Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Intérêt national et terrorisme : la France face à Daech

Chapitre d'ouvrage
|
Date de publication
|
Références
in : Thierry de Montbrial et Thomas Gomart, Notre intérêt national. Quelle politique étrangère pour la France ?, Odile Jacob, 2017
Accroche

A la veille de l'élection présidentielle de 2017, la menace terroriste est particulièrement élevée en France. Ce texte examine l'évolution de la menace et de la réponse étatique au cours des dernières années.
 

Image principale
paris-terrorisme.jpg
Corps analyses

L’intérêt national et le terrorisme ont pour point commun d’être des notions aux contours flous. Hans Morgenthau estimait que l’intérêt national est, en matière de politique étrangère, le « seul principe d’action » valable. Raymond Aron était sceptique à l’égard de cette assertion. Il considérait le concept d’intérêt national comme « équivoque » et affirmait que les réalistes étaient « prisonniers d’une illusion ». Ce débat, en apparence théorique, a des implications concrètes. En 1969, par exemple, Hans Morgenthau et Henry Kissinger se sont opposés : le premier pensait que l’engagement des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam était contraire à l’intérêt national américain ; le second affirmait l’inverse. A l’évidence, l’intérêt national n’est pas une donnée objective, sauf peut-être pour ce qui est de la survie de la nation.

Le terrorisme n’est pas non plus simple à définir. Ce terme revêt une charge négative qui l’amène souvent à être rejeté par ceux qui le pratiquent. Ces derniers préfèrent des qualificatifs plus nobles : résistants, freedom fighters, guérilléros, moudjahidines, etc. Autrement dit, les terroristes des uns sont les résistants des autres. L’universitaire Alex P. Schmid a analysé plusieurs dizaines de définitions du terrorisme. Il a ensuite tenté d’établir une « définition académique consensuelle » qui comporte douze points. En France, nombre de textes de droit lient les concepts de terrorisme et d’intérêt national. Par exemple, la loi sur le renseignement du 24 juillet 2015 présente la prévention du terrorisme comme un des intérêts fondamentaux de la nation. Le terrorisme lui-même n’est cependant pas défini dans le code pénal. Il est décrit de « manière circulaire » par une liste d’infractions (atteintes volontaires à la vie, détournements d’aéronefs, etc.) qui « constituent des actes de terrorisme, lorsqu’elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».  

Plutôt que de raisonner in abstracto, il paraît plus pertinent d’aborder la relation entre terrorisme et intérêt national de manière pratique. Le 13 novembre 2015, la France a été frappée par les attentats les plus meurtriers de son histoire. Ces attaques ont rapidement été revendiquées par l’ « Etat islamique » (EI), une organisation considérée comme terroriste non seulement par les Etats occidentaux mais aussi par la Russie, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et des dizaines d’autres pays. L’hypothèse centrale développée dans la présente contribution est que l’EI cherche non seulement à attaquer les intérêts de la France mais, de surcroît, à saper les fondements de notre nation. Après avoir étayé cette hypothèse, les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la menace terroriste seront exposées. Enfin, une réflexion sera conduite sur la pertinence de la « guerre contre le terrorisme » à la française.

Decoration

Contenu disponible en :

Régions et thématiques

Partager

Decoration
Auteur(s)
Photo
Marc HECKER

Marc HECKER

Intitulé du poste

Directeur exécutif de l'Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère et chercheur au Centre des études de sécurité de l'Ifri

Image principale
Un soldat contemplant un coucher de soleil sur un véhicule blindé de combat d’infanterie
Centre des études de sécurité
Accroche centre

Héritier d’une tradition remontant à la fondation de l’Ifri, le Centre des études de sécurité de l'Ifri fournit aux décideurs publics et privés ainsi qu’au grand public les clefs de compréhension des rapports de force et des modes de conflictualité contemporains et à venir. Par son positionnement à la jointure du politique et de l’opérationnel, la crédibilité de son équipe civilo-militaire et la diffusion large de ses publications en français et en anglais, le Centre des études de sécurité constitue dans le paysage français des think tanks un pôle unique de recherche et d’influence sur le débat de défense national et international.

Image principale
Des légionnaires patrouillant lors de l’opération sentinelle à Paris
Sécurité intérieure
Accroche centre

La distinction entre menaces internes et externes est souvent exagérée, tant les frontières sont poreuses. Les conflits qui se déroulent à des milliers de kilomètres de la France peuvent avoir des résonances tragiques sur le territoire national.

La radicalisation, le terrorisme ou encore la criminalité organisée ont une dimension internationale qu’on ne peut ignorer.

Image principale

Les enjeux de la 11e Conférence d’examen du TNP. Un régime fragilisé par la compétition stratégique

Date de publication
24 avril 2026
Accroche

Le 27 avril 2026 s’ouvre à New York la 11e conférence d’examen (RevCon) du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), dans un contexte de forte compétition stratégique. Réunissant pendant un mois les 191 États parties au TNP , elle vise à faire le point sur le fonctionnement du Traité, son implémentation, et plus largement l’état de la non-prolifération et du désarmement, afin d’aboutir à un document dit « de consensus » autour des principaux défis et menaces pour le régime de non-prolifération. 

Image principale

Enfin sincère ? L'actualisation de la Loi de programmation militaire à l'épreuve des défis stratégiques et capacitaires

Date de publication
16 avril 2026
Accroche

Présentée le 8 avril 2026, l’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030 constitue un jalon important de la trajectoire d’évolution des armées françaises. Elle survient dans un contexte économique incertain, marqué par le retour de l’inflation énergétique après deux années d’adoption chaotique des lois de finance, un déficit qui se creuse, et un exécutif en fin de second mandat présidentiel. Pour toutes ces raisons, elle ne pouvait avoir que des ambitions limitées. C’est à l’aune de cette double limite économique et politique qu’il faut donc l’évaluer.

Image principale

La dissuasion nucléaire française à l’épreuve d’un nouvel ordre européen – Analyse du discours présidentiel du 2 mars 2026

Date de publication
02 avril 2026
Accroche

Le discours du 2 mars 2026 du président de la République sur la dissuasion nucléaire marque une inflexion stratégique importante dans un contexte international dégradé. Entre menace russe persistante et incertitudes sur les garanties de sécurité américaines, la France affirme une ambition renforcée pour la défense européenne. La notion de « dissuasion avancée » et les évolutions capacitaires annoncées par Emmanuel Macron esquissent ainsi une nouvelle étape, à la fois structurante et durable.

Image principale

Finlande, l'allié venu du froid

Date de publication
10 avril 2026
Accroche

De tous les pays européens, la Finlande est peut-être celui dont la culture stratégique et le modèle militaire ont le moins évolué depuis la fin de la guerre froide. Bâti après la fin de la Seconde Guerre mondiale pour faire face à une nouvelle invasion soviétique, ce modèle permet à la Finlande de faire figure de modèle pour le réarmement européen. 

Comment citer cette étude ?

Marc HECKER, « Intérêt national et terrorisme : la France face à Daech », Chapitre d'ouvrage, Ifri, 10 janvier 2017.
Copier