L'étau ukrainien : entre la faiblesse intérieure et la dépendance extérieure
"Russie.Nei.Visions", n° 9, mars 2006
Un an à peine après la Révolution orange, l'Ukraine est de nouveau en proie à des bouleversements intérieurs et extérieurs. D'une part, la révolution semble avoir un impact durable : l'Ukraine est désormais un pays démocratique avec une vie politique active, où le retour à des pressions et des menaces émanant de l'Etat et à une glaciation politique est improbable. Mais, d'autre part, la révolution n'a pas tenu sa promesse principale : doter le pays de dirigeants qui le gouverneraient enfin en fonction de ses intérêts et non pas des leurs. A quelques exceptions près, les réformes n'ont pas porté sur les disfonctionnements institutionnels, hérités de l'époque Koutchma ; le népotisme l'emporte toujours sur le mérite. Cette occasion manquée n'a pas seulement provoqué de nouveaux clivages à l'intérieur du pays, mais a de nouveau rendu l'Ukraine vulnérable sur le plan international. En effet, la Fédération de Russie a absorbé le choc de la Révolution orange ; elle est gouvernée par une élite, persuadée que la richesse et les ressources énergétiques du pays peuvent servir à créer une 'zone de prédominance' russe à la frontière de l'UE. La 'diplomatie du gaz' russe en Ukraine - voie d'accès privilégiée vers le marché européen - renforce l'importance d'intérêts de l'UE liés à l'évolution et à la stabilité de l'Ukraine. Sans succomber aux illusions ukrainiennes en vue de l'adhésion, l'UE doit développer des canaux d'intégration à la fois réalistes et bénéfiques pour les deux parties.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
L'étau ukrainien : entre la faiblesse intérieure et la dépendance extérieure
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa Chine au Kirghizstan et au Tadjikistan : de la présence économique à un nouveau rôle dans le domaine de la sécurité
La progression de l’influence chinoise en Asie centrale, observable depuis plus de trois décennies, est entrée dans une phase d’accélération encore plus marquée au cours des trois à cinq dernières années. Depuis 2022, les autorités chinoises ont, de facto, révisé leur stratégie et leurs modes d’action dans la région.
Entre la Russie et l'Europe, entre la guerre et la paix : quels sont les enjeux des prochaines élections en Arménie ?
Les élections législatives arméniennes du 7 juin 2026 s'annoncent moins comme un scrutin de routine que comme un référendum sur la ligne politique suivie par Nikol Pashinyan depuis 2020, qui comprend la paix avec les pays voisins, une dépendance réduite vis-à-vis de la Russie et une orientation européenne plus marquée. Le parti au pouvoir, Contrat civil, reste en tête, mais sa position est fragile, car la campagne se déroule dans un contexte fortement polarisé, marqué par le traumatisme de la défaite dans la guerre contre l’Azerbaïdjan, le déplacement des Arméniens du Karabakh et l’ingérence électorale massive de la Russie.
Le miroir toxique de la Russie : comment un style politique qui a affaibli Moscou érode aujourd'hui la puissance américaine
Trois décennies après la fin de la guerre froide, certains traits d’un style politique longtemps associé au système autoritaire russe (mépris de l’État de droit, vision conspirationniste du monde, personnalisation du pouvoir et instrumentalisation de la vérité) deviennent de plus en plus visibles au sein des démocraties occidentales, et tout particulièrement aux États-Unis. En Russie, ce style n’a pas renforcé la puissance de l’État ; il a au contraire réduit ses marges de manœuvre stratégiques et contribué à son affaiblissement sur le long terme.
La Russie, les Palestiniens et Gaza : ajustements après le 7 octobre
L'Union soviétique (URSS), puis la Fédération de Russie en tant que successeur légal internationalement reconnu, ont toujours cherché à jouer un rôle visible dans les efforts visant à résoudre le conflit israélo-palestinien.