Les élections tanzaniennes de 2020 entre répression et manipulation. Une consolidation du "tournant autoritaire" de Magufuli ?
Les sixièmes élections générales en Tanzanie ont eu lieu le mercredi 28 octobre 2020. Même si une victoire du parti au pouvoir Chama Cha Mapinduzi était attendue, le niveau de fraude et de violence électorale pose des questions sur le futur du régime politique du pays est-africain.
Lors des élections générales en Tanzanie sont élus le Président, l'Assemblée nationale et les représentants des districts. Les résultats du scrutin de 2020 ont réaffirmé la mainmise du parti Chama Cha Chapinduzi (CCM). Cependant, les résultats ont dépassé les attentes de nombreux experts concernant le contrôle et le verrouillage du scrutin. Le CCM revendique avoir remporté le vote dans au moins 225 circonscriptions sur 230. Anciennement appelé Tanganyika African National Union, le CCM est au pouvoir depuis les Indépendances du Tanganikya en 1961 suivies par la formation de la République de Tanzanie en 1964. Selon les résultats annoncés par la Commission nationale électorale (NEC) le vendredi 30 octobre qui ont été contestés par l'opposition, le candidat sortant John Pombe Magufuli a obtenu 84 % des voix, comparé à 58 % en 2015. Même s'il y a eu peu de doutes sur la victoire du CCM, ces résultats manquent de crédibilité et le niveau d'irrégularité, de violence et de manipulation électorale observé préoccupe les spécialistes qui s'inquiètent du futur de la trajectoire politique tanzanienne.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesPropagande en ligne en temps de guerre au Soudan
Dans le conflit soudanais, la bataille de propagande entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapides (FSR) à travers les médias classiques et les réseaux sociaux entretient une grande confusion informationnelle. Et ce d’autant plus que l’absence de journalistes sur le terrain facilite la désinformation. Bien que l’armée et les FSR tentent de promouvoir leurs discours grâce à leurs réseaux de communicants et en pratiquant la désinformation et la censure, ils ne peuvent contrôler complètement l’information sur le conflit. Dans le cadre de cette guerre, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’expression où les politiciens, militaires, influenceurs et militants expriment leurs rivalités, leurs mensonges et leur propagande.
Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
Quelle place pour l’Afrique subsaharienne dans le monde ?
En s’appuyant sur une approche extrinsèque, alliant histoire globale, géopolitique et relations internationales, ce papier tente de périodiser les modalités des relations de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Après un retour rapide sur les périodes précoloniales, coloniales et de Guerre froide, sont explorées plus spécifiquement les périodes 1990-2015 et 2015-2025.
Un « faux départ » : l’avenir des chefferies coutumières en Afrique
Au-delà du seul cas du Burkina Faso, la cérémonie hebdomadaire du « faux départ » du Moro Naba, « l’empereur des Mossi » symbolise dans l'Afrique d’aujourd'hui la position paradoxale de dirigeants traditionnels jouissant d'une influence qui se situe en marge de la sphère politique moderne tout en conservant à la différence de celle-ci, une forte dimension religieuse.