Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Paris/Berlin : de l'histoire à la durée ?

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 84, n° 4, hiver 2019
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 4 2019
Accroche

Le « couple franco-allemand » a historiquement légitimé la construction européenne, puis celle de l’Europe issue de l’effondrement bipolaire. Les images croisées de l’autre et les affirmations nationales suscitent aujourd’hui entre Paris et Berlin d’innombrables divergences. Mais dans le contexte de l’émergence des nouvelles puissances, du retrait américain, du Brexit, le binôme franco-allemand reste attendu et nécessaire pour définir la place des Européens dans un nouveau monde.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

On connaît la fable-express : « Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre. Moralité : L’un d’eux s’ennuyait au logis… » Qui s’ennuie le plus, des Français ou des Allemands, de l’usure d’un couple qui nous assure à tout propos de sa fraîcheur ?


Tout une histoire


Bien sûr, les choix fondamentaux remontent aux années 50 et 60. Et les années 1970 avec Giscard et Schmidt, puis les années 1980 avec le 25e anniversaire du traité de l’Élysée, comptent, pèsent dans la pérennisation d’un binôme central pour la construction européenne. Mais ce sont les années 1990 qui redéfinissent ce dernier dans le monde neuf que génère l’effondrement soviétique. Les équilibres globaux sont renversés en Europe. Et l’Allemagne réunifiée pèse d’un poids nouveau dans un enchevêtrement de géopolitiques inédit.


Dans cette nouvelle géographie, l’objectif français est d’encadrer la réunification allemande en recréant des équilibres dans le vide stratégique qui se creuse au centre et à l’est du Vieux Continent. L’insistance de François Mitterrand sur la reconnaissance de la ligne Oder-Neisse, la proposition d’avancées décisives dans la construction européenne, l’idée de la « confédération européenne », qui eût évité un élargissement trop rapide de ce qui était alors la Communauté : tout renvoie alors, pour Paris, à l’acceptation d’une Allemagne unifiée mais sous surveillance. Les institutions de ce qui devenait l’Union européenne avec le traité de Maastricht, et la création de l’euro, voulaient tout autant « ancrer » – pour reprendre un terme alors souvent usité – l’Allemagne nouvelle dans une nouvelle Europe.


Du côté allemand, et en dépit des lourdes charges de la réunification, il s’agissait à la fois d’assumer et de domestiquer un nouveau sentiment national. De revendiquer son poids sans trop faire peur par l’importance démographique, la richesse économique, ou la redécouverte, au centre de l’Europe, d’une zone et d’une politique d’influence classiques. Ce double besoin se traduisait directement dans la posture allemande vis-à-vis de Paris. Depuis la fin des années 1940, la France a toujours eu une fonction de légitimation pour l’Allemagne fédérale. Ce fut encore le cas dans les années 90, où Paris était aussi la mesure nécessaire de la puissance allemande dans la nouvelle Europe. Le pays-partenaire vis-à-vis duquel il fallait s’affirmer (voir l’exigence d’un changement dans l’équilibre des représentations lors de la négociation du traité de Nice), avec lequel il fallait se comparer, même à contrecœur (voir l’investissement progressif, même si modéré, des Allemands dans les opérations militaires extérieures, qui s’amorce alors). […]


PLAN

  • Tout une histoire
     - Un binôme qui sait s’adapter
  • Des images en perpétuelle mutation
  • Se redéfinir dans un nouveau monde
     - Nous sommes d’accord sur tout, mais sur quoi ?
  • Se re-marier ?


Dominique David est conseiller du président de l’Ifri.

Decoration

Contenu disponible en :

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Paris/Berlin : de l'histoire à la durée ?

Decoration
Auteur(s)
Photo
dominique_david_nb.jpg

Dominique DAVID

Intitulé du poste

Président du Centre franco-autrichien pour le rapprochement en Europe (CFA), conseiller du président de l’Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et co-directeur du Ramses

Image principale

État islamique : l’autre menace

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

L’État islamique est aujourd’hui en recul en Irak et en Syrie. Il a cependant suscité l’adhésion de multiples branches et soutiens dans de nombreux pays. Inégaux dans leurs moyens, ces groupes représentent un nouveau défi dans un contexte international incertain, défi qui pourrait s’aggraver avec le recul de l’EI au Proche-Orient et le retour dans leurs pays des djihadistes. Les régions d’Asie du Sud et du Sud-Est pourraient être particulièrement concernées.

Philippe BANNIER
Image principale

La Turquie, entre coup d’État et référendum

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Le putsch de juillet 2016 a été un vrai traumatisme, mais aussi l’occasion pour le régime d’aggraver la répression interne, et de tenter de faire passer son projet de réforme constitutionnelle. Celui-ci instaure un président disposant de tous les pouvoirs, sans réel contrôle. La radicalisation de l’AKP a des conséquences politiques internes, mais aussi économiques et diplomatiques, en particulier quant à la posture du pays vis-à-vis de l’Union européenne.

Ahmet INSEL
Image principale

Stabilité et croissance en zone euro : les leçons de l’expérience

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

La crise des dettes souveraines a agi comme un révélateur des déséquilibres et dysfonctionnements de la zone euro. Si la situation des pays de la périphérie a pu être stabilisée, les craintes se portent désormais sur les pays du centre qui – par la taille de leur économie – font peser un risque systémique sur toute l’Europe. Pour retrouver le chemin de la croissance, le nouveau gouvernement français doit réduire sérieusement les dépenses publiques et favoriser la compétitivité des entreprises.

Alain FABRE
Image principale

Les politiques européennes et le futur de l’euro

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Les causes de la crise économique et financière qui a touché la zone euro en 2008-2009 ont été mal analysées. En conséquence, les remèdes adoptés se sont révélés contre-productifs. Les déficits publics se sont creusés et les divergences entre pays du sud et du nord de l’Europe se sont accentuées. Pour relancer la croissance de manière durable dans l’Union européenne, une plus grande solidarité entre États membres s’impose et une stratégie d’investissements publics doit être élaborée.

Paolo GUERRIERI

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 4 2019
Dominique DAVID, « Paris/Berlin : de l'histoire à la durée ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 décembre 2019.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 4 2019

Paris/Berlin : de l'histoire à la durée ?