Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Un an après le coup d’État : une Birmanie en déroute

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 87, n° 1, printemps 2022
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 2022
Accroche

Le coup d'État de février 2021 s'est heurté à une résistance que les militaires n'attendaient pas : manifestations, boycotts, glissement vers une résistance armée s'opposant à la répression du pouvoir. Les éléments d'une véritable guerre civile sont en place, alors que l'ASEAN étale son impuissance, que les Occidentaux réagissent mollement et que Russie et Chine appuient discrètement le régime militaire pour sauvegarder leurs intérêts stratégiques : le corridor des Nouvelles routes de la soie ou les ventes d'armes.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Dire que le coup d’État du 1er février 2021 a échoué est un euphémisme. L’armée qui pensait pouvoir imposer sa loi bute encore sur un mouvement de résistance populaire, déterminé et audacieux, qu’elle n’avait pas anticipé. Fait nouveau : la population, qui vit mal une répression aveugle dans un contexte de pandémie et de difficulté économique, s’organise aussi pour empêcher la junte de réussir et la priver de la capacité à gouverner. Après cinquante ans de fermeture et de contrôle militaire, elle a goûté à l’appel d’air démocratique et voit ce coup d’État comme un anachronisme dont elle refuse la charge pour les générations à venir. Dans ce contexte, rien n’indique que la guerre civile dans laquelle s’enfonce le pays trouve une issue rapide.


Le pays a basculé dans une guerre civile dont les Occidentaux n’ont mesuré ni l’ampleur ni la violence. Les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) redoutent les conséquences de ce chaos sur leur propre situation et sont dans l’embarras d’une décision qui pourrait leur être reprochée. Chine et Russie, qui n’ont toujours pas reconnu le Conseil d’administration d’État (SAC) – nom officiel du gouvernement –, hésitent entre intérêts d’affaires et peur de dommages collatéraux.


Un pays dans l’impasse


Après quelques rumeurs délibérément calibrées et diffusées, la Tatmadaw (nom de l’armée birmane) intervient le 1er février 2021 au matin pour arrêter Aung San Suu Kyi et le président Win Myint ; interdire l’accès du Parlement élu (le scrutin de novembre 2020 a été très favorable à la LND, Ligue nationale pour la démocratie) qui devait se réunir ce jour-là ; proclamer l’état d’urgence pour une période d’au moins un an et confier les pleins pouvoirs au commandant en chef Min Aung Hlaing. Immédiatement, la population réagit : les médecins d’abord, puis les universitaires, les fonctionnaires et enfin une jeunesse qui refuse le fait accompli et un retour en arrière estimé anachronique. Des manifestations s’organisent et prennent de l’ampleur non seulement dans les grandes villes (à Yangon, Mandalay et même Naypyidaw, la capitale), mais aussi dans les villes moyennes (Sittwe, Lashio, Meiktila, Moulmein…) et les villages. Tout le monde y participe, y compris femmes et enfants (voir les « protestations des casseroles »). Depuis les années 2010, une société civile – militants des droits de l’homme, intellectuels, artistes, organisations non gouvernementales (ONG)… – s’est engagée pour la défense des principes démocratiques et alimente la réflexion et l’action politiques. […]


PLAN

  • Un pays dans l’impasse
  • Une armée plus divisée
  • Une économie en difficulté
  • L’ASEAN impuissante ?
  • Les grands partenaires extérieurs


Sophie Boisseau du Rocher est chercheuse associée au Centre Asie de l'Ifri.

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Un an après le coup d’État : une Birmanie en déroute

Decoration
Auteur(s)
Photo
sophie_bdur_nb2.jpg

Sophie BOISSEAU du ROCHER

Intitulé du poste

Ancienne Chercheuse associée, Centre Asie de l'Ifri

Image principale

En attendant le retour de l'Etat...

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.

Alain ANTIL Elodie RICHE Anne SAVEY
Image principale

Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

La crise de la zone euro avait marqué un véritable échec de la politique de l’Union européenne (UE), traduit en performances économiques médiocres et en érosion de sa légitimité politique dans les populations des États membres. La crise de la pandémie du Covid-19 a au contraire, après un flottement initial, montré toute sa réactivité, avec en particulier l’acceptation d’une dette commune. Ce nouveau départ de l’UE doit cependant être confirmé, à la fois politiquement et institutionnellement.

Vivien SCHMIDT
Image principale

L’Union européenne, entre fragmentation et consolidation

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

L’Union européenne (UE) a géré avec succès les effets de la pandémie de Covid-19 et le Brexit a renforcé la cohésion de l’UE autour de l’axe franco-allemand. La confrontation sino-américaine favorise l’unité européenne au sein de l’alliance occidentale. Les controverses sur l’« illibéralisme » peuvent être vues comme une européanisation de la politique intérieure. Pour autant, il n’est pas évident que ces constats entraînent une modification substantielle de l’équilibre entre l’Union et ses États membres.

Maxime LEFEBVRE
Image principale

Après le Brexit et le Covid : quel avenir pour l’Europe ?

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

Les chocs du Brexit et de la pandémie de Covid-19 ont montré la résilience de la dynamique intégratrice de l’Union européenne – avec, en particulier, le plan Next Generation EU. Mais l’adoption de ce dernier a été difficile, et la pandémie a été aussi l’occasion de retours sur des initiatives purement nationales sur l’état de droit, la fermeture des frontières ou la vaccination. La Conférence sur l’avenir de l’Europe permettra-t-elle d’adopter les mutations constitutionnelles qui semblent s’imposer ?

Federico FABBRINI

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 2022
Sophie BOISSEAU du ROCHER, « Un an après le coup d’État : une Birmanie en déroute », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2022.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 1 2022

Un an après le coup d’État : une Birmanie en déroute