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L'héritage de la Grande Guerre : États souverains, mondialisation et régionalisme

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Politique étrangère, vol. 79, n° 1, printemps 2014
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Couv Politique étrangère 1-2014
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La Grande Guerre modèle nombre de pratiques et de normes du xxe siècle. La prééminence économique et sociale de l’État s’y confirme, comme la montée de valeurs nouvelles : l’universalité des Droits de l’homme, la construction collective d’une sécurité jusqu’ici dépendante d’alliances bilatérales, l’élaboration de normes juridiques universelles... La Grande Guerre nous lègue à la fois un État-nation réaffirmé et la possibilité de son dépassement dans l’organisation régionale et internationale.

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Archive de Politique étrangère
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La Grande Guerre a été la matrice du XXe siècle et nombre de ses effets à long terme perdurent, pour le meilleur comme pour le pire. Elle a produit une nouvelle vision de la guerre : la quantité des morts est devenue qualité, correspondant à une nouvelle forme de guerre, la guerre totale. En retour, l’horreur du conflit a suscité la première remise en cause, sur une grande échelle, de la légitimité même de la guerre. Elle a profondément modifié les équilibres en Europe et dans le monde et bouleversé l’économie, comme les relations entre les États et leurs citoyens. Elle a engendré aussi une crise morale et la remise en cause de bien des valeurs et de bien des paradigmes. Elle a beaucoup contribué à l’apparition des deux grands totalitarismes, le national-socialisme allemand et le communisme soviétique. Si ces derniers ont disparu, leurs conséquences perdurent.
 

En même temps, car en histoire les évolutions s’entremêlent toujours – « mixta permixta », disait saint Augustin –, la guerre de 1914-1918 a permis ou accéléré de nouveaux développements, toujours actuels : le début d’une nouvelle organisation internationale, une nouvelle compréhension de l’État-nation, de nouveaux paradigmes économiques et sociaux, l’ébauche d’un nouveau droit des gens.
 

Son héritage est donc profondément contradictoire, et cette contradiction détermine largement les paramètres du monde de 2014. D’une part, la Première Guerre mondiale a accéléré un mouvement de mondialisation évident depuis le milieu du XIXe siècle, en y impliquant la plupart des peuples, y compris ceux qui se trouvaient sous la domination coloniale de l’Europe, pesant ainsi sur l’ensemble de l’économie mondiale, suscitant les premiers essais d’organisation internationale, multipliant la force des courants politiques, moraux et culturels internationalistes, posant les premières bases d’un droit des gens nouveau fondé sur des valeurs universelles et commençant le mouvement de judiciarisation de la vie internationale. En revanche, elle a généralisé la formule d’organisation des États-nations souverains, jusque-là réservée à certains États européens. […]
 


PLAN DE L’ARTICLE

  • L’Etat Moloch
  • Une étape vers la démocratie et le Welfare State
  • La guerre délégitimée, le mercantilisme rejeté
  • La montée des valeurs, l’affirmation universelle des Droits de l’homme
  • Une nouvelle organisation des relations internationales : la Grande Guerre développe et structure la mondialisation
  • Entre réalisme et normes juridiques universelles
  • 1914-2014 : triomphe de l’Etat-nation démocratique et survie du système westphalien
  • La progression discrète du régionalisme depuis 1914
  • Les contradictions du siècle écoulé sont toujours actuelles

 

Georges-Henri Soutou, historien, membre de l’Institut, est professeur émérite à la Sorbonne.
 

Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 1, printemps 2014

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L'héritage de la Grande Guerre : États souverains, mondialisation et régionalisme

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La Chine et le concept de troisième pôle

Date de publication
21 juin 2022
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Pour légitimer son intérêt pour la gouvernance et les ressources de l'Arctique, la Chine promeut le concept de troisième pôle, constitué de l'Himalaya et du plateau tibétain. Ce concept fait l'objet de représentations cartographiques originales qui placent la Chine au centre du monde, entre l'Arctique et l'Antarctique. Ces représentations tranchent avec les cartes européocentrées qui prédominent dans les pays occidentaux. Elles font partie du soft power de Pékin.

Olga V. ALEXEEVA Frédéric LASSERRE
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Syrie : un conflit gelé en trompe-l’œil

Date de publication
21 juin 2022
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La baisse des violences pourrait laisser penser que la guerre en Syrie est en passe de prendre fin. En fait, le conflit est temporairement gelé mais les conditions d'une reprise des hostilités sont bel et bien présentes. Le pays est actuellement divisé en quatre zones contrôlées respectivement par le régime épaulé par Moscou et Téhéran ; par l'administration autonome du Nord-Est soutenue par Washington ; par la Turquie ; et les djihadistes d'Hayat Tahrir Al-Sham. Le statu quo risque de ne pas durer.

Fabrice BALANCHE
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Influence et nuisance dans les relations internationales

Date de publication
21 juin 2022
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Pour imposer leur volonté sans utiliser la force, certains États déploient des stratégies d'influence. Selon la nature de leur régime, ils recourent plus ou moins à la séduction, l'attractivité, la contrainte, la nuisance ou encore la rémunération. Ces stratégies se déploient par différents canaux : médias, culture, éducation, entrisme et technologies numériques. Les pays européens prennent progressivement conscience de ces défis, mais ils se doivent d'agir plus vigoureusement.

Pierre BUHLER Frédéric CHARILLON
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L’Union européenne peut-elle apaiser les rapports Paris-Alger ?

Date de publication
21 juin 2022
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L'Algérie et l'Union européenne (UE) sont liées par un accord d'association entré en vigueur en 2005, mais cet accord n'a pas permis d'insuffler les réformes attendues par Bruxelles. La Politique européenne de voisinage offre néanmoins des avantages et opportunités. Son côté technocratique et pragmatique peut permettre de conduire des coopérations de manière dépassionnée, même si les tensions récurrentes entre Paris et Alger ne manquent pas d'affecter la relation avec l'UE.

John O'ROURKE

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Couv Politique étrangère 1-2014
Georges-Henri SOUTOU, « L'héritage de la Grande Guerre : États souverains, mondialisation et régionalisme », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2014.
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L'héritage de la Grande Guerre : États souverains, mondialisation et régionalisme