De Trump à Xi Jinping : la grande rupture de la mondialisation
La politique commerciale de la seconde administration Trump constitue une rupture avec les engagements internationaux des États-Unis et un séisme pour le système commercial multilatéral. Son effet déstabilisant est renforcé par les excédents commerciaux démesurés de la Chine, qui ont doublé depuis la crise sanitaire de 2020. Nous entrons dans une nouvelle ère marquée par une érosion des normes au profit de logiques transactionnelles. Pour l'Europe, le défi est de taille.
En 2025, les relations économiques internationales ont subi un bouleversement probablement sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les décisions de l'administration Trump en sont la cause immédiate la plus visible. Leur dimension commerciale est loin d'être la seule, mais elle mérite qu'on s'y arrête pour mesurer les changements – et même la rupture – à l'œuvre, leur sens et leurs répercussions.
Au-delà du court terme, la question est de savoir quelles en seront les conséquences durables. Il faut donc d'abord élargir la focale pour faire ressortir la seconde force structurante des évolutions commerciales des dernières années : la position de plus en plus dominante de la Chine dans l'industrie mondiale. Pour les pays tiers, le protectionnisme américain ne fait qu'aviver le tranchant du mercantilisme chinois. Sur fond de tensions géopolitiques et d'arsenalisation croissante des interdépendances, c'est un redoutable effet de ciseau qui s'ensuit pour le commerce mondial, et plus largement pour l'environnement économique international. [...]
PLAN DE L'ARTICLE
- Trump II : un séisme planétaire
- Continuités en Chine : une menace pour la coordination internationale
- Une nouvelle ère, mais laquelle ?
Sébastien Jean est professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et directeur associé de l'Initiative géoéconomie et géofinance à l'Ifri.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 91, n° 1, 2026.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Obamacare : genèse, bilan, futur
L’Affordable Care Act (ACA), plus connu sous le nom d’Obamacare, est une réforme ambitieuse du système de santé américain. Entrée en vigueur en 2010, elle vise d’une part à élargir l’accès à l’assurance santé et d’autre part à réorganiser la distribution des soins. 25 millions d’Américains ont ainsi pu obtenir une assurance santé. Le bilan de cette réforme est néanmoins mitigé. Donald Trump a engagé un processus de retrait de l’ACA. Il n’est toutefois pas certain qu’il parvienne à ses fins.
Back to the East of Suez? Les Britanniques dans l’océan Indien
En décembre 2016, le gouvernement britannique annonçait son retour « à l’est de Suez ». Or, au-delà de l’effet d’annonce, la capacité de Londres à jouer un rôle géopolitique dans la région reste limitée. Londres ne cache pas la priorité qu’elle accorde aux échanges commerciaux, en particulier avec la Chine, au détriment éventuel de l’Inde. Son soft power, en particulier dans le domaine de la formation, lui permet cependant de préserver sa présence hors des jeux de puissance locaux.
Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?
Avec sa présence à Bahreïn, son intervention au Yémen, ses relations avec l’Iran, ou l’isolement du Qatar, l’Arabie Saoudite semble s’affirmer comme un État perturbateur, diplomatique et religieux, au Moyen-Orient. La diplomatie religieuse du wahhabisme joue un rôle central dans la stratégie de Riyad. Tout comme une stratégie de l’information, véritable dispositif d’influence, qui vise à orienter en sa faveur les opinions et les décideurs des grandes démocraties.
Retour sur la crise du Golfe de 2017
La crise du Golfe, qui a démarré en juin 2017, reflète des tensions anciennes entre le Qatar et ses voisins. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis reprochent en particulier à Doha son soutien aux Frères musulmans et son rapprochement avec Téhéran. Cette crise a suscité l’embarras des pays occidentaux qui coopèrent avec toutes les parties. L’engagement de la Turquie aux côtés du Qatar rend une escalade militaire peu probable. Nul n’a intérêt à ce que la situation s’envenime.