Japon : le raz-de-marée Takaichi et le nouveau visage du pouvoir
La Première ministre Sanae Takaichi a transformé sa popularité exceptionnelle en une victoire politique historique. Les élections anticipées du 8 février ont offert au Parti libéral démocrate (PLD) une majorité écrasante, grâce au soutien massif de jeunes électeurs séduits par son image iconoclaste et dynamique, et des conservateurs rassurés par sa vision d’affirmation nationale. Cette popularité pose les bases d’une stratégie ambitieuse tant sur le plan intérieur que sur le plan international.
Du point de vue diplomatique, Takaichi adopte une posture ferme face à la Chine, dénonçant la menace d’un blocus du détroit de Taïwan et résistant aux pressions économiques et diplomatiques de Pékin. Elle consolide simultanément l’alliance avec les États-Unis de la seconde administration Trump, en renforçant l’intégration militaire et économique, tout en diversifiant ses partenariats stratégiques pour se prémunir contre les risques d’une dépendance excessive.
La sécurité et la défense sont au cœur de sa stratégie : le budget militaire est porté à 2 % du produit intérieur brut dès 2026 et devrait bénéficier d’une nouvelle hausse ; les contraintes constitutionnelles et légales sur les exportations d’armement et le stationnement de capacités nucléaires doivent être assouplies ; l’industrie de défense est promue comme moteur de croissance et levier d’autonomie stratégique. Ces mesures visent à renforcer la dissuasion et à poursuivre la normalisation militaire du Japon.
Sur le plan économique, enfin, Takaichi vise à assurer l’autonomie et la résilience du Japon, en investissant dans les secteurs stratégiques tels que les semi-conducteurs, l’aéronautique, le spatial et la défense, tout en stimulant la consommation intérieure. Le Japon s’affirme comme un partenaire solide et fiable pour la France et l’Europe, capable de jouer un rôle central dans l’Indo-Pacifique et de contribuer à un rééquilibrage de l’ordre international face aux hégémons régionaux et mondiaux.
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