Les dilemmes et débats sur la politique énergétique de la Norvège : dedans ou dehors ?
L’année 2026 pourrait marquer la fin de l’exception norvégienne. La Norvège s’est longtemps enorgueillie d’avoir réussi à combiner l’exploitation des énergies fossiles avec un modèle de social-démocratie solide.
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Points clés :
Le conflit russo-ukrainien a fait de la Norvège le principal fournisseur de gaz naturel en Europe, accentuant l’asymétrie entre son économie offshore fondée sur les hydrocarbures et son économie continentale reposant largement sur les énergies renouvelables.
La hausse sans précédent des revenus pétroliers et gaziers a suscité le débat sur le statut du pays comme « profiteur de guerre » et sur la concentration des investissements du fonds souverain aux Etats-Unis.
Certains partis politiques ont évoqué la possibilité d’une adhésion complète de la Norvège à l’UE. Ce sentiment pro-européen montant se heurte à l’opposition du parti agrarien du Centre, qui affiche pour ambition le retrait de la Norvège du marché européen de l’électricité et l’Espace économique européen.
Face au déclin attendu de la production d’énergies fossiles par épuisement des ressources, le pays est divisé entre les partisans de la poursuite des investissements dans l’exploration et l’extraction et ceux qui appellent à une sortie progressive et maîtrisée du pétrole et du gaz.
Jusqu’à récemment, elle pouvait bénéficier de nombreux avantages liés à l’appartenance à l’Union européenne (UE) sans renoncer à son autonomie. Elle avait contenu la montée de l’extrême droite et préservé sa stabilité politique. Malgré ces réussites, la Norvège se trouve désormais dans une position de plus en plus vulnérable. Son nouveau rôle de principal fournisseur de gaz naturel en Europe lui donne un certain poids, mais ne la protège pas des contre-mesures de l’UE en réponse aux politiques commerciales américaines agressives. Le mouvement populiste a fait son retour, le Parti du progrès (Frp) arrivant en seconde position lors des élections parlementaires de septembre 2025. La polarisation croissante menace le consensus bipartisan établi de longue date sur des questions telles que l’utilisation des revenus pétroliers et gaziers pour financer l’État-providence et la participation à l’Espace économique européen (EEE).
Les élections début septembre 2025 ont révélé un électorat divisé. Le Parti travailliste a remporté 28 % des voix et a décidé de se maintenir au pouvoir sous la forme d’un gouvernement minoritaire dirigé par le Premier ministre Jonas Gahr Støre. Au début de l’année 2025, le Parti travailliste faisait face à une faible popularité et à des désaccords avec son partenaire de coalition, le Parti du centre. Avec le recul, la sortie du Parti du centre de la coalition en janvier de l’année précédente a permis au Parti travailliste de clarifier sa propre position. Le retour de l’ancien Premier ministre populaire et récent secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Jens Stoltenberg (Parti travailliste), au poste de ministre des Finances a apporté un élan supplémentaire. Le Parti travailliste doit toutefois s’appuyer sur les petits partis au Parlement, notamment la Gauche socialiste (5,6 %), le parti socialiste Rødt (5,3 %) et les Verts (4,7 %). Il devra faire face à une forte opposition du Parti du progrès, qui a obtenu près de 24 % des voix.
L'intégralité de cette étude est disponible uniquement en anglais.
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