La nouvelle Route de la soie. Les ambitions chinoises en Eurasie
Le projet chinois de « nouvelle Route de la soie » vise à constituer un vaste réseau d’infrastructures reliant trois continents, avec la Chine comme clé de voûte.
Il constitue un élément central de la diplomatie régionale de Pékin et sert de laboratoire à un futur nouvel ordre asiatique. Présenté comme une initiative purement économique, ce projet possède un volet stratégique sous-jacent qui vise à l’affaiblissement de la présence américaine en Asie.
Nadège Rolland est directrice de projet pour les affaires politiques et de sécurité au National Bureau of Asian Research (Washington D.C.) depuis 2014. Elle a précédemment été chargée de mission pour l’Asie de l’Est au ministère de la Défense à Paris.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Plan de l’article
Cartographie des routes de la soie
Un instrument au service de la politique intérieure et étrangère de la Chine
Développer et stabiliser l’Ouest chinois
Développement économique et régional
Impératif diplomatique
Jeu de grandes puissances
Desseins stratégiques
Un nouveau Plan Marshall ?
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Argentine : qu’est-ce que le kirchnérisme ?
Nestor et Cristina Kirchner ont présidé l’Argentine de 2003 à 2015, durée exceptionnelle dans l’histoire politique du pays. Cette continuité permet-elle de définir un mouvement comme le kirchnérisme, qui a évolué en fonction de la conjoncture internationale et des recompositions des alliances politiques ? Si sa continuité politique demeure incertaine, on peut le caractériser par trois articulations principales qui révèlent la portée et les limites de ce projet politique.
Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux
Les partis ethniques occupent une place importante sur la scène politique des Balkans occidentaux. Ils ne représentent pas nécessairement un danger pour la démocratie si leurs dirigeants acceptent de respecter le fonctionnement des institutions en place. Toutefois, dans plusieurs pays, les leaders nationalistes jouent avec le feu. Ils font peser un doute sur la démocratisation et la stabilisation de la région, deux conditions indispensables à une hypothétique accession à l’Union européenne.
Sommet de l’OTAN à Varsovie : un bilan
En juillet 2016 à Varsovie, les alliés ont décidé le renforcement du flanc oriental de l’OTAN. Pour l’Alliance, cette mesure a trois implications : elle montre son unité et sa solidarité, la nécessité de faire face à la relation conflictuelle avec la Russie, enfin l’échec partiel de ses politiques de partenariat. Une question a cependant été éludée lors de ce sommet : la crédibilité du modèle porté par l’Alliance à la lumière de la dérive illibérale de plusieurs de ses membres.
Obama ou le retour de la Realpolitik
Pour Barack Obama, l’heure du bilan a sonné. En matière de politique étrangère, deux axes se dégagent de son double mandat : d’une part, une volonté de désengagement du Moyen-Orient contrariée par l’émergence de Daech, et d’autre part un « pivot » vers l’Asie ayant notamment pour but de freiner la montée en puissance de la Chine. D’une manière générale, Obama a fait preuve de retenue sur la scène internationale, préférant concentrer ses efforts sur le nation building at home.