Trente ans après la chute du Mur : l'unité allemande
Ce texte est la retranscription du discours prononcé par Stephan Steinlein, Secrétaire d’État, chef du Bureau du Président de la République fédérale d’Allemagne, le 4 novembre 2019 à la résidence de l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne, hôtel Beauharnais, à Paris.
"Quand l’Ambassadeur, voici quelques mois, m’a invité à parler de l’unité allemande, je ne me suis pas douté de l’ampleur du défi qu’il me lançait.
Après les résultats des scrutins du Brandebourg, de Saxe et de Thuringe, chacun en Allemagne retourne cette question, et les réponses, bien sûr contradictoires, abondent.
Je suis certes originaire de l’Allemagne de l’Est, mais je ne suis pas spécialiste de l’Allemagne de l’Est. Depuis presque trente ans, j’ai travaillé pour l’Allemagne réunifiée, à Bonn, à Varsovie, à Berlin. J’ai été jeune diplomate en Pologne, j’ai travaillé à la Chancellerie sous le chancelier Schröder, j’ai été chef de cabinet pour le leader de l’opposition au Bundestag, j’ai occupé plusieurs fonctions au ministère des Affaires étrangères, et travaille aujourd’hui pour la présidence fédérale.
Pour parler de l’unité, je ne puis me limiter à la question Est-Ouest. Bien d’autres clivages divisent le pays. L’Allemagne de 2019 est un pays en transition, de nouveau à la recherche de son identité, de son unité, de son avenir. Et c’est de cette Allemagne que je voudrais vous parler.
Mes propos s’articuleront en trois temps. Je parlerai d’abord du double visage de l’Allemagne d’aujourd’hui : une Allemagne stable, sûre d’elle-même d’un côté, de l’autre une Allemagne tourmentée, divisée, un pays en transition à nouveau hanté par son passé, à la recherche de son destin. Puis je tenterai d’expliquer brièvement l’évolution politique et sociétale qui a conduit à cette ambivalence.
Enfin, j’essaierai de partager avec vous quelques idées sur ce que l’on pourrait mettre en œuvre pour lutter contre les divisions, anciennes et nouvelles, qui déchirent l’Allemagne actuelle. Et dans cette logique, j’aborderai le rôle que peut jouer le président fédéral dans une telle période de transition, avant de conclure par quelques remarques sur le couple franco-allemand. [...] "
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