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Politique étrangère, vol. 82, n° 1, printemps 2017
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Page couverture PE 2017 n° 1
Accroche

La Russie puise en partie sa force dans les erreurs et les illusions de l’Occident de l’après guerre froide. Sa force, bruyante, est largement en trompe-l’œil, économiquement et militairement. Ni leader ni modèle, la Russie a besoin des nations occidentales. Et ces dernières ne peuvent négliger le poids de Moscou dans des zones stratégiques du monde. Il faut considérer la Russie comme une puissance nécessaire dans un monde de la puissance en pleine recomposition.

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Le Grand Méchant Loup est de retour. Et il est russe. Ce qui inquiète (nous aurions à nouveau un ennemi à notre mesure), ou rassure (finalement, l’ennemi est toujours le même). La montée déraisonnable des énervements « pro » et « anti », rend désormais difficile l’évaluation rationnelle du problème stratégique posé par la Russie – tout acteur international, et tout lourd acteur, posant par définition un problème stratégique... L’irrationalité des échanges actuels ne vient-elle pas d’abord de ce que les discours sur la Russie nous renvoient à nous-mêmes (c’est difficilement supportable), à nos errances et à nos fautes ? D’où une incapacité largement partagée à mesurer objectivement ce qui fait la force et la faiblesse de la puissance russe, aujourd’hui. D’où, aussi, la difficulté à adopter vis-à-vis de Moscou des stratégies laissant de côté les crispations idéologiques, et faisant sa part à l’intérêt de chacun.


Russie, méchant miroir


Vaincue de la guerre froide, la Russie est le premier témoin – la première victime ? – de l’emballement qui soude l’Occident autour d’une bonne conscience démocratique dominatrice et ravageuse. Les années 1990 sont pour Moscou celles d’une reductio capitis brutale, qui s’accompagne d’une humiliation que travestit mal un alignement sans question sur l’Ouest, en tous domaines, culturel, économique, diplomatique. La bonne conscience occidentale, elle, ne se satisfait pas d’avoir amené l’ennemi à penser droit ; elle se traduit concrètement en choix de politique étrangère.


Conscience auto-proclamée du monde, le nouvel Occident qui se voit comme « communauté internationale » pousse son avantage. On dira qu’il est naturel de profiter des circonstances – certes, mais il vaut mieux imaginer les conséquences de ses manœuvres. L’action dans les Balkans, l’élargissement militaire de l’OTAN, la guerre contre la Serbie, la dénonciation unilatérale par Washington du traité ABM, la guerre américaine contre l’Irak, le renversement de Khadafi, le déploiement en Europe de systèmes antimissiles, et même la poussée à l’Est d’une Union européenne peu soucieuse de ses conséquences politiques – pour ne citer que ces exemples – témoignent pour Moscou non seulement de sa marginalité objective, mais de la volonté concrète des Occidentaux, et surtout des États-Unis, de la traiter comme res nullius. Alors même que, passée l’ère de la diplomatie « romantique » de Kozyrev, Poutine croyait avoir multiplié les signes de bonne volonté vers l’Ouest : déclarations et facilités accordées après le 11 Septembre, ouverture vers l’Union européenne, propositions Medvedev, jusqu’au vote au Conseil de sécurité sur la Libye…


PLAN

  • Russie, méchant miroir
  • Les faiblesses d’une force
  • L’intérêt russe et notre intérêt


Dominique David est conseiller du président de l’Ifri.

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Dominique DAVID

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Président du Centre franco-autrichien pour le rapprochement en Europe (CFA), conseiller du président de l’Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et co-directeur du Ramses

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Les diplomaties navales en Méditerranée

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Si le concept de « diplomatie navale » date des années 1970, la réalité qu’il recouvre est très ancienne. L’histoire de la Méditerranée en témoigne : depuis l’Antiquité, les forces navales y ont été utilisées à des fins politiques. Les rapports de forces dans cette mer sont en train de changer. Les États-Unis se retirent progressivement, laissant la place à d’autres acteurs, en particulier la Russie. L’Europe, minée par la crise économique et les divisions, ne parvient pas à s’imposer.

Fernando DEL POZO Ferdinando SANFELICE DI MONTEFORTE PATRICK HEBRARD
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Le « commerce migratoire » euroméditerranéen

Date de publication
21 décembre 2016
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Marseille a longtemps été une plaque tournante du commerce « à la valise ». Les échanges avec le Maghreb étaient particulièrement nombreux, du fait de la taille de la communauté algérienne dans le sud de la France et de l’importance du trabendo dans l’économie algérienne. Toutefois, depuis une vingtaine d’années, Istanbul tend à remplacer Marseille comme centre du « commerce migratoire ». Les flux commerciaux générés par les migrants ont désormais de nombreuses ramifications en Asie.

Michel PERALDI
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Migrations en Méditerranée : la crise de l’asile

Date de publication
21 décembre 2016
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La croissance économique des Trente Glorieuses, le choc pétrolier de 1973 et la guerre du Golfe de 1991 ont eu un impact très fort sur les migrations dans le bassin méditerranéen. Dans les années 1990 et 2000, l’immigration irrégulière vers l’Europe s’est développée. Les dispositifs de contrôle des flux migratoires conçus à cette époque se révèlent totalement inadaptés à la situation post-révolutions arabes. L’Europe fait désormais face à une triple crise : économique, des réfugiés et de l’asile.

Thibaut JAULIN
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Les politiques méditerranéennes de l’Europe : trente ans d’occasions manquées

Date de publication
21 décembre 2016
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L’Union européenne tente depuis plus de trois décennies de définir une stratégie méditerranéenne. Mais ni le processus de Barcelone, ni la Politique européenne de voisinage, ni l’Union pour la Méditerranée n’ont pu créer une communauté méditerranéenne pour le développement ou la sécurité. Les perspectives actuelles sont peu encourageantes, même si la situation dans nombre de pays de la rive sud, et les conflits du Levant ou du Sahel, rendent une telle stratégie encore plus pressante.

Jean-François DAGUZAN
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Page couverture PE 2017 n° 1
Dominique DAVID, « Vivre avec la Russie », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2017.
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