Où en est l'Accord de Paris sur le climat ?
À la COP26, l'objectif de maintenir le réchauffement en-deçà de 1,5 °C s'est imposé comme cible de long terme. Cette visée n'est pas en cohérence avec les contributions que les États ont déposées pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Pour accélérer la transition, ils devront s'accorder sur des transferts financiers d'une autre ampleur, introduire une réelle tarification carbone redistributive au niveau international et organiser la sortie des énergies fossiles.
Chaque COP est présentée comme celle de la « dernière chance », et celle de Glasgow n’a pas fait exception. Les portes de la conférence refermées, les médias ont parlé d’échec. L’impressionnant aréopage de chefs d’État présents en Écosse aurait à nouveau raté l’occasion de sauver la planète. Mais ce qui n’a pas été atteint en 2021 le sera peut-être en 2022 ? Soyons-en certains, la COP27 de Charm el-Cheikh sera à nouveau celle de « la dernière chance »…
La négociation climatique amorcée en 1992 avec l’adoption de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est un peu déroutante pour les non-initiés. L’urgence climatique y est rappelée à tous étages. D’une COP à l’autre, les négociateurs semblent pourtant embourbés dans une course de lenteur, comme s’ils étaient victimes de ce que Stefan Aykut et Amy Dahan ont appelé le « schisme de réalité » – sorte de coupure avec le monde réel, où les impacts du réchauffement se multiplient.
Pour tirer le bilan des COP, il convient de prendre du recul. La COP26 était le premier point d’étape important dans le calendrier établi par l’Accord de Paris, excellente occasion de dresser un bilan de la mise en œuvre de cet accord. Les COP ne sont pas des lieux où les puissants de ce monde pourraient, d’un coup de baguette magique, sauver la planète. Elles constituent une enceinte où se construit, plus ou moins laborieusement, un cadre de coopération multilatérale face au réchauffement global.
Le seuil de +1,5 °C, cible de long terme
Du fait de l’inertie du système climatique, les actions conduites aujourd’hui pour réduire les émissions de gaz à effet de serre n’auront d’incidence sur le climat qu’au terme de deux ou trois décennies. C’est le stock de gaz à effet de serre présent dans l’atmosphère qu’il convient de stabiliser pour interrompre le réchauffement en cours, et pas simplement le flux annuel des émissions. D’où l’importance de fixer avec rigueur les cibles de long terme, pour guider l’action de court et moyen termes. […]
PLAN
- Le seuil de +1,5 °C, cible de long terme
- Les objectifs de moyen terme : au rythme de l’escargot
- Qui émet quoi ? Qui promet quoi ?
- Un reporting encore très insuffisant
- Les contributions nationales, reflets des tendances passées
- Le rôle des transferts financiers : une pomme de discorde récurrente
- Le compromis trouvé sur l’article 6 de l’Accord de Paris
- L’article 6 et la sortie des énergies fossiles
- Le CO2 et les autres : l’enjeu crucial du méthane
- Le monde serait-il le même sans l’Accord de Paris ?
Christian de Perthuis a dirigé la Mission climat de la Caisse des Dépôts de 2004 à 2008, et fondé la chaire Économie du climat de l'université Paris Dauphine-PSL où il a enseigné durant vingt ans. Il a notamment publié Covid-19 et réchauffement climatique. Plaidoyer pour une économie de la résilience, Paris, De Boeck, 2020.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Où en est l'Accord de Paris sur le climat ?
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesEn attendant le retour de l'Etat...
L'échec de la coalition internationale en Afghanistan et les difficultés rencontrées par Paris et ses alliés au Sahel soulèvent nombre de questions sur l’ingénierie internationale imaginée depuis les années 1990 pour reconstruire ou renforcer les États « faillis ». L’association entre, d’une part, une opération militaire destinée à contenir ou affaiblir une insurrection et, d’autre part, une coopération internationale plus ou moins importante, destinée à renforcer ou redéployer l’État – l’ensemble constituant ce que les stratèges appellent une opération de « stabilisation » – n’a pas débouché sur la stabilité attendue. En Afghanistan comme au Mali, le lien direct postulé entre apaisement des tensions et délivrance de services publics n’est pas validé. Ni les Provincial Reconstruction Teams (PRT) afghanes ni les « colonnes foraines » accompagnées par Barkhane n’ont pu apaiser les conflits violents ou relégitimer l’État.
Gouvernance économique européenne : entre erreurs passées et promesses d'avenir
La crise de la zone euro avait marqué un véritable échec de la politique de l’Union européenne (UE), traduit en performances économiques médiocres et en érosion de sa légitimité politique dans les populations des États membres. La crise de la pandémie du Covid-19 a au contraire, après un flottement initial, montré toute sa réactivité, avec en particulier l’acceptation d’une dette commune. Ce nouveau départ de l’UE doit cependant être confirmé, à la fois politiquement et institutionnellement.
L’Union européenne, entre fragmentation et consolidation
L’Union européenne (UE) a géré avec succès les effets de la pandémie de Covid-19 et le Brexit a renforcé la cohésion de l’UE autour de l’axe franco-allemand. La confrontation sino-américaine favorise l’unité européenne au sein de l’alliance occidentale. Les controverses sur l’« illibéralisme » peuvent être vues comme une européanisation de la politique intérieure. Pour autant, il n’est pas évident que ces constats entraînent une modification substantielle de l’équilibre entre l’Union et ses États membres.
Après le Brexit et le Covid : quel avenir pour l’Europe ?
Les chocs du Brexit et de la pandémie de Covid-19 ont montré la résilience de la dynamique intégratrice de l’Union européenne – avec, en particulier, le plan Next Generation EU. Mais l’adoption de ce dernier a été difficile, et la pandémie a été aussi l’occasion de retours sur des initiatives purement nationales sur l’état de droit, la fermeture des frontières ou la vaccination. La Conférence sur l’avenir de l’Europe permettra-t-elle d’adopter les mutations constitutionnelles qui semblent s’imposer ?