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La France et son rapport au monde au XXe siècle

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Page couverture PE n°3-4 2000
Accroche

Depuis Louis XIV, 1789 et Napoléon, la France poursuit un rêve de grandeur. Après la défaite contre l’Allemagne, en 1870, ce rêve se brise une première fois, et les deux guerres mondiales accentuent le sentiment de déclin qui se développe tout au long du XXe siècle. Perdant son statut de grande puissance après 1940, la France se donne un nouveau rôle sous l’impulsion du général de Gaulle : mise en place d’une force de dissuasion nucléaire, sortie des structures intégrées de l’OTAN, politique de la chaise vide à Bruxelles, coopération avec les pays africains et arabes. Mais la fin de la guerre froide et la construction européenne remettent en cause l’héritage gaullien. Le renforcement de l’intégration européenne, sous François Mitterrand, et la 'révolution stratégique', opérée par Jacques Chirac, permettent peut-être enfin à la France d’aujourd’hui de renoncer au mythe de la grandeur pour jouer avec réalisme le rôle qui lui revient au sein d’une grande Europe.

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Archive de Politique étrangère
Corps analyses

La France entretient avec le monde une relation toute spéciale, suscitant l'admiration de certains et l'agacement de beaucoup : elle se veut et se voit « grande » depuis des siècles, et elle pense, surtout depuis 1789, avoir des choses à dire à l'univers, un message à lui délivrer, une mission à remplir. Puisque la « grande nation » éprouve, au plus profond de sa conscience collective, un besoin de grandeur, elle ressent aussi une forte nostalgie, lorsqu'elle entrevoit que son rôle n'est plus ce qu'il était.

 

Précisément, le XXe siècle n'est-il pas pour notre pays le temps dramatique de l'incertitude et du doute ? Un sentiment de déclin hante les Français depuis longtemps : il se renforce après la défaite de 1870- 1871, continue de se développer en dépit de la victoire de 1918 et culmine enfin dans les années qui suivent la débâcle de 1940. Pendant une grande partie du siècle, le rang de la France est en péril : jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, son statut de grande puissance est menacé, puis il est perdu, même si le général de Gaulle tente après 1958 de lui redonner un rôle. Dès lors que sa position internationale est en question, la tentation n'est-elle pas grande de prendre des postures qui la rassurent plus qu'elles ne renforcent son influence dans le monde ?


Mauvaises positions


La position de la France s'est modifiée au cours du XXe siècle, mais on trouve au moins deux éléments de longue continuité : l'angoisse pour sa sécurité en Europe se traduit pendant des décennies par l'obsession du « danger allemand » ; l'ambition de jouer un rôle mondial induit la nécessité de gérer des relations souvent difficiles avec les Anglo-Saxons.


Le spectre de l'insécurité : l'obsession allemande de la France


Si, pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, la France, véritable superpuissance avant la lettre, peut tenir tête à toute l'Europe, les invasions et les défaites de 1814-1815 lui portent un coup dur. Mais dans les années qui suivent, sa sécurité ne connaît pas de péril majeur. L'équilibre européen établi par le Congrès de Vienne et la Sainte- Alliance viennent en effet lui rappeler, sur un mode certes péniblement « réactionnaire », que la paix dépend seulement de sa résignation à ne pas recommencer à se soucier de la liberté des autres. La menace pour l'Europe est présentée comme « française » et aucun autre danger ne point à l'horizon.


Le tournant essentiel intervient avec l'unité allemande, conquise par Bismarck lors de la guerre victorieuse contre la France en 1870-1871. […]

 


PLAN DE L’ARTICLE

  • Mauvaises positions

 - Le spectre de l'insécurité : l'obsession allemande de la France

 - La hantise du déclin : la pression anglo-saxonne

  • Belles postures

 - La France et son mal du siècle

 - De Gaulle sort la France du syndrome de quarante

 - Sortir de l'héritage gaullien

 

 

Robert Frank est ancien directeur de l’Institut d’histoire du temps présent (CNRS) et professeur d’histoire des relations internationales contemporaines à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne.

 

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La France et son rapport au monde au XXe siècle

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Pologne/Allemagne : quelle coopération dans une Europe « à deux vitesses » ?

Date de publication
20 mars 2018
Accroche

Les relations entre la Pologne et l’Allemagne, dégradées depuis octobre 2015, ont pris un nouveau départ au début de l’année 2017. Le pragmatisme d’Angela Merkel, et de nombreux contacts avec les dirigeants polonais, ont permis de renouer le dialogue. Toutefois, les différends persistent et affectent les relations entre les deux pays. En Pologne, la nomination d’un nouveau Premier ministre et le remaniement du gouvernement pourraient avoir pour objectif d’apaiser la situation.

Dorota RICHARD
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Comment réduire la durée des interventions militaires ? Le concept de bridging operation

Date de publication
20 mars 2018
Accroche

Au cours des deux dernières décennies, les armées françaises sont intervenues à de multiples reprises pour tenter de rétablir la stabilité dans des pays en crise. Certaines de ces opérations de stabilisation ont duré plus de dix ans. Le concept de bridging operation a émergé pour tenter de réduire la durée et le coût de telles interventions. L’objectif est de créer rapidement les conditions permettant de transmettre le relais à une force multinationale.

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Stratégie et liberté d’action

Date de publication
20 mars 2018
Accroche

Préserver, accroître sa liberté de décider et de faire : c’est le cœur de la stratégie, art de l’agir. Les degrés de liberté d’action constituent une véritable monnaie stratégique, qui se réduit ou croît au fil de la relation avec l’adversaire. Cette monnaie doit être dépensée, l’abstention diminuant la capacité à agir ; mais elle n’existe que par les moyens concrets dont dispose le stratège. Cette liberté d’action est centrale à tous niveaux des stratégies, et pour toutes les stratégies.

Vincent DESPORTES
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Nouvelles liaisons ferroviaires chinoises : une entreprise stratégique

Date de publication
20 mars 2018
Accroche

Depuis 2011, le fret ferroviaire entre la Chine et l’Europe s’est rapidement développé, et a connu une relance spectaculaire avec le projet Belt and Road Initiative. On assiste aujourd’hui à une rapide expansion des volumes, des services proposés, le tout accompagné par la définition et la mise en œuvre de nouvelles infrastructures ferroviaires, en Russie, en Chine, vers l’Asie du Sud-Est, l’Iran ou le Pakistan. Ce développement, qui doit être nuancé, constitue-t-il un outil stratégique pour la Chine ?

Linyan HUANG Frédéric LASSERRE Éric MOTTET
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Page couverture PE n°3-4 2000
Robert FRANK, « La France et son rapport au monde au XXe siècle », Politique étrangère, Articles, Ifri, 29 novembre 2000.
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Page couverture PE n°3-4 2000

La France et son rapport au monde au XXe siècle