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Guerre au Moyen-Orient : quels effets de bord en Russie et en Asie ?

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La guerre en cours au Moyen-Orient a de multiples impacts, notamment dans le domaine économique en raison de la flambée des prix des hydrocarbures. Comment ceci impacte-t-il les pays des BRICS, et plus spécifiquement, la Russie, la Chine et l’Inde ?

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Guerre au Moyen-Orient : quels effets de bord en Russie et en Asie ?
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Cette conférence fait suite à un premier point de situation organisé par l'Ifri le 11 mars 2026.

La Russie : entre opportunisme économique et limites stratégiques
  • Impuissance diplomatique et militaire : Moscou ne parvient pas à dissuader les attaques contre ses partenaires, comme l'Iran, ni à peser sur le règlement du conflit. Les livraisons d'armes russes à l'Iran restent limitées à du matériel anti-insurrectionnel, la Russie étant elle-même absorbée par le théâtre ukrainien.
  • Manne pétrolière et budgétaire : la fermeture potentielle du détroit d'Ormuz profite à la Russie par la hausse des prix du brut (rapprochement des prix de l'Urals vers le Brent) et des engrais. Cependant, ces gains pourraient être érodés à long terme par une baisse de la demande globale et des perturbations logistiques, notamment pour le corridor Nord-Sud.
  • Impact sur l'Ukraine : le Kremlin mise sur un détournement de l'attention et des munitions occidentales (systèmes Patriot) au profit de ses propres positions en Ukraine. Toutefois, la méfiance grandit envers Donald Trump, perçu par certains comme s'inscrivant dans la lignée des administrations interventionnistes.

La Chine : une vulnérabilité économique majeure
  • Sécurité énergétique : Pékin subit le conflit plus qu'il ne le dirige, avec 50 % de ses approvisionnements pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz. La hausse des prix à la pompe et des coûts de production menace la compétitivité de ses exportations.
  • Impuissance stratégique : malgré son image de grande puissance, la Chine reste incapable de médiation réelle ou de protection militaire de ses intérêts dans la région. Elle adopte une position prudente pour ne pas compromettre ses relations variées avec tous les États du Golfe.
  • Scénarios : une crise durable affaiblirait l'économie chinoise (consommation, industrie électronique) mais validerait son récit du déclin de l'Occident et détournerait les États-Unis du théâtre asiatique.

L'Inde : une économie sous tension
  • Dépendance humaine et énergétique : l'économie indienne est liée au Golfe par ses 10 millions de travailleurs expatriés (50 milliards de dollars de transferts de fonds annuels) et sa dépendance massive au gaz naturel (GNL), dont 90 % provient de la région.
  • Équilibre diplomatique précaire : fidèle à son principe d'autonomie stratégique, l'Inde peine à maintenir un équilibre, ses intérêts penchant vers Israël, les États-Unis et les monarchies du Golfe, au détriment de sa relation historique avec l'Iran. Elle subit également une certaine "humiliation" face aux actions militaires américaines non coordonnées dans sa zone d'influence.

Économie mondiale : un nouveau choc asymétrique
  • Propagation de l'inflation : le choc n'est pas seulement pétrolier mais touche aussi le gaz (prix doublés en Europe) et les intrants industriels (hélium, soufre, engrais). La BCE et la Fed revoient leurs trajectoires, avec une perspective de maintien ou de hausse des taux d'intérêt.
  • Fracture Europe/États-Unis : l'Europe est plus exposée directement aux prix de l'énergie, tandis que les États-Unis, bien qu'exportateurs nets, font face à une inflation initiale mal maîtrisée.
  • Commerce international : après une année 2025 résiliente, un fort ralentissement est anticipé pour 2026, aggravé par les coûts logistiques et les politiques protectionnistes. Le conflit agit comme un révélateur de la vulnérabilité de l'économie mondiale et accélère l'agenda de la sécurité économique et de la souveraineté pour les grandes puissances.
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Tatiana KASTOUÉVA-JEAN

Intitulé du poste

Directrice du Centre Russie/Eurasie de l'Ifri

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Marc JULIENNE

Intitulé du poste
Directeur du Centre Asie de l'Ifri
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Sylvia MALINBAUM

Sylvia MALINBAUM

Intitulé du poste

Chercheuse, responsable de la recherche sur l'Inde et l'Asie du Sud, Centre Asie de l'Ifri

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Sébastien JEAN

Sébastien JEAN

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Directeur associé de l'Initiative géoéconomie et géofinance de l'Ifri

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Marc HECKER

Marc HECKER

Intitulé du poste

Directeur exécutif de l'Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et chercheur au Centre des études de sécurité de l'Ifri