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Par la grâce d'Allah - Les talibans face au pouvoir

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Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
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Page couverture PE n° 4 2021
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Le départ américain négocié avec les talibans, sans le gouvernement de Kaboul, ouvrait la voie à l’Émirat islamique d’Afghanistan, restauré plus vite que prévu. Il faut maintenant gouverner et faire face à de multiples défis : crise économique nourrissant une crise humanitaire, menace de Daech, non-reconnaissance du régime par une communauté internationale divisée, attendant que les promesses d’ouverture se manifestent, sans succès plusieurs mois après le retour d’un régime dominé par les mollahs.

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« Par la grâce spéciale d’Allah (qu’Il soit glorifié et exalté) nous célébrons l’Aïd alors que notre pays est sur le point d’atteindre l’indépendance et la pleine liberté. » Le message du 9 mai 2021, annonçant la fin proche du Ramadan, d’Hibatullah Akhundzada, « émir des croyants » et plus haute autorité des talibans, ne laissait pas place au doute : la victoire était proche. Le 15 août, Kaboul tombait sans combattre avant même que les forces américaines aient achevé leur retrait d’Afghanistan. Le retour des talibans, vingt ans après leur défaite de 2001, soulève de multiples questions.


Face au blitzkrieg taliban : une double faillite


Négocié sans représentants du gouvernement afghan, l’accord signé entre l’administration Trump et le bureau de Doha des talibans le 29 février 2020, scellait de facto la défaite américaine et le sort de la République islamique d’Afghanistan. Actant le départ des troupes de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), sans autres garanties qu’une promesse de négociations avec le pouvoir de Kaboul et l’engagement à ne pas héberger de groupes terroristes, l’accord de Doha a été vu par les insurgés comme une promesse de victoire.


Le 31 août 2021, fin du retrait américain dans le chaos de l’aéroport de Kaboul, Joe Biden déclarait : « En avril, j’ai pris la décision de terminer cette guerre. […] Nous présumions que les forces nationales de sécurité afghanes, plus de 300 000 hommes, que nous avons formées depuis deux décennies, et équipées, seraient un adversaire puissant des talibans […]. Cette présomption était erronée. »


Le rapport de John Sopko, Inspecteur général pour la reconstruction de l’Afghanistan (SIGAR), adressé au Congrès le 30 juillet 2021, avait tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme, rappelant que les talibans, qui contrôlaient 81 des 419 districts afghans au 23 juin, en contrôlaient plus de 200 le 21 juillet, ainsi qu’une part des routes majeures et six postes-frontières. Les forces nationales afghanes avaient certes repris quelques districts, et tenaient toujours les 34 capitales provinciales dont Kaboul, mais ces forces, notait Sopko, « paraissent surprises et impréparées, et sont maintenant sur la défensive », ajoutant que « la tendance générale est clairement défavorable au gouvernement afghan qui pourrait faire face à une crise existentielle si rien n’était fait pour redresser la situation ». Tant sur le front militaire que sur celui de la reconstruction, il dénonçait un « optimisme exagéré omniprésent ». […]


PLAN

  • Face au blitzkrieg taliban : une double faillite
  • L’Émirat : principes et promesses
  • Le gouvernement « intérimaire »
  • Après la guerre : gouvernance et société
  • Crise économique, crise humanitaire
  • L’État islamique au Khorasan : le califat contre l’émirat
  • Quatre défis géopolitiques
  • Un nouveau Grand jeu ?


Jean-Luc Racine est directeur de recherche émérite au CNRS et chercheur senior à Asia Centre.

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Par la grâce d'Allah - Les talibans face au pouvoir

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L’Europe, la puissance et la finance

Date de publication
21 juin 2021
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La finance est devenue un attribut essentiel de la puissance. Son importance est accrue par les investissements considérables requis par les transitions énergétique et numérique, ou encore par la nécessité de soutenir les économies frappées par la pandémie de COVID-19. En matière de puissance financière, l’Union européenne dispose de nombreux atouts, à commencer par sa monnaie unique, mais elle souffre aussi de véritables handicaps, particulièrement visibles au moment de la présidence Trump.

Sylvie GOULARD
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Corées : perpétuellement vers la paix ?

Date de publication
21 juin 2021
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Au cours des cinq dernières années, les périodes d’ouverture et de tension se sont succédé dans la péninsule coréenne. Donald Trump pensait pouvoir obtenir la dénucléarisation de la Corée du Nord par ses relations personnelles avec Kim Jung-un. Il a échoué. L’administration Biden se veut plus réaliste et méthodique. Elle pourrait choisir des options intermédiaires, plus modestes, tout en conservant l’objectif lointain d’un démantèlement de l’arsenal nucléaire de Pyongyang.

Rémy HÉMEZ
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Le modèle de Dubaï face au centralisme d’Abou Dhabi

Date de publication
21 juin 2021
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Vitrine des Émirats arabes unis, Dubaï n’a jamais complètement retrouvé la croissance d’avant la crise de 2009. La double crise sanitaire et économique est une nouvelle épreuve : Dubaï doit plus que jamais compter sur le soutien de l’émirat d’Abou Dhabi, cœur politique et sécuritaire de la Fédération. La phase actuelle confirme la prédominance politique d’Abou Dhabi dans la Fédération, et impose à Dubaï de redéfinir son modèle de développement, et son narratif.

Matthieu ETOURNEAU
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Perspectives de l’endettement public

Date de publication
21 juin 2021
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L’endettement public doit rester soutenable, adapté aux variations de la conjoncture, sauf à risquer des conditions d’emprunt dangereuses. Sa stabilisation dépend de la croissance, de la maîtrise des dépenses publiques et de la capacité à lever l’impôt. Les banques centrales peuvent prêter aux États, mais en prenant garde à une inflation affaiblissant les entreprises. L’annulation des dettes publiques par la Banque centrale européenne pourrait ouvrir un cycle d’inflation et de dépenses immaîtrisable.

François ECALLE

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Page couverture PE n° 4 2021
Jean-Luc RACINE, « Par la grâce d'Allah - Les talibans face au pouvoir », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
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Par la grâce d'Allah - Les talibans face au pouvoir