Le secteur énergétique ukrainien à la lumière de la crise : au delà du transit gazier, un défi de gouvernance
L'Ukraine fait face à une crise profonde, qui est étroitement liée, sur le plan intérieur, à des clivages sociaux, politiques et linguistiques mais aussi aux enjeux énergétiques. Au-delà du refus du gouvernement Ianoukovitch de signer l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), la racine profonde du soulèvement de Maïdan est avant tout interne.
Elle s’explique notamment par la corruption, le népotisme et le système judiciaire arbitraire. Cette dimension interne perdue de vue du fait de l’annexion de la Crimée, de l’escalade de la violence et de l’implication russe dans le Donbass, doit être prise en compte dans les débats, si l’on souhaite que le processus de paix et de stabilisation en cours ait une chance d’aboutir.
Au niveau énergétique, la question de l’avenir de l’Ukraine en tant que corridor de transit pour le gaz russe vers l’Europe ne constitue qu’une partie de l’équation. Le maintien de l’Ukraine comme pays de transit nécessite avant tout d’assurer la stabilité économique et politique interne du pays. Il s’agit là d’un enjeu essentiel qui dépasse la seule question énergétique pour une République jeune, qui reste marquée par les différents héritages issus de l’influence moscovite et orthodoxe au nord-est, polono-lituanienne puis austro-hongroise et catholique à l’ouest, byzantine et turque au sud. Si ces héritages font la richesse culturelle du pays, ils sont également à l’origine de clivages qui persistent jusqu’à aujourd’hui et qui ont refait surface à la faveur des événements de Maïdan.
L’objectif de cette note est de restituer la problématique du transit ukrainien dans un contexte interne plus large et à la lumière de la crise gazière actuelle. Au-delà de la sécurité d’approvisionnement énergétique européenne, le maintien du transit est un enjeu domestique fort pour l’Ukraine à la fois économiquement et politiquement. Pour éviter une nouvelle crise gazière, l’Ukraine doit réformer substantiellement son secteur énergétique afin de réduire sa dépendance et rééquilibrer son bouquet énergétique.
(Pour lire la suite, télécharger le document)
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Le secteur énergétique ukrainien à la lumière de la crise : au delà du transit gazier, un défi de gouvernance
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLes dilemmes et débats sur la politique énergétique de la Norvège : dedans ou dehors ?
L’année 2026 pourrait marquer la fin de l’exception norvégienne. La Norvège s’est longtemps enorgueillie d’avoir réussi à combiner l’exploitation des énergies fossiles avec un modèle de social-démocratie solide.
La stratégie offensive des États-Unis sur les métaux critiques : quels enseignements pour l'Europe ?
Face aux menaces croissantes qui pèsent sur l’approvisionnement en matières premières critiques (CRM) des économies de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), des politiques interventionnistes sont nécessaires pour bâtir des chaînes de valeur résilientes.
Quels instruments financiers pour renforcer la résilience des chaînes de valeur des métaux critiques et le stockage stratégique ?
Les chaînes de valeur des matières premières critiques sont plus vulnérables que jamais et des secteurs industriels vitaux en Europe sont désormais menacés si leurs approvisionnements ne sont pas sécurisés par des mesures stratégiques et urgentes, compte tenu de l'intensification des confrontations géopolitiques, du nationalisme en matière de ressources, de la demande croissante et de l'augmentation limitée de l'offre.
L'UE en état d'alerte : priorité sur les enjeux énergétiques et industriels pour 2026
L'année 2025 a confirmé qu'il était nécessaire de se préparer à un environnement géoéconomique et géopolitique plus difficile, car l'intensité et la fréquence des chocs augmentent, tandis que l'Union européenne (UE) n'a plus de flancs stables, dans un contexte de fréquentes crises avec les États-Unis, révélatrices d’une fracture systémique.