En Crimée, l'inévitable escalade?
La Crimée a déclaré mardi son indépendance vis-à-vis de l'Ukraine, avant un référendum sur son rattachement à la Russie prévu dimanche. Les Occidentaux menacent de représailles si le scrutin a lieu. Jusqu'où peut aller le bras de fer diplomatique entre Russes et Occidentaux sur l'Ukraine?
Ukraine : comment Poutine mène l'offensive sur les réseaux sociaux
Le Kremlin se sert du réseau social russe VKontakte pour discréditer le nouveau gouvernement ukrainien aux yeux de l'opinion russe.
L'offensive ukrainienne de Vladimir Poutine ne se limite pas aux seules plaines de Crimée. Le conflit ukrainien fait aussi rage sur Internet. Pro-russes et pro-ukrainiens y mènent une véritable guerre de propagande. En Ukraine, Twitter et Facebook ont joué un rôle déterminant dans le mouvement Maïdan. Il en va tout autrement en Russie, où les autorités ont bloqué l'accès depuis le pays à plusieurs groupes pro-ukrainiens sur le réseau social VKontakte. L'agence russe de surveillance des communications Roskomnadzor a motivé sa décision en expliquant que ces groupes relayaient des «appels directs au terrorisme et à la participation à des manifestations non-autorisées y compris à Moscou». L'une des pages censurées avait reçu le soutien de quelque 500.000 internautes, selon l'agence Associated Press.
Russie - Occident, le retour de la Guerre froide?
Moscou durcit le ton avec l’Ukraine et mobilise son armée en Crimée : un parfum de Guerre froide enveloppe les relations internationales. Impression ou réalité ? Vingt ans après l’effondrement de l’ex-URSS, peut-on encore parler de Guerre froide ? De confrontation des blocs ? Deux spécialistes confient leurs avis... divergents.
La Crimée, "un anachronisme dangereux"
En 1854, Paris et Londres déclarèrent la guerre à la Russie pour soutenir les troupes ottomanes, et débarquèrent en Crimée. En 1954, la Crimée fut donnée à la République d'Ukraine au sein de l'URSS. En 1994, le mémorandum de Budapest signé par Washington, Londres, Kiev et Moscou garantit la dénucléarisation de l'Ukraine et son intégrité territoriale.
Les enjeux de la crise ukrainienne
Avant toute chose, il faut souligner la forte part d’émotivité de la diplomatie russe, qui remonte à la crise du Kosovo en 1998, et qui se greffe aux considérations politiques et stratégiques. Alors que nous pensions que le Kremlin s’attachait à développer une politique de « soft power », que l’organisation des jeux Olympiques de Sotchi devait parachever, afin de présenter la Russie comme un pays moderne, ce nouveau sursaut d’irrationalité est advenu. Pourquoi ?
Ukraine : les objectifs du Kremlin
Quels objectifs pour le Kremlin ?
Interrogé par Le HuffPost, Julien Nocetti, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri), estime qu'il est "bien entendu délicat de prévoir la suite des événements en Ukraine, tant - pour paraphraser Angela Merkel - les parts d'irrationalité et d'émotion dans la réaction du Kremlin semblent, à ce stade de la crise, importantes".
Ukraine: contre la Russie "les moyens de pression sont extrêmement limités"
Après l'invasion de la Crimée par les troupes russes, les pays occidentaux et une partie de la communauté internationale, à l'exception notable de la Chine, ont mis en garde contre une possible escalade en Ukraine.
De quels moyens disposent-ils pour contrecarrer Vladimir Poutine à ce jeu diplomatique auquel il excelle?
"Poutine n'a pas intérêt à aller au conflit armé"
Des militaires russes continuent à arriver ce lundi dans la péninsule ukrainienne de Crimée, au cœur depuis quelques jours d’un bras de fer entre Moscou et le nouveau pouvoir de Kiev. Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste de la Russie à l’Institut français des relations internationales (Ifri), analyse les scénarios possibles.
"Le dossier ukrainien est essentiel pour la Russie, et Poutine ne cédera pas"
Décryptage du rôle de la Russie dans la crise ukrainienne avec Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste de l'univers russe (Russie et États indépendants de l'ancienne Union soviétique), chercheuse à l'Institut français des relations internationales (Ifri).
« Sud Ouest ». La Russie pouvait-elle se désintéresser de l'Ukraine ?
Va-t-on vers une guerre en Crimée ?
Va t'on vers une nouvelle guerre en Crimée?
Avec Alexandre Adler, d’Europe 1; Jean-Marie Cavada, Député européen, vice-président du nouveau centre; Thomas Gomart, Directeur du développement stratégique de l’IFRI, spécialiste de la Russie; Walid Berrissoul, envoyé spécial d’Europe 1 en Crimée; Piotr Smolar, envoyé spécial du journal Le Monde à Kiev.
Ukraine : "Par son silence, Poutine accentue la pression"
Vladimir Poutine ne s'est pas encore exprimé personnellement sur la nouvelle donne politique en Ukraine, hormis deux courts communiqués publiés sur le site du Kremlin, vendredi 28 février, qui ne tranchent pas la question de la légitimité du nouveau pouvoir de Kiev. Lors de sa conférence de presse à Rostov-sur-Don, en Russie, Viktor Ianoukovitch s'est d'ailleurs interrogé sur les « réserves » et le « silence » du président russe. Thomas Gomart analyse la position de Moscou.
La crise en Ukraine et les intimidations de Moscou
Quelles peuvent être les conséquences de la révolution en Ukraine? Ces dernières heures on découvre des tensions qui rappellent un peu le temps de la Guerre froide. Vladimir Poutine ordonne des manoeuvres militaires dans l'Ouest de la Russie, le long de la frontière ukrainnienne; Moscou prend aussi des mesures pour sécuriser les installations et les armements de sa flotte de la mer Noire, basée en Crimée; Crimée où des hommes armés pro-russes ont pris le contrôle du Parlement ce matin; en Russie, les médias officiels proclament que les fascistes sont au pouvoir à Kiev.
La Crimée, une région sous emprise russe
Après Kiev, c'est sur une autre région de l'Ukraine que se portent tous les regards: la Crimée. La situation dans cette presqu'île de 26.000 km² est aujourd'hui explosive. La population largement pro-russe, qui aurait un temps recueilli le président déchu Ianoukovitch, voit d'un mauvais œil le renversement du pouvoir. La minorité tatare, un temps persécutée par le régime soviétique, se range elle du côté du nouveau gouvernement. Aux yeux de Moscou, la zone revêt un intérêt stratégique: le port de Sébastopol abrite la flotte de la mer Noire de l'armée russe. Aux yeux de nombreux Russes, elle appartient historiquement à leur territoire.
Ukraine: "Allô! Vladimir? Ici Angela..."
Il va falloir s'y habituer: la relation Est-Ouest ne se réduit plus seulement à un dialogue entre le Kremlin et la Maison-Blanche. L'Europe a aussi son mot à dire. A condition de parler allemand. Le 23 février dans la soirée, quelques heures après la chute de Viktor Ianoukovitch, le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande Angela Merkel ont souligné, dans un entretien téléphonique, l'importance pour l'Ukraine de préserver son intégrité territoriale.
Le soft power russe
Le soft power semble de plus en plus se développer au sein de la politique étrangère russe depuis le milieu des années 2000. La Russie ne semblait alors recourir qu'aux instruments plus traditionnels de politique étrangère. L’Institut pour la démocratie et la coopération, Russia Today, ProRussia Tv… sont autant d’institutions, de think-thanks et de médias destinés à la promotion d’une autre image de la Russie et qui font partie de cette « puissance douce » à la russe. Le développement, les objectifs, les outils, les paradoxes et incohérences, les échecs et ou réussites ainsi que les perspectives futures du soft power russe seront au cœur de cette émission.
Le parrain du régime de Kiev
Il semble si satisfait. Depuis quinze jours, Vladimir Poutine s'affiche avec un plaisir non dissimulé dans les enceintes sportives de Sotchi, où se déroulent ses Jeux olympiques pour lesquels le président russe s'est tellement impliqué. Comme si rien de grave ne se passait à quelque 1300 km de là, au coeur de Kiev, là où une centaine de manifestants sont encore morts hier, sous les balles des forces de sécurité aux ordres du président Viktor lanoukovitch.
Sotchi: le revers de la médaille
Depuis plusieurs semaines, les JO de Sotchi donnent lieu à une forte politisation, préjudiciable à notre compréhension de la Russie, et de sa place dans le monde. S'affrontent deux images caricaturales. D'un côté, celle d'un régime somptuaire, autoritaire et persécutant les minorités sexuelles. De l'autre, celle d'un grand pays ayant retrouvé prospérité, stabilité et prestige. Concentré médiatique, les JO de Sotchi marquent une étape symbolique de la trajectoire russe depuis dix ans, mais déforment les véritables enjeux. Ils s'ouvrent dans un contexte international tendu par la Syrie, l'Iran et l'Ukraine. Ils masquent plusieurs interrogations qui pèsent sur le cours de la politique étrangère russe.
Sotchi : à part des médailles que peut-on attendre de ces Jeux Olympiques sous haute surveillance ?
Les 22èmes Jeux Olympiques d’hiver commencent ce soir à Sotchi, et s’achèveront le 23 février. Au programme : hockey sur glace, saut à ski, curling, patinage artistique, slalom géant, descente, biathlon, ski acrobatique, surf, bobsleigh, mais aussi polémiques et haute surveillance. Entre les risques d’attentats, les suspicions de dopage, les doutes sur la corruption et le non-respect des droits de l’homme par la Russie de Vladimir Poutine, les JO de Sotchi semblent loin de l’« esprit olympique » cher au baron de Coubertin. Avec une facture de 37 milliards d’euros, soit 50 milliards de dollars, les Jeux de Sotchi sont les plus chers et les plus sécurisés de l’Histoire. Pour quoi faire ?
Sotchi: des Jeux plus politiques que sportifs ?
Alros que la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques se déroule, un débat sur cette céremonie et sur la Russie, ainsi que sur son président Vladimir Poutine.
Sotchi, vitrine et triomphe de la Russie de Poutine
Plus grande, pus forte, plus chère aussi, la fête olympique russe qui s’ouvre vendredi veut témoigner de la grandeur retrouvée du pays continent. Vladimir Poutine, « super tsar » de cette production mondiale, entend en faire la vitrine d’une Russie réinstallée au premier rang.
Décryptage avec Tatiana Kastoueva-Jean, spécialiste de l’univers russe et chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri).
L'Ifri, fondation reconnue d'utilité publique, s'appuie en grande partie sur des donateurs privés – entreprises et particuliers – pour garantir sa pérennité et son indépendance intellectuelle. Par leur financement, les donateurs contribuent à maintenir la position de l’Institut parmi les principaux think tanks mondiaux. En bénéficiant d’un réseau et d’un savoir-faire reconnus à l’international, les donateurs affinent leur compréhension du risque géopolitique et ses conséquences sur la politique et l’économie mondiales. En 2026, l’Ifri accompagne plus de 90 entreprises et organisations françaises et étrangères.