Accélération de la transition énergétique de l’Inde : le défi de la flexibilité des réseaux au cœur des enjeux
L’Inde augmente rapidement sa capacité en énergies renouvelables (EnR), ajoutant 15 à 20 GW par an, mais l’objectif ambitieux de 500 GW de capacité non fossile d’ici 2030 est menacé si le rythme de déploiement des EnR ne s’accélère pas.
Cette transition verte révèle d’importantes vulnérabilités au niveau du réseau national. Les énergies solaire et éolienne, avec leur variabilité inhérente, dépendent de conditions météorologiques imprévisibles, contrairement aux centrales électriques traditionnelles. Ce défi est amplifié par l’étroite bande de fréquences de fonctionnement de l’Inde de 49,90 Hz à 50,05 Hz, où même de légères fluctuations peuvent provoquer une instabilité du réseau. En outre, le changement climatique accroît la vulnérabilité du réseau.
- L’Inde se dirige vers un objectif de 500 GW d’énergie renouvelable d’ici 2030, mais pour y parvenir, il faudra investir massivement 2,442 milliards de roupies (26,86 milliards d’euros) dans l’expansion du réseau.
- Le stockage reste un goulot d’étranglement : l’Inde ne dispose que de 4,7 GW d’hydroélectricité par pompage et de 219 MWh de SSEB (systèmes de stockage d'énergie par batterie) en mars 2024, loin de l’objectif de 60,63 GW pour 2030, dont 41,65 GW attendus pour les SSEB.
- Le marché des PPAs est en plein essor, alimenté par la demande commerciale et industrielle, avec une capacité projetée à 80 GW d’ici 2030. Cependant, la volatilité des politiques, les frais d’accès ouvert élevés et les difficultés au niveau des DISCOM (sociétés de distribution d’électricité) persistent.
- L’avenir énergétique de l’Inde dépend de la stabilité réglementaire, de la mise en place des mécanismes de réduction des risques financiers plus solides et d’un déploiement rapide des compteurs intelligents pour moderniser le réseau et attirer les investissements privés.
> Cette publication est uniquement disponible en anglais: "Unlocking India’s Energy Transition: Addressing Grid Flexibility Challenges and Solutions"
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLes dilemmes et débats sur la politique énergétique de la Norvège : dedans ou dehors ?
L’année 2026 pourrait marquer la fin de l’exception norvégienne. La Norvège s’est longtemps enorgueillie d’avoir réussi à combiner l’exploitation des énergies fossiles avec un modèle de social-démocratie solide.
La stratégie offensive des États-Unis sur les métaux critiques : quels enseignements pour l'Europe ?
Face aux menaces croissantes qui pèsent sur l’approvisionnement en matières premières critiques (CRM) des économies de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), des politiques interventionnistes sont nécessaires pour bâtir des chaînes de valeur résilientes.
Quels instruments financiers pour renforcer la résilience des chaînes de valeur des métaux critiques et le stockage stratégique ?
Les chaînes de valeur des matières premières critiques sont plus vulnérables que jamais et des secteurs industriels vitaux en Europe sont désormais menacés si leurs approvisionnements ne sont pas sécurisés par des mesures stratégiques et urgentes, compte tenu de l'intensification des confrontations géopolitiques, du nationalisme en matière de ressources, de la demande croissante et de l'augmentation limitée de l'offre.
L'UE en état d'alerte : priorité sur les enjeux énergétiques et industriels pour 2026
L'année 2025 a confirmé qu'il était nécessaire de se préparer à un environnement géoéconomique et géopolitique plus difficile, car l'intensité et la fréquence des chocs augmentent, tandis que l'Union européenne (UE) n'a plus de flancs stables, dans un contexte de fréquentes crises avec les États-Unis, révélatrices d’une fracture systémique.