De Trump à Xi Jinping : la grande rupture de la mondialisation
La politique commerciale de la seconde administration Trump constitue une rupture avec les engagements internationaux des États-Unis et un séisme pour le système commercial multilatéral. Son effet déstabilisant est renforcé par les excédents commerciaux démesurés de la Chine, qui ont doublé depuis la crise sanitaire de 2020. Nous entrons dans une nouvelle ère marquée par une érosion des normes au profit de logiques transactionnelles. Pour l'Europe, le défi est de taille.
En 2025, les relations économiques internationales ont subi un bouleversement probablement sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les décisions de l'administration Trump en sont la cause immédiate la plus visible. Leur dimension commerciale est loin d'être la seule, mais elle mérite qu'on s'y arrête pour mesurer les changements – et même la rupture – à l'œuvre, leur sens et leurs répercussions.
Au-delà du court terme, la question est de savoir quelles en seront les conséquences durables. Il faut donc d'abord élargir la focale pour faire ressortir la seconde force structurante des évolutions commerciales des dernières années : la position de plus en plus dominante de la Chine dans l'industrie mondiale. Pour les pays tiers, le protectionnisme américain ne fait qu'aviver le tranchant du mercantilisme chinois. Sur fond de tensions géopolitiques et d'arsenalisation croissante des interdépendances, c'est un redoutable effet de ciseau qui s'ensuit pour le commerce mondial, et plus largement pour l'environnement économique international. [...]
PLAN DE L'ARTICLE
- Trump II : un séisme planétaire
- Continuités en Chine : une menace pour la coordination internationale
- Une nouvelle ère, mais laquelle ?
Sébastien Jean est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et directeur associé de l'Initiative géoéconomie et géofinance à l'Ifri.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 91, n° 1, 2026.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Mexique : de la violence et autres démons
Le président Pena Nieto a souhaité pour le Mexique une lutte contre le narcotrafic moins spectaculaire, et des réformes économiques profondes. Mais quatre années après son arrivée au pouvoir, la violence et la corruption demeurent très largement répandues. L’économie du pays, frappée par la crise mondiale, reste fragile, et les réformes sociales ont été peu décisives. Quant au système politique, il est toujours miné par une partitocratie largement impuissante.
Colombie : la longue marche vers la paix ?
Le conflit qui oppose la guérilla des FARC à l’État colombien a fait 220 000 morts entre 1958 et 2012, date à laquelle des négociations de paix ont démarré à La Havane. Les forces armées colombiennes ont conduit une campagne de contre-insurrection efficace qui a fortement affaibli les FARC. En juin 2016, gouvernement et rebelles ont signé un accord historique. Le cessez-le-feu paraît néanmoins fragile et la paix reste à construire.
Argentine : qu’est-ce que le kirchnérisme ?
Nestor et Cristina Kirchner ont présidé l’Argentine de 2003 à 2015, durée exceptionnelle dans l’histoire politique du pays. Cette continuité permet-elle de définir un mouvement comme le kirchnérisme, qui a évolué en fonction de la conjoncture internationale et des recompositions des alliances politiques ? Si sa continuité politique demeure incertaine, on peut le caractériser par trois articulations principales qui révèlent la portée et les limites de ce projet politique.
Les partis ethniques dans les Balkans occidentaux
Les partis ethniques occupent une place importante sur la scène politique des Balkans occidentaux. Ils ne représentent pas nécessairement un danger pour la démocratie si leurs dirigeants acceptent de respecter le fonctionnement des institutions en place. Toutefois, dans plusieurs pays, les leaders nationalistes jouent avec le feu. Ils font peser un doute sur la démocratisation et la stabilisation de la région, deux conditions indispensables à une hypothétique accession à l’Union européenne.