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Révolutions de l'an 1989 : fin d'un monde, naissance d'un siècle

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Couverture PE n°3-4 2000
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Que reste-t-il de l’année 1989 ? D’un côté, l’empire soviétique s’effondre, l’Europe de l’Est est libérée, la Yougoslavie se disloque, une kyrielle d’États s’édifient sur les ruines du communisme, et partout semble triompher le modèle occidental de développement économique, politique et social. Dix ans plus tard, l’euphorie des peuples a disparu ; l’héroïsme des libérateurs s’est plié au rigorisme des gestionnaires ; l’ouverture démocratique a parfois débouché sur la guerre ; et l’espoir des intellectuels accouché d’un renoncement au mythe de la troisième voie. À la charnière de deux époques, l’année 1989 semble avoir enfoui le souvenir du monde d’hier sous les turbulences du siècle nouveau, emmené par les États-Unis dans l’âge naissant de la globalisation.

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Archive de Politique étrangère
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L'année 1989 commence par le retrait des armées soviétiques d'Afghanistan et se termine par la chute du régime Ceaucescu en Roumanie. Entre ces deux événements ont lieu les négociations entre l'opposition et le gouvernement en Pologne et en Hongrie qui conduisent, à terme, au démontage du communisme dans les deux pays. Puis le communisme s'effondre en Allemagne de l'Est, en Tchécoslovaquie et en Bulgarie. L'Union soviétique perd le contrôle de l'Europe centrale et orientale et entame son implosion, officialisée en 1991.


Il y a dix ans, le monde eut l'impression d'assister à des événements historiques majeurs, comparables à la Révolution française, à la révolution américaine, au printemps des peuples de 1848 ou à la révolution russe de 1917. Des décennies de guerre froide s'achèvent alors ; la menace de destruction totale prend fin ; un monde bétonné, bipolaire, s'évanouit. Pour les uns, ce grand chamboulement signifie « la fin de l'histoire » - au sens philosophique du terme -, une alternative à l'ordre libéral et démocratique paraissant inconcevable. Pour d'autres, l'histoire vient au contraire d'ouvrir grand ses portes : des pays, des peuples, des continents peuvent enfin modeler leur destin comme bon leur semble. D'autres encore craignent que cette année mémorable ne provoque des cataclysmes : chaos, guerres civiles, conflits ethniques... Le monde bipolaire garantissait, quoi qu'on en dise, une forme d'ordre et de prévisibilité. Constatant sa disparition, certains auteurs annoncent le retour des démons du passé. Pour de nombreux observateurs, le début des guerres yougoslaves est l'occasion de rappeler que les Première et Seconde Guerres mondiales comme la guerre froide ont commencé précisément sur ce bout de terre situé entre l'Orient et l'Occident, ancien carrefour des empires et de trois religions, la chrétienté occidentale, l'orthodoxie et l'islam.


Par ricochet, les événements de 1989 ont influencé la situation interne de l'Occident. La réunification allemande accélère l'intégration européenne, et l'expansion de la démocratie dans le monde s'accompagne d'une déstabilisation dans plusieurs vieux Etats démocratiques. Antérieurement, le sentiment de danger extérieur ne favorisait pas le questionnement critique de l'ordre politique. La concurrence systémique disparue, les États démocratiques ne peuvent compter que sur les sources intérieures de légitimité et les critères internes de succès ou d'échec. Leurs citoyens sont plus critiques face aux phénomènes qu'ils avaient tendance à tolérer auparavant, comme le manque de transparence ou la corruption. Aux côtés de la politique et de l'économie, l'importance des considérations éthiques semblent s'accroître sans cesse. […]

 

Aleksander Smolar est chargé de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) (Laboratoire d’analyse des systèmes politiques). 

 

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Révolutions de l'an 1989 : fin d'un monde, naissance d'un siècle

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Auteur(s)
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Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?

Date de publication
21 décembre 2020
Accroche

Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.

Robert TOMBS
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La coopération militaire franco-britannique après le Brexit

Date de publication
21 décembre 2020
Accroche

Les questions de défense n’ont pas été sérieusement intégrées aux négociations du Brexit. Mais la redéfinition des priorités stratégiques américaines laisse à Londres peu d’espoir d’un special partnership égalitaire. Le retour de la France à une conception « gaullienne » de puissance d’équilibre pourrait par contre ouvrir la voie à un nouveau partenariat, qui ne prendrait toute son efficacité que dans le cadre d’une Alliance rééquilibrée et plus « européanisée ».

Adrien ABÉCASSIS Jolyon HOWORTH
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Les relations anglo-américaines après le Brexit : et moins si affinités ?

Date de publication
21 décembre 2020
Accroche

Le retour de la compétition des puissances, et l’érosion des moyens économiques et militaires britanniques mettent en cause la traditionnelle posture de suivisme de Londres vis-à-vis de Washington. Le Royaume-Uni ne pèse plus assez auprès des États-Unis, ni pour obtenir un accord commercial privilégié, ni en matière stratégique. Face au déclin inévitable de la relation bilatérale, Londres ne pourrait retrouver un poids diplomatico-stratégique que dans une Alliance atlantique rééquilibrée.

Robert SINGH
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La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin

Date de publication
21 décembre 2020
Accroche

La vision britannique des rapports du Royaume-Uni au monde renvoie à la fois à la géographie et à l’histoire d’une puissance impériale. Mais le Brexit éclaire durement les changements du positionnement britannique : illusions sur la bienveillance américaine ; dépendance vis-à-vis des normes européennes sans pouvoir peser sur elles ; limitation des moyens d’influence extérieure. Union européenne et Royaume-Uni doivent trouver les moyens d’une nouvelle coopération, en particulier dans le domaine de la sécurité.

Stephen WALL

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Couverture PE n°3-4 2000
Aleksander SMOLAR, « Révolutions de l'an 1989 : fin d'un monde, naissance d'un siècle », Politique étrangère, Articles, Ifri, 29 novembre 2000.
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Couverture PE n°3-4 2000

Révolutions de l'an 1989 : fin d'un monde, naissance d'un siècle