"Je ne crois pas à la contagion de sorties de l'UE"
Dans quel état se trouvent le Royaume-Uni et l’Union européenne au lendemain du Brexit ?
Le Royaume-Uni se réveille très divisé. Il suffit de prendre une carte des résultats pour s’en rendre compte. On voit très clairement qu’il y a deux unions : l’Ecosse, ultra majoritairement pour le « remain », et l’Angleterre et le pays de Galles qui sont majoritairement pour le « leave », à l’exception des grandes métropoles, dont Londres.
L’euroscepticisme a gagné beaucoup de pays européens. Le Brexit peut-il avoir un effet domino ?
Je ne crois pas à la contagion de sorties de l’Union européenne. Par contre, il va y avoir une contagion de la critique européenne. Et c’est sain. Le projet européen n’est pas parfait. Il faut le critiquer. Mais les Le Pen et autres ne représentent pas la majorité dans leurs pays. Et je pense que si l’on organisait un référendum du même type aux Pays-Bas ou en France, le « remain » l’emporterait.
Pourquoi ?
La critique de l’UE traverse quasi tous les Etats membres. Mais il n’y a pas une hostilité généralisée envers l’Union européenne, comme c’est le cas en Angleterre.
Ni contagion ni électrochoc. Quelle est la perspective, alors ? La paralysie ?
C’est le grand débat. Soit on saisit l’opportunité des négociations qui vont s’ouvrir avec le Royaume-Uni – qui vont prendre au moins deux ans – pour lancer un débat transnational sur les projets que l’on a envie de mener ensemble. Sans forcément changer les traités. Soit on rentre dans une forme d’apathie politique. Un trop-plein de crises.
On ne voit pas qui peut ou veut prendre le leadership…
Je suis régulièrement critique sur la relation franco-allemande au niveau européen. Ça peut être utile qu’ils se parlent. Mais ce n’est pas suffisant. Il est nécessaire pour la France comme pour l’Allemagne de prendre conscience de ce qu’est l’Europe du XXIe siècle : une Union où il n’y a pas que les pays fondateurs. Il serait extrêmement contre-productif qu’une initiative soit portée uniquement par ces pays. Il faudra certes l’Allemagne et la France, mais aussi, par exemple, un pays de chaque vague d’élargissement. C’est cette diversité qui reflète l’Union d’aujourd’hui.
Retrouvez l'entretien dans son intégralité ci-dessous.
Les jeunes Britanniques sont-ils aussi europhiles qu'on le dit ?
“Les Britanniques ont depuis le départ noué une relation contractuelle plus que sentimentale avec l’UE. Et cette vision pragmatique est largement diffusée dans la société”, relève Vivien Pertusot de l’Ifri.
Les jeunes Anglais sont aussi moins incités à partir à l’étranger, notamment du fait de leurs lacunes en langues. Dans le système éducatif britannique, l’encouragement à apprendre une seconde langue est souvent plus faible que la moyenne européenne, et l’apprentissage des langues y est globalement en déclin.
Lire l'article.Jour J-1 à Londres : Bruxelles retient son souffle
Un Brexit ouvrirait la voie à deux ans de tractations, minimum. Et en attendant ?« C'est le grand flou », commente Vivien Pertusot, de l'Institut français des relations internationales à Bruxelles. Les eurodéputés britanniques continueront de siéger et de voter sur tout, hormis sur les négociations les concernant. « Et le commissaire britannique Jonathan Hill, en charge des services financiers, pourrait garder son poste jusqu'aux élections de 2019... Ubuesque ! »
France – Allemagne : une relation toujours privilégiée ?
Que serait le rayonnement de l’Allemagne sur la scène internationale sans la portée symbolique du couple franco-allemand ? Que deux pays, hier encore ennemis héréditaires, aient pu établir une relation bilatérale aussi étroite, basée sur la réconciliation, le partenariat et l’amitié et former depuis plus de cinquante ans une force motrice au sein d’une Union européenne dont le degré d’intégration et de partage de souveraineté n’a pas d’égal dans le monde constitue une réussite majeure incontestable et un vrai modèle pour de nombreux pays dans le monde.
Brexit: ne craignons pas la contagion
Les voix se multiplient en France et à l’étranger pour exprimer la peur d’une contagion en cas de Brexit. Qui serait le prochain à prendre la poudre d’escampette ? Cette lecture ignore la réalité des débats nationaux sur l’Union et, plutôt que de songer à la crainte d’un effet domino, il faudrait accueillir l’effet de contagion de la critique de l’Union. C’est une opportunité à saisir tant l’Union européenne (UE) n’est pas débattue et les seuls arguments la concernant sont laissés à ses opposants.
Brexit : Le retrait de l’Union européenne se ferait pas à pas
La consultation historique de jeudi 23 juin dans le Royaume-Uni oblige l’Union européenne à se projeter dans l’hypothèse très plausible du départ d’un État, pour la première fois de son histoire. L’occasion de se réinventer ? « Si le Royaume-Uni sort, Bruxelles mettra en place une stratégie d’autodéfense. Il s’agit de ne pas être conciliant, d’imposer une ligne dure, afin d’éviter les contagions » explique Vivien Pertusot.
Lire l'article.
Et si la foudre tombait sur l’Europe?
Plus qu’une grosse semaine avant le vote crucial des Britanniques sur le maintien ou non de leur pays dans l’Union européenne. Vivien Pertusot est le responsable, à Bruxelles, de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Un «no» à l’Europe ne l’étonnerait pas. Il marquerait le point de départ d’une longue période d’incertitude, pour l’UE.
Mise en place concrète du Brexit : un voyage en terra incognita
En cas de victoire du «Leave», dès l'annonce des résultats le 24 juin, le Royaume-Uni entre en «terra incognita». Comme l'explique Vivien Pertusot, responsable du bureau de l'Ifri à Bruxelles, «la seule chose que l'on sait de manière certaine, c'est que si le score est serré, il y a une période de six semaines pendant laquelle l'un des deux camps peut contester les résultats».
La sécurité d’approvisionnement en gaz de l'Union européenne en 5 questions
En février 2016, la Commission européenne a proposé un nouveau règlement portant sur la sécurité d’approvisionnement en gaz au sein de l’Union européenne. Il vise notamment à instaurer un mécanisme de solidarité entre États membres en cas de rupture des livraisons comme lors du conflit entre la Russie et l’Ukraine de 2009. Nous avons interrogé Marie-Claire Aoun, directrice du Centre Énergie de l’Ifri, qui vient de publier une note consacrée à ce sujet.
Le Brexit serait un "désastre" pour le rayonnement international de l'UE
"De grandes puissances comme les Etats-Unis, la Chine, l'Inde... verraient l'UE affaiblie politiquement et géopolitiquement s'il y a un Brexit. Ils ne comprendraient pas. Ils ne comprennent déjà pas qu'il puisse y avoir un débat sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE", observe Vivien Pertusot, responsable à Bruxelles de l'Institut français des relations internationales (Ifri).
Le Brexit se jouera-t-il sur la participation ?
Alors que les sondages sont toujours aussi serrés, à deux semaines du référendum, c'est bien sur la participation que pourrait se faire la différence. "Tous les sondages s'accordent à le dire, les plus jeunes, notamment entre 18 et 25 ans, sont majoritairement, à raison de 60%, pour le maintien dans l'UE. Finalement, la question n'est pas tant de savoir leur position sur le débat, mais s'ils vont aller voter", explique Vivien Pertusot.
Building Bridges : vidéo de présentation du rapport
Union européenne : quelles sont les attentes des Etats membres ?
Vivien Pertusot, responsable d'Ifri Bruxelles et coordinateur du rapportBuilding Bridges EU présente en vidéo les grandes tendances de l'étude menée auprès des 28 Etats membres de l'Union européenne.
Sécurité d’approvisionnement gazière de l’Union européenne: vers un renforcement de la solidarité
Face aux tensions entre l’Union européenne et son principal fournisseur de gaz, la Russie, la Commission européenne revisite depuis 2014 sa stratégie de sécurité énergétique.
L'Europe à plusieurs, ou plusieurs Europe(s) ?
L’idée de départ de la construction européenne est positive et négative à la fois : empêcher un nouveau conflit continental par l’imbrication des éléments techniques de la survie, au premier chef économiques. Le succès économique advenu (relèvement des économies nationales, effets du marché commun devenu plus tard grand marché unique), une autre idée s’installe : les Communautés européennes forment un collectif qui est aussi politique. La France avait assez tôt conçu l’image d’une Europe politique – fût-ce à son profit –, mais longtemps seule : les autres n’en voulaient simplement pas, ou craignaient la concurrence qu’elle imposerait à un monde « atlantique » résumé par l’OTAN.
Le Canada, l’Europe, les États-Unis et le grand jeu transatlantique (TAFTA)
Jean-Christophe Ploquin interroge Richard Ouellet lors de la conférence du 27 avril dernier "La politique étrangère du Canada, quelles réorientations en 2016?".
Union européenne : quand Commission et gouvernements jouent aux quilles avec les grands producteurs d’électricité
RWE, EON, EDF, ENGIE et quelques autres sont en difficultés financières. Ce résultat qui eût paru invraisemblable il y a vingt ans est le fruit combiné de mal gouvernances publiques au sein de l’Union et d’évolutions extérieures mondiales.
Il est utile d’analyser les unes et les autres.
“A ce stade”, c’est non : la France monte en première ligne contre le projet de TTIP
Pour Vivien Pertusot, les déclarations françaises ne vont pas empêcher pour autant la poursuite des négociations. “Quand la Commission s’empare d’un sujet, elle va généralement jusqu’au bout. Il est donc difficile d’envisager un arrêt pur et simple des négociations dans les prochains mois”, a-t-il expliqué.
La transition énergétique reste chaotique en Europe
Les électrons n'ont jamais été aussi verts en Europe. L'an dernier, les énergies renouvelables y ont représenté 27,5% de la production d'électricité, soit quatre fois plus qu'il y a dix ans. Et ce n'est qu'un début. Rien qu'en France, l'ambition affichée est de doubler le parc éolien d'ici à 2023 et de tripler le parc solaire....
CETA: the Making of the Comprehensive Economic and Trade Agreement Between Canada and the EU
Dans un nouveau rebondissement, le traité AECG (CETA en anglais) voit sa ratification entravée par le refus de la région wallonne. Le traité se trouve en effet pris dans la tourmente de l’opposition au libre-échange qui monte en Europe et aux Etats-Unis, souvent corrélée avec l’essor des mouvements populistes. Le TTIP, TPP et CETA sont en bute à la même opposition. L'Ifri vous propose une analyse des enjeux de cet accord publiée en avril 2016.
Europe : La perception de l’UE dans les 28 pays de l’Union
Vivien Pertusot, responsable d'Ifri Bruxelles et coordinateur du projet Building Bridges, livre les résultats du rapport final du projet intitulé The European Union in the Fog. Il répond notamment aux questions concernant les attentes parmi les plus anciens et plus récents Etats membres vis-à-vis de l'Union européenne et de l'existence ou pas de politique ou de leader capable de fédérer les Européens.
L'Europe 1972-1980 : données et perspectives politiques
Cet article a été rédigé à l'occasion de la réunion des directeurs d'Instituts européens des relations internationales qui s'est tenue à Varna (Bulgarie) les 4 et 5 octobre 1972.
Contre l'armée européenne
Quand Démosthène mettait en garde les Athéniens contre Philippe de Macédoine, Démosthène avait raison ! Athènes était une cité, et l'âge venait de plus grands empires. Mais il était deux politiques : l'une qui permettait de les constituer par une alliance et dans la liberté, l'autre qui acceptait de les voir naître de la tyrannie.
Paris, Europe assistance d’Athènes
«Il y a eu deux phases dans l’implication de la France, explique Vivien Pertusot de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Avant le référendum, la France essayait de jouer ce rôle de trait d’union, mais sans l’assumer publiquement. Après le référendum, la France a été beaucoup plus claire.»
À Berlin de prouver que sa posture stratégique a vraiment changé
L'Allemagne a annoncé qu'elle allait publier en 2016 un nouveau Livre blanc sur la défense. Cet exercice pourrait illustrer que les signaux positifs, mais dispersés, lancés par l'Allemagne depuis un peu plus d'un an auguraient d'un réel changement de posture stratégique, gage d'une reprise sérieuse de la coopération franco-allemande en matière de sécurité et défense et d'un éventuel co-leadership franco-germano-polonais pour la défense européenne.
Bruxelles, Strasbourg, les eurosceptiques sont dans la place, et après ?
En Europe, depuis quelques semaines, les appels au changement se multiplient au Royaume-Uni, en Espagne, en Grèce, en Pologne. Cette nouvelle donne politique dans plusieurs Etats membres va-t-elle influencer le cours de l'Europe ? Les institutions européennes sont-elles assez fortes pour "digérer", voire surmonter cette désunion ? A l'avenir, l'Union en ressortira-t-elle amoindrie ou différente ?
Vivien Pertusot et Coralie Delaume, journaliste, blogueuse, auteure, étaient les invités de l'émission "Dimanche, et après ?" animée par Olivia Gesbert.
Ecouter l'émission.
10 ans après le veto français
Vivien Pertusot est interrogé par Olivier Hanrion sur l'anniversaire des 10 ans du véto français au traité constitutionnel européen.
Ecouter l'entretien.
"Une question qui dépasse largement les frontières britanniques"
Vivien Pertusot répond aux questions de Stéphanie Saltis sur le référendum britannique sur son appartenance à l'Union européenne et les négociations à venir avec les partenaires européens.
Victoire de David Cameron aux élections en Grande-Bretagne
Les Britanniques vont-ils sortir de l'Europe ? Après sa large victoire aux législatives, le conservateur David Cameron a confirmé son intention d'organiser un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'UE dans les deux prochaines années. Brexit, or not Brexit ? Débat sur le British exit avec Richard Corbett (eurodéputé travailliste), Graham Watson (Président du parti des libéraux et démocrates européens), Vivien Pertusot (Ifri Bruxelles), Jean Quatremer (Libération), Pauline Armandet (Revue de presse).
La défense européenne veut sortir de sa somnolence
L'Union de l'Energie, qu'est-ce-que c'est ?
Le projet d'Union de l'énergie a été lancé par la Commission européenne le 25 février. Quel est son objectif ? Quelles sont ses limites ? Le tour de la question en vidéo, avec les explications de Marie-Claire Aoun, Directeur du Centre Energie de l'IFRI.
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