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Politique étrangère allemande : entre multilatéralisme et Germany First
Sous des discours engagés au service d’un ordre multilatéral, l’Allemagne assume une politique qui semble pour l’essentiel structurée par ses intérêts nationaux. Qu’il s’agisse de l’approvisionnement énergétique auprès de la Russie, des exportations vers la Chine, des excédents commerciaux avec les États-Unis ou les Européens, ou de la faiblesse de ses budgets militaires, Berlin semble assez loin de l’image qu’elle veut donner d’elle-même d’une puissance guidée par les règles.
Allemagne/Union européenne : l’héritage ambigu d’Angela Merkel
Angela Merkel achève son quatrième mandat à la tête de l’Allemagne. Si elle a fait de nombreuses déclarations prouvant son attachement au projet européen, son bilan en la matière paraît néanmoins contrasté. Au moment de la crise du Covid-19, elle a contribué à maintenir la cohésion de l’Union européenne (UE) et a accepté le principe d’une dette commune. Mais il lui a manqué une grande vision et des leviers d’action qui auraient permis de faire de l’UE un acteur plus fort sur la scène internationale.
Vers la fin de vingt ans de guerre contre le terrorisme ?
Vingt ans après le 11 Septembre, le bilan de la « guerre contre le terrorisme » est contrasté : lourd coût financier et humain, affaiblissement des « centrales » mais diffusion des implantations, fatigue des guerres sans fin… Les puissances occidentales n’ont jamais pu traiter les problèmes politiques qui survivaient à leurs succès militaires. Une nouvelle hiérarchie des défis sécuritaires semble devoir remettre le terrorisme à sa juste place : un problème stratégique parmi de nombreux autres.
Sanctions secondaires américaines : du vieux vin dans des outres neuves ?
La pratique des sanctions secondaires par les États-Unis n’est pas récente, mais Donald Trump l’a portée à un niveau inégalé. Le président républicain a fait preuve d’une grande défiance à l’égard des alliés traditionnels de Washington, qui s’est particulièrement fait ressentir sur les dossiers russe et iranien. Les Européens ont mis en place un nouveau mécanisme – baptisé INSTEX – pour tenter de contourner les sanctions américaines, mais il a rapidement montré ses limites.
L’Union européenne, entre États-Unis et Chine
États-Unis et Union européenne (UE) convergent désormais pour considérer la Chine, longtemps vue avec une certaine bienveillance, comme un rival systémique dans l’ordre international. En dépit de cette convergence, leurs intérêts vis-à-vis de Pékin diffèrent, l’Union européenne entendant garder une certaine dimension partenariale dans ses relations avec la Chine. Mais l’UE ne pèsera dans l’Indo-Pacifique que si elle y développe des stratégies de long terme, appuyées sur des moyens concrets.
Quel rôle pour la Bundeswehr ?
Le poids de la Seconde Guerre mondiale continue de peser sur l’Allemagne. L’utilisation de la puissance militaire y est considérée avec circonspection, tant par les élites politiques que par une partie importante de la population. La dégradation du contexte stratégique incite toutefois les dirigeants à repenser le rôle de la Bundeswehr. Le budget de la Défense augmente et les effectifs des armées sont amenés à croître significativement dans les prochaines années.
La Géorgie et son occupation
Les élites géorgiennes voient la Russie comme un ennemi qui, depuis la guerre de 2008, occupe une partie de leur pays. Pour faire face à cette menace, elles cherchent à renforcer sans cesse l’ancrage euro-atlantique de la Géorgie. La rationalité de cette posture victimaire mérite néanmoins d’être questionnée. Le pays gagnerait sans doute à développer une relation plus apaisée avec Moscou, tout en conservant des liens forts avec l’Occident.
Le mouvement barelvi : du soufisme au terrorisme
Le barelvisme a été créé au début du xxe siècle par Ahmad Riza Khan. Il s’agissait à l’origine d’un mouvement religieux soufi qui s’est peu à peu politisé. Ses membres militent pour l’islamisation de la société, tout en s’opposant à d’autres groupes inspirés du wahhabisme. Après les attentats du 11 Septembre, le soufisme a été présenté comme une alternative à l’islam radical. Néanmoins, une fraction des barelvis a elle-même basculé dans le terrorisme et cette violence a fini par toucher l’Europe.