Nationalismes en Chine et au Japon et implications pour les relations bilatérales
Le facteur nationaliste apparaît comme une composante importante des frictions grandissantes opposant la Chine et le Japon.
Au Japon, l’accession de Shinzo Abe pour la seconde fois au poste de Premier ministre, et l’arrivée historique sur la scène politique d’un parti d’extrême droite a renforcé l’impression de franc virage à droite. L’opinion publique est aujourd’hui également plus réaliste face aux menaces directes à la sécurité de l’archipel.
Cette montée en puissance du néonationalisme nippon, qui comporte une dimension antichinoise significative, ne doit toutefois pas être caricaturée comme celle d’un militarisme agressif. Elle reste en outre fortement contenue par les garde-fous démocratiques.
En Chine, la nouvelle équipe dirigeante menée par Xi Jinping emploie avec encore plus de vigueur que la précédente des concepts à connotations patriotiques et nationalistes, tout en se concentrant sur les objectifs traditionnels de développement économique et de stabilité politique. Dans ce contexte, l’utilisation du nationalisme antijaponais par le Parti ne doit pas être surestimée : il est toléré dans une certaine mesure, mais contrôlé voire réprimé dès que les risques de débordements apparaissent.
Le nationalisme est un facteur parmi d’autres dans la mise en place de la politique étrangère chinoise et japonaise. D’autres éléments clés doivent être pris en compte, qui le modèrent ou au contraire l’exacerbent. Les éléments de contrôle des nationalismes restent présents mais se révèlent moins efficaces face à la radicalisation et la sensibilité des opinions publiques. L’accélération des temps des nationalismes et des provocations se combinent aux perceptions de plus en plus antagonistes pour accroître le dilemme de sécurité. Les tensions sont aujourd’hui si fortes qu’un point de non-retour semble avoir été atteint, qui rend impossible la restauration du statu quo ante d’une part, et la réconciliation sur de nouvelles bases d’autre part.
Alice Ekman est chercheur associé au Centre Asie de l’Ifri, spécialiste de la Chine, et maître de conférences à Sciences Po Paris.
Céline Pajon est chercheur au Centre Asie de l’Ifri, spécialiste du Japon.
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