La nouvelle Route de la soie. Les ambitions chinoises en Eurasie
Le projet chinois de « nouvelle Route de la soie » vise à constituer un vaste réseau d’infrastructures reliant trois continents, avec la Chine comme clé de voûte.
Il constitue un élément central de la diplomatie régionale de Pékin et sert de laboratoire à un futur nouvel ordre asiatique. Présenté comme une initiative purement économique, ce projet possède un volet stratégique sous-jacent qui vise à l’affaiblissement de la présence américaine en Asie.
Nadège Rolland est directrice de projet pour les affaires politiques et de sécurité au National Bureau of Asian Research (Washington D.C.) depuis 2014. Elle a précédemment été chargée de mission pour l’Asie de l’Est au ministère de la Défense à Paris.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Plan de l’article
Cartographie des routes de la soie
Un instrument au service de la politique intérieure et étrangère de la Chine
Développer et stabiliser l’Ouest chinois
Développement économique et régional
Impératif diplomatique
Jeu de grandes puissances
Desseins stratégiques
Un nouveau Plan Marshall ?
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L’Euro-Asie selon Pékin
Projet géographique à portée économique, et porteur de lourdes conséquences politiques, la stratégie chinoise des Nouvelles routes de la soie vise une connectivité généralisée dans l’espace eurasiatique. Cherchant à désenclaver une partie du territoire chinois, elle entend doubler la mondialisation maritime d’un développement des circulations terrestres. Russes et Européens sont, entre autres, concernés par les effets de cette stratégie, déjà concrétisée par de multiples décisions.
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