La RussAfrique à l’épreuve de la guerre
Après le premier forum d’affaires russo-africain en 2011, le sommet Russie/Afrique de Sotchi en 2019 qui avait réuni 43 des 54 chefs d’État et de gouvernement africains avait officialisé en grande pompe le retour de la Russie sur le continent. Précédé par une intense préparation diplomatique, le second sommet Russie-Afrique doit avoir lieu à Saint-Pétersbourg et va, cette fois-ci, faire figure de test crucial pour la RussAfrique.
La guerre en cours l’a, en effet, mise à l’épreuve aux plans militaire, diplomatique et économique. Militairement, la puissance russe sort diminuée de sa confrontation avec l’armée ukrainienne qu’elle est incapable de vaincre depuis plus d’un an. Diplomatiquement, la Russie a été mise en minorité à plusieurs reprises aux Nations unies et des gouvernements africains ont tenté sans succès de jouer un rôle de médiateur.
Économiquement, le conflit a un effet inflationniste qui handicape les pays les plus pauvres et complique l’approvisionnement en céréales (l'accord céréalier de la mer Noire récemment remis en cause par Moscou). Dans ce contexte, le nouveau sommet Russie-Afrique va être l’occasion de tester la solidité des alliances formelles et informelles tissées par le Kremlin ces dernières années en Afrique et de voir comment elles évoluent face aux tensions générées par la guerre russo-ukrainienne.
- La communication diplomatico-médiatique russe cible les pays africains depuis le début de la guerre et repose sur des arguments historique, politique, idéologique et de coopération. Elle s’est intensifiée pour la préparation du second sommet car le Kremlin doit réunir autant de présidents et de chefs de gouvernement africains qu’en 2019 afin de montrer qu’il n’est pas isolé sur la scène internationale.
- Les promesses d’investissements et d’échanges commerciaux du premier sommet ne se sont pratiquement pas concrétisées et le choc de la guerre s’est traduit par un recul des acteurs économiques russes en Afrique. Ainsi, au-delà de la démonstration d’influence diplomatique, le second sommet risque d’être une répétition des contrats d’apparat et des promesses vides du premier sommet.
- Ce second sommet peut aussi fournir une nouvelle occasion pour développer la face obscure de la RussAfrique, soit en négociant des transactions secrètes pour contourner les sanctions internationales.
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