Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

L'approche territoriale intégrée (ATI). Espoirs et limites d'une stabilisation locale au Sahel

Études
|
Date de publication
|
Références
Etudes de l'Ifri, Ifri, juillet 2024
Image de couverture de la publication
couv_antil_gaulme_ati_page_1.png
Accroche

Depuis la chute du mur de Berlin puis les attentats du 11 septembre 2001, la multiplication des conflits locaux et la partition de certains États (Yougoslavie, Somalie) ont suscité des interventions extérieures, bilatérales ou multilatérales, dans lesquelles l’élément militaire s’est associé de manière novatrice à des actions civiles.

Image principale
Caravane de dromadaires marchant dans les dunes ocres de l'intérieur de la Mauritanie
Caravane de dromadaires marchant dans les dunes ocres de l'intérieur de la Mauritanie
Elections régionales 2016
Corps analyses

Elles émanaient comme par le passé de diplomates, mais aussi, d’une manière plus inattendue, de praticiens d’une aide au développement en pleine évolution. Un nouvel objectif sécuritaire croisait la vocation proclamée de lutte contre la pauvreté dans le monde, la disparition de la rivalité Est-Ouest lui ayant fait perdre son rôle originel d’instrument politique du camp occidental.

Après le lancement par la France de l’opération Serval au Mali le 11 janvier 2013, cette question de la convergence civile et militaire s’est posée avec une urgence et une acuité particulières au Sahel, dans le cadre d’une « lutte mondiale contre le terrorisme » (Global War on Terror-GWT)[1] que l’on pensait pouvoir gagner par des initiatives socio-économiques autant que par les armes. Sept ans plus tard, en soutien aux pays du G5 Sahel, groupe régional aujourd’hui disparu, une coalition internationale de donneurs d’aide, l’Alliance Sahel, a donc engagé dans ce cadre une stratégie novatrice d’« approche territoriale intégrée » (ATI). Elle devait s’appliquer à dix zones étroitement circonscrites mais réparties sur des espaces immenses[2], avec le lancement en partenariat des projets locaux de développement visant à promouvoir les conditions d’ensemble d’une paix durable.

Trop tard, trop peu, tel est le double constat venant d’emblée pour cette initiative novatrice issue du sommet franco-sahélien de Pau en 2020, car ses projets, sauf en Mauritanie comme on le verra, ont disparu avec « l’échec français – donc européen – au Sahel[3] », l’apparition de régimes militaires hostiles et l’implication de la Russie sur le terrain. Outre la mise en perspective d’un tel inachèvement, cette note explore la genèse et la raison d’être du lancement d’une stratégie qui s’inscrivait pourtant dans un vaste processus international de convergences de deux domaines bien distincts à l’origine, ceux de la sécurité et du développement, mais unis dans la poursuite d’une stabilité mondiale.


1. Sur ce concept et la contribution française au Sahel, voir B. Charbonneau, « The Durability of the Gendarme de l’Afrique: From Empire to Fighting Terrorism », in T. Chafer et M. A. Majumbar (dir.), Routledge Handbook of Francophone Africa, Londres/New York, Routledge, 2024, p. 57-70.

2. Environ 4 000 kilomètres séparent la côte mauritanienne de l’est du Tchad.

3. T. de Montbrial et D. David (dir.), Ramses 2023. L’Europe dans la guerre, Paris, Ifri/Dunod, 2022, p. 38.

 

Decoration

Contenu disponible en :

ISBN / ISSN

979-10-373-0889-4

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

L'approche territoriale intégrée (ATI). Espoirs et limites d'une stabilisation locale au Sahel

Decoration
Auteur(s)
Photo
francois_gaulme.jpg

François GAULME

Intitulé du poste

Chercheur associé, Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

Photo
Alain Antil

Alain ANTIL

Intitulé du poste

Directeur du Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

Image principale
Afrique subsaharienne
Centre Afrique subsaharienne
Accroche centre

Créé en 2007, le centre Afrique subsaharienne de l’Ifri produit une analyse approfondie du continent africain, de ses dynamiques sécuritaires, géopolitiques, politiques et socio-économiques (en particulier le phénomène d’urbanisation). Le Centre se veut à la fois, via les différentes publications et conférences, un espace de diffusion d’analyses à destination des médias et du public mais aussi un outil d'aide à la décision des acteurs politiques et économiques à l'égard du continent.  

 

 

Le centre produit des analyses pour différents organismes tels que le ministère des Armées, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Agence française de développement (AFD) ou encore pour différents soutiens privés. Ses chercheurs  sont régulièrement auditionnés par les commissions parlementaires.

 

 

L’organisation d’événements de divers formats complète la production d’analyses en amenant les différentes sphères de l’espace public (académique, politique, médiatique, économique et société civile) à se rencontrer et à échanger outils d’analyse et visions du continent. Le Centre Afrique subsaharienne accueille régulièrement des responsables politiques de différents pays d’Afrique subsaharienne. 

Image principale

Les vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame

Date de publication
10 juillet 2026
Accroche

Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.

Image principale

L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe

Date de publication
26 juin 2026
Accroche

Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.

Image principale

Propagande en ligne en temps de guerre au Soudan

Date de publication
15 avril 2026
Accroche

Dans le conflit soudanais, la bataille de propagande entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapides (FSR) à travers les médias classiques et les réseaux sociaux entretient une grande confusion informationnelle. Et ce d’autant plus que l’absence de journalistes sur le terrain facilite la désinformation. Bien que l’armée et les FSR tentent de promouvoir leurs discours grâce à leurs réseaux de communicants et en pratiquant la désinformation et la censure, ils ne peuvent contrôler complètement l’information sur le conflit. Dans le cadre de cette guerre, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’expression où les politiciens, militaires, influenceurs et militants expriment leurs rivalités, leurs mensonges et leur propagande.

Selma EL OBEID
Image principale

Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?

Date de publication
27 mars 2026
Accroche

Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.

Jean-Nicolas BACH
Crédits image de la page
Caravane de dromadaires marchant dans les dunes ocres de l'intérieur de la Mauritanie
Elections régionales 2016

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
couv_antil_gaulme_ati_page_1.png
François GAULME, Alain ANTIL, « L'approche territoriale intégrée (ATI). Espoirs et limites d'une stabilisation locale au Sahel », Études, Ifri, 8 juillet 2024.
Copier
Image de couverture de la publication
couv_antil_gaulme_ati_page_1.png

L'approche territoriale intégrée (ATI). Espoirs et limites d'une stabilisation locale au Sahel