie au G7 en 1997 symbolisa l’entrée de Moscou dans cet « Occident collectif », comme, 17 ans plus tard, l’annulation par les Sept du sommet du G8 prévu à Sotchi en 2014 symbolisa son exclusion.


Prologue (1989-1991)


En Union soviétique puis en Russie, le G7 suscita dès sa création, au milieu des années 1970, une large palette de clichés, préjugés et fantasmes. À l’une de ses extrémités on trouvait les « conspirationnistes » qui voyaient dans le G7 le principal organe dirigeant du monde occidental, une sorte de QG informel où s’élaboraient les stratégies de long terme, où étaient adoptées des décisions concrètes sur les dossiers internationaux les plus importants. À l’autre extrémité se tenaient les « nihilistes » : à leurs yeux, le G7 n’était qu’une sorte de club de gentlemen discutant des affaires du monde, sans décision ni engagement.


Avant même la dislocation de l’URSS et la naissance de la Russie indépendante, Moscou avait pourtant souhaité s’associer au G7. Dans ses mémoires, Vie et réformes, Mikhaïl Gorbatchev fait remonter le début du dialogue entre Moscou et le G7 au début de 1989 : les Soviétiques formulent alors une proposition visant à améliorer leur coopération avec l’Occident via une intégration au G7.


Moscou cherche ensuite à peser sur l’ordre du jour du G7 de Paris de juillet 1989, Mikhaïl Gorbatchev envoyant une requête en ce sens à François Mitterrand. Mais l’attention des membres du G7 est alors retenue par les événements de la place Tien An Men. Le sommet suivant (Houston, juillet 1990) fut presque exclusivement consacré aux changements politiques et économiques en cours dans les pays d’Europe de l’Est. […]


PLAN

  • Prologue (1989-1991)
  • Acte I : du statut d’observateur à celui de membre permanent (1991-1997)
  • Acte II : de l’adhésion à la présidence (1997-2006)
  • Acte III : du G8 au G20 (2006-2014)
  • Épilogue (2014-2019)


Andrey Kortunov est docteur en histoire, directeur général du Russian International Affairs Council (RIAC).

Traduit du russe par Boris Samkov.

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Moscou et le G7 : un drame en trois actes, prologue, et épilogue

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Iran 2028, une rêverie politique

Date de publication
23 septembre 2018
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Le renforcement des sanctions américaines pourrait conduire à une aggravation des troubles intérieurs, en dépit d’une certaine libéralisation de la vie quotidienne. L’Iran adopterait dans un premier temps une posture internationale relativement discrète, maintenant le JCPOA, et tirant les conséquences d’un investissement extérieur aux bénéfices limités. L’inattendu pourrait bien venir, après la tentation conservatrice, d’une ouverture du régime iranien, à la fois en interne et en externe.

François NICOULLAUD
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Conflits d’Afrique subsaharienne : l’éternel retour ?

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23 septembre 2018
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Au Sahel, au Soudan du Sud, dans l’Afrique des Grands Lacs, les conflits récurrents témoignent surtout de l’échec des gouvernances héritées de la colonisation. Les pouvoirs politiques n’ont jamais reflété la diversité des communautés de leurs sociétés. La démocratisation des années 1990 ne pouvait dans ces conditions qu’être un trompe-l’œil. Les oligarchies tournent à la prédation de plus en plus violente, et tous les éléments semblent réunis pour que les conflits perdurent.

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La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement

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23 septembre 2018
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La victoire est une notion plus compliquée à définir qu’il n’y paraît. Elle suppose l’atteinte d’objectifs militaires et politiques, mais aussi la perception et l’acceptation d’une nouvelle réalité par l’adversaire. Les guerres asymétriques du début du XXIe siècle – de l’Afghanistan à l’Irak en passant par le Sahel – montrent que la supériorité militaire ne garantit pas la victoire. Il ne faut pas en conclure que l’emploi de la force armée serait nécessairement vain.

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La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire

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23 septembre 2018
Accroche

Les négociations du traité de Versailles ne se sont pas passées comme prévu. Les Allemands se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat. La paix de Versailles ne fut pas seulement unilatérale, elle fut aussi contradictoire, dans le sens où les principes du wilsonisme se sont heurtés à des considérations géopolitiques plus traditionnelles. Le traité, nourri par les travaux d’experts, était complexe et difficile à maîtriser. Il ouvrait en outre la voie à une révision future.

Georges-Henri SOUTOU
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Andrey KORTUNOV, « Moscou et le G7 : un drame en trois actes, prologue, et épilogue », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2019.
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Moscou et le G7 : un drame en trois actes, prologue, et épilogue