Politique étrangère
La souveraineté dans la Russie de Vladimir Poutine
Les usages multiples et contradictoires du concept de souveraineté, qui, au-delà de son contenu politico-juridique, a acquis une dimension civilisationnelle de plus en plus prononcée, sont emblématiques de la radicalisation du régime de Vladimir Poutine et de son révisionnisme. Le président russe divise le monde entre États souverains et colonies. Il accuse l'Occident d'expansionnisme et laisse clairement entendre que les frontières de la Russie pourraient s'étendre.
Le Brésil à l'aube de la présidentielle
En une décennie, le Brésil est passé du statut de puissance émergente – alliant croissance économique, renouveau démocratique et ambitions internationales – à celui de pays en crise, gouverné par un président populiste. En octobre 2022, les électeurs devront choisir entre deux candidats – Jair Bolsonaro et Lula – qui incarnent des options politiques radicalement différentes. Parmi les enjeux de ce scrutin figurent la corruption, la militarisation de la vie publique et l'environnement.
Le XXe Congrès du Parti communiste chinois : le renouvellement introuvable
Le XXe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC), prévu pour l'automne 2022, devrait être celui de l'immobilisme. La probable reconduction au pouvoir de Xi Jinping, au-delà de deux mandats, remet en cause les règles de succession en vigueur. Le PCC est une organisation vieillissante et de moins en moins transparente, où le culte du chef restreint les discussions internes, remettant en question sa capacité d'adaptation et sa survie à long terme.
La dette publique du Japon : genèse et soutenabilité
L'endettement public du Japon a été multiplié par cinq depuis 1980 et dépasse les 250 % du produit intérieur brut. Ce niveau est nettement supérieur à celui de tous les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Toutefois, la baisse des taux a permis de diviser par deux la charge du service de la dette. Pour l'heure, la dette japonaise – qui est essentiellement domestique – paraît soutenable et ne semble pas faire courir de risque imminent à l'économie de l'archipel.
Le Liban, terre d'affrontement entre l'Arabie Saoudite et l'Iran
L'Arabie Saoudite cherche depuis des années à contrer l'influence de l'Iran au Liban. Jusqu'alors, les efforts de Riyad n'ont guère été couronnés de succès, la mainmise du Hezbollah – principal allié de Téhéran – ne faisant que se renforcer. Les élections législatives de mai 2022 ont abouti à un résultat contrasté pour les Saoudiens. Le camp pro-iranien a perdu sa majorité, mais il a néanmoins réussi à faire élire le président du Parlement. Un nouveau blocage des institutions menace.
Le renouveau des mouvements pour la restitution du patrimoine africain
Les demandes de restitution de biens culturels acquis pendant la période coloniale ont démarré dans la foulée des indépendances des pays africains. Elles ont eu peu d'effets jusqu'au début des années 2010. Depuis une décennie, les restitutions prennent de l'ampleur. Différentes organisations de la société civile, basées en Europe ou en Afrique, utilisent des techniques modernes de communication pour attirer l'attention des médias et mettre la pression sur les gouvernements européens.
Guerre en Ukraine : un changement de monde ?
Au-delà de ses enjeux tactiques, multiples sont déjà les conséquences du conflit ukrainien, plus nombreux encore seront ses suites sur le système mondial. Politique étrangère parcourt ces perspectives dans un dossier exceptionnel.
Guerre en Ukraine : Schumpeter au pays des Soviets ?
Le 24 février 2022, la Russie a envahi l'Ukraine. Le plan initial imaginé par Moscou visait à conquérir rapidement Kiev, à la manière de la doctrine américaine « choc et effroi ». Les Russes avaient cependant sous-estimé la cohésion de la nation ukrainienne et l'efficacité des troupes de ce pays. Ne réussissant plus à progresser, l'armée russe a choisi de concentrer ses opérations sur le Donbass et la côte de la mer Noire, où elle fait face à une forte résistance.
Algérie : une restauration musclée
L'élection du président Tebboune, suivie de la pandémie de Covid-19, a marqué l'épuisement d'un Hirak massif, mais qui avait échoué à se constituer en alternative politique. La répression ne peut cependant masquer l'absence de renouvellement du pouvoir et la persistance des problèmes économiques. À l'extérieur, les relations avec le Maroc se dégradent suite à son rapprochement avec Israël, et les relations avec la France sont toujours marquées par les rivalités de mémoires.
Les conséquences de la guerre d'Ukraine pour le secteur de l'énergie
Le déclenchement de la guerre en Ukraine a renforcé les chocs sur les marchés énergétiques. L'Union européenne a compris soudainement le coût de sa dépendance aux hydrocarbures russes et cherche depuis lors à accélérer la diversification de ses approvisionnements et de son mix énergétique. Elle devra aussi apprendre à réduire sa consommation. Au-delà de l'Europe, les impératifs de sécurité énergétique semblent avoir pris le pas sur les objectifs climatiques.
Ukraine : comprendre la résistance
L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 n'a pas abouti au résultat escompté par Vladimir Poutine. Les troupes russes ont en effet été confrontées à une forte résistance de l'armée ukrainienne et, plus largement, de la population. L'ampleur et l'efficacité de cette résistance peuvent être expliquées par le développement du sentiment national ukrainien depuis 2014 et par la mise en place, à partir de la même année, d'un réseau de volontaires lié au conflit dans le Donbass.
Une nouvelle architecture de sécurité pour l'Europe ?
Une architecture de sécurité est un ensemble normatif et institutionnel surplombant un système plus ou moins stable de sécurité. Quels que soient les résultats sur le terrain, la guerre d'Ukraine se soldera sans doute par une nouvelle fracture européenne, avec une ligne de division beaucoup plus à l'est que celle de la guerre froide. Une nouvelle architecture de sécurité n'est donc pas en vue, même si les puissances peuvent s'accorder sur des normes de stabilisation visant à réduire le danger.
L'Europe centrale et orientale face au concept de zone d'influence
Le concept de zone d'influence est aussi ancien que la politique internationale. Il a connu un essor particulier avec la rivalité des empires au centre de l'Europe et les écoles géopolitiques du XXe siècle. La fin de la guerre froide a fait disparaître du continent ce concept que Poutine tente de restaurer à travers ses fantasmes de retour à l'empire russe et à l'hégémonie régionale. La réponse de l'Occident est garante de la sécurité globale en Europe face à un dangereux retour en arrière.
L'Algérie à la recherche d'une diplomatie égarée
Hier phare du tiers-monde, la diplomatie algérienne connaît une éclipse depuis la fin des années 1980. En dépit des efforts des débuts de la présidence Bouteflika, Alger s'est marginalisée face aux désordres de la région : Sahara occidental, printemps arabes, instabilité tunisienne, anarchie libyenne, déstabilisation du Sahel. L'Algérie amorce un réengagement régional mais, au-delà, le rapprochement vis-à-vis des États-Unis et de l'Union européenne reste ambigu, et la carte chinoise ambivalente.
Algérie et Maroc : deux visions géopolitiques et sécuritaires
La rivalité entre l'Algérie et le Maroc remonte à l'indépendance algérienne et au débat sur la délimitation des frontières post-coloniales. L'affaire du Sahara occidental est venue se greffer sur cette opposition géopolitique. Après une relative accalmie, la rivalité a repris au début de cette décennie, poussant les deux pays à chercher des soutiens extérieurs en matière diplomatique et d'armement. La rivalité locale pourrait désormais s'inscrire dans une dynamique élargie.
Alger au Sahel : stabilité et sécurité
Entourée d'une Libye et d'un Sahel plongés dans la tourmente, Alger tente de redéfinir son rôle régional après la longue parenthèse Bouteflika. Puissance incontournable de la région, elle joue pour ce faire de son héritage d'une diplomatie de dialogue, affirmant de plus en plus ses choix propres : coopérations bilatérales, organisation d'une réponse régionale à l'instabilité, diplomatie économique, dans une logique qui demeure méfiante vis-à-vis des acteurs extérieurs à la zone.
L’Union européenne peut-elle apaiser les rapports Paris-Alger ?
L'Algérie et l'Union européenne (UE) sont liées par un accord d'association entré en vigueur en 2005, mais cet accord n'a pas permis d'insuffler les réformes attendues par Bruxelles. La Politique européenne de voisinage offre néanmoins des avantages et opportunités. Son côté technocratique et pragmatique peut permettre de conduire des coopérations de manière dépassionnée, même si les tensions récurrentes entre Paris et Alger ne manquent pas d'affecter la relation avec l'UE.
Influence et nuisance dans les relations internationales
Pour imposer leur volonté sans utiliser la force, certains États déploient des stratégies d'influence. Selon la nature de leur régime, ils recourent plus ou moins à la séduction, l'attractivité, la contrainte, la nuisance ou encore la rémunération. Ces stratégies se déploient par différents canaux : médias, culture, éducation, entrisme et technologies numériques. Les pays européens prennent progressivement conscience de ces défis, mais ils se doivent d'agir plus vigoureusement.
Syrie : un conflit gelé en trompe-l’œil
La baisse des violences pourrait laisser penser que la guerre en Syrie est en passe de prendre fin. En fait, le conflit est temporairement gelé mais les conditions d'une reprise des hostilités sont bel et bien présentes. Le pays est actuellement divisé en quatre zones contrôlées respectivement par le régime épaulé par Moscou et Téhéran ; par l'administration autonome du Nord-Est soutenue par Washington ; par la Turquie ; et les djihadistes d'Hayat Tahrir Al-Sham. Le statu quo risque de ne pas durer.
La Chine et le concept de troisième pôle
Pour légitimer son intérêt pour la gouvernance et les ressources de l'Arctique, la Chine promeut le concept de troisième pôle, constitué de l'Himalaya et du plateau tibétain. Ce concept fait l'objet de représentations cartographiques originales qui placent la Chine au centre du monde, entre l'Arctique et l'Antarctique. Ces représentations tranchent avec les cartes européocentrées qui prédominent dans les pays occidentaux. Elles font partie du soft power de Pékin.
Ukraine : entre deux paix ?
Nous sommes rentrés dans le monde de la guerre. Politique étrangère propose dans un premier dossier un faisceau d’analyses permettant de mieux comprendre les dynamiques militaires et politiques à l’œuvre dans une Europe qui se rêvait hier en paix perpétuelle. L’affrontement direct entre Kiev et Moscou oppose deux systèmes militaires et de défense aux logiques, aux forces, aux faiblesses dissymétriques, que nous découvrons aussi au fil du conflit.
Où en est l'Accord de Paris sur le climat ?
À la COP26, l'objectif de maintenir le réchauffement en-deçà de 1,5 °C s'est imposé comme cible de long terme. Cette visée n'est pas en cohérence avec les contributions que les États ont déposées pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Pour accélérer la transition, ils devront s'accorder sur des transferts financiers d'une autre ampleur, introduire une réelle tarification carbone redistributive au niveau international et organiser la sortie des énergies fossiles.
Un an après le coup d’État : une Birmanie en déroute
Le coup d'État de février 2021 s'est heurté à une résistance que les militaires n'attendaient pas : manifestations, boycotts, glissement vers une résistance armée s'opposant à la répression du pouvoir. Les éléments d'une véritable guerre civile sont en place, alors que l'ASEAN étale son impuissance, que les Occidentaux réagissent mollement et que Russie et Chine appuient discrètement le régime militaire pour sauvegarder leurs intérêts stratégiques : le corridor des Nouvelles routes de la soie ou les ventes d'armes.
La diplomatie climatique sino-américaine
Lors de la COP26, Pékin et l'administration Biden se sont engagés à raviver la coopération sino-américaine sur le climat, au nom de leur intérêt commun à préserver sa stabilité. La tentative d'isoler cette question des nombreux différends qui opposent la Chine et les États-Unis a pourtant de maigres chances d'aboutir. Les deux plus grands émetteurs mondiaux devront améliorer le cadre général de leur relation bilatérale pour pouvoir, ensuite, collaborer étroitement et efficacement sur le climat.
Éthiopie : dynamiques de la guerre civile
L'Éthiopie est en proie à la guerre civile depuis novembre 2020. Les hostilités ont déjà connu plusieurs phases. Le pouvoir central a d'abord tenté d'écraser la rébellion tigréenne, mais celle-ci a réussi une contre-offensive spectaculaire. Se sentant menacé, le régime d'Abiy Ahmed a réagi vigoureusement, aidé par des approvisionnements d'armes étrangères. Au début de l'année 2022, la situation est des plus instables et aucune issue au conflit n'est en vue.
Introduction : un bilan de la COP26
L'année 2022 marque les trente ans de l'adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Depuis 1992, ses 197 parties tentent d'articuler leurs efforts pour maîtriser les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et prévenir les dangers du réchauffement climatique.
L'impossible gestion de la diversité en Irak
Éclaté entre logiques chiites, sunnites et kurdes, le système irakien ne peut trouver en soi la force de se réformer. Il fonctionne ainsi sous influences extérieures, des puissances globales (États-Unis) ou régionales (Iran, Turquie…). Les pays arabes, et particulièrement l'Arabie Saoudite, semblent vouloir renouer avec le pays ; et l'Union européenne développer une stratégie repensée. Ces parrainages pourraient favoriser un équilibre interne permettant à l'Irak d'éloigner le spectre de la guerre civile.
Comment parvenir à la neutralité carbone ?
Le réchauffement climatique et la nécessité de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre imposent de redéfinir en profondeur les systèmes énergétiques de demain. Industries et sociétés doivent s'engager urgemment dans ce vaste mouvement de transformation. Pour réussir le pari de la décarbonation, il faudra pouvoir compter sur la cohérence des politiques énergétiques, une logique inclusive et des investissements soutenus dans l'innovation technologique.
Les financements-climat vers l'Afrique : charge ou opportunité ?
L'Afrique est à la fois une victime et un contributeur croissant du changement climatique, mais aussi une solution partielle grâce à la richesse de ses milieux naturels. Au regard des besoins du continent, les montants limités de la finance-climat génèrent des frustrations sans issue. Pour sortir de l'impasse, l'attention devrait se tourner vers la manière de soutenir une croissance durable, au bénéfice des Africains, des équilibres environnementaux et de l'économie mondiale.
L’OTAN en Afghanistan : quels enseignements ?
L'incontestable échec de l'OTAN en Afghanistan renvoie à de multiples facteurs : définition tardive de la mission ; tâches multiples de sécurisation, reconstruction, aide au développement, formation de l'armée ; confrontation asymétrique nouvelle ; cohésion imparfaite entre alliés… L'effet négatif sur la réputation de l'Alliance est clair. Celle-ci doit redéfinir sa stratégie autour de sa mission prioritaire de sécurisation en Europe et des formes de conflits hybrides qui s'annoncent.
L’UE peut-elle se doter des moyens de la puissance ?
Les Européens ont mal maîtrisé le processus de retrait des troupes occidentales d'Afghanistan. L'Union européenne, qui mène déjà nombre d'opérations extérieures, dispose pourtant des moyens de décider et d'agir : institutions de la PSDC, Fonds européen de défense, Coopération structurée permanente… L'Initiative européenne d'intervention et la « Boussole stratégique », qui doit être prochainement rendue publique, renforceront ces moyens pour faire peut-être de 2022 l'année de la défense européenne.
Boris Johnson, du Capitole à la Roche tarpéienne ?
Boris Johnson est un personnage atypique qui a su s'attirer les faveurs d'une partie importante des Britanniques, y compris dans des fiefs travaillistes. Sa détermination à achever le Brexit lui a permis de remporter les élections générales de 2019, mais une fois nommé Premier ministre, il a fait l'objet de critiques virulentes pour sa gestion chaotique des affaires. Confronté à des scandales et accusé de mettre à mal la démocratie, il pourrait être contraint de quitter prématurément le pouvoir.
La stratégie économique de l’Iran : entre risque d’effondrement et ouverture incontrôlée
Les sanctions américaines réinstaurées en 2018 et la crise sanitaire ont renforcé l'isolement de l'Iran ainsi que les défis économiques : paupérisation de la classe moyenne, inflation, effondrement de la monnaie, fuite des cerveaux. Seuls une levée des sanctions et un dégel des avoirs iraniens à l'étranger pourraient, via une reprise des flux commerciaux et des exportations pétrolières, améliorer la situation économique du pays et renforcer la base populaire du régime, sérieusement effritée depuis 2009.
Mondialisation du trafic de drogue – une autre globalisation
Le trafic international de drogue est en augmentation. L'essentiel de cette marchandise illicite transite par la voie maritime, les narcotrafiquants ayant recours à des embarcations et des méthodes variées pour mieux tromper la vigilance des autorités. Les saisies sont néanmoins, elles aussi, en hausse. À l'avenir, de nouveaux moyens technologiques devraient permettre aux services chargés de lutter contre les trafics de stupéfiants d'être encore plus efficaces.
Europe : se confronter aux vraies menaces
Les pays européens se préparent officiellement pour une agression russe qui n'aura pas lieu, et que leurs armées n'auraient aucune chance de repousser sans l'aide massive des Américains. Il est temps qu'ils s'organisent pour répondre aux vrais défis qui menacent leur sécurité : une nouvelle déstabilisation dans les Balkans et l'implosion de l'Afrique de l'Ouest. Ils peuvent le faire, à condition de modifier considérablement leur stratégie globale et la logique d'organisation de leurs forces.
Climat : quelle marche suivre ?
Le dossier « Climat : quelle marche suivre ? » fait le point, trente ans après Rio, sur des engagements climatiques sans doute moins brillants, moins assurés, que les proclamations politiques et les emballements médiatiques. Nombre de problèmes de fond demeurent.
Défense européenne : agir à temps
Le moment semble propice pour renforcer la coopération européenne de défense. Les objectifs sont identifiés et clairs : pouvoir déployer une force militaire européenne face à une crise ; pour ce faire, développer des capacités et un marché intérieur de défense. Les institutions existantes – état-major, Agence européenne de défense, embryon d’académie militaire… – sont sous-utilisées. Il est possible de franchir d’importants pas sans révolution institutionnelle, sans modification des traités.
Comment préparer 2050 ? De la « prévoyance » à la « grande stratégie »
La Chine et les États-Unis ont tous deux une « grande stratégie ». Pékin aspire à devenir la première puissance mondiale en 2049, tandis que Washington entend demeurer primus inter pares. Dans ce contexte de compétition entre superpuissances – marqué aussi par la dégradation environnementale, la transformation numérique et la fragmentation sociale –, la France et l’Europe devraient se doter d’une « grande stratégie » et renforcer leurs dispositifs de « prévoyance ».
La politique étrangère de la France : un cap pour les trente prochaines années
Une politique étrangère exprime une société unie qui organise ses rapports avec ses environnements en y défendant ses intérêts. Ces environnements ont, pour la France, considérablement changé depuis la fin de la guerre froide et le début de ce siècle. On peut désormais identifier les lignes de force définissant un nouveau cap – où la construction européenne occupera une place centrale – pour organiser l’ensemble de nos choix de politique étrangère pour les prochaines décennies.
Fin de partie : retour sur l’interventionnisme militaire occidental, 1991-2021
Le retrait d’Afghanistan en août 2021, sur l’échec de l’engagement militaire des États-Unis et de leurs alliés, signe un changement d’approche dans la lutte armée contre le terrorisme et plus généralement un retournement de la politique occidentale d’interventions suivie depuis 1991. Américains et Européens ne peuvent plus compter sur une supériorité stratégique et tactique leur garantissant une faible prise de risque. Ils ont aussi pris conscience qu’en banalisant le recours à la force, ils ont incité d’autres à les suivre dans cette voie.
Soutenez une recherche française indépendante
L'Ifri, fondation reconnue d'utilité publique, s'appuie en grande partie sur des donateurs privés – entreprises et particuliers – pour garantir sa pérennité et son indépendance intellectuelle. Par leur financement, les donateurs contribuent à maintenir la position de l’Institut parmi les principaux think tanks mondiaux. En bénéficiant d’un réseau et d’un savoir-faire reconnus à l’international, les donateurs affinent leur compréhension du risque géopolitique et ses conséquences sur la politique et l’économie mondiales. En 2026, l’Ifri accompagne plus de 90 entreprises et organisations françaises et étrangères.