Systèmes Politiques
À la fin de la guerre froide, s'est répandue l'idée que la démocratie libérale allait s'imposer dans le monde. En réalité, les régimes autoritaires ont résisté et les systèmes politiques demeurent variés.
Révolutions de l'an 1989 : fin d'un monde, naissance d'un siècle
Que reste-t-il de l’année 1989 ? D’un côté, l’empire soviétique s’effondre, l’Europe de l’Est est libérée, la Yougoslavie se disloque, une kyrielle d’États s’édifient sur les ruines du communisme, et partout semble triompher le modèle occidental de développement économique, politique et social. Dix ans plus tard, l’euphorie des peuples a disparu ; l’héroïsme des libérateurs s’est plié au rigorisme des gestionnaires ; l’ouverture démocratique a parfois débouché sur la guerre ; et l’espoir des intellectuels accouché d’un renoncement au mythe de la troisième voie. À la charnière de deux époques, l’année 1989 semble avoir enfoui le souvenir du monde d’hier sous les turbulences du siècle nouveau, emmené par les États-Unis dans l’âge naissant de la globalisation.
Octobre 1917 : révolution dans les relations internationales. Les trois leviers de la politique étrangère soviétique
1917 : tandis que l'Europe s'enfonce dans la guerre, l'empire des tsars bascule dans un nouveau monde, celui du marxisme-léninisme. Renonçant à étendre la révolution hors de leurs frontières, les dirigeants soviétiques apportent trois changements majeurs dans les relations internationales : une remise en cause — plutôt limitée — de la diplomatie traditionnelle, l'utilisation des partis communistes nationaux dans la gestion des relations extérieures, et une véritable politique des nationalités prônant le droit à l'autodétermination.
La France et son rapport au monde au XXe siècle
Depuis Louis XIV, 1789 et Napoléon, la France poursuit un rêve de grandeur. Après la défaite contre l’Allemagne, en 1870, ce rêve se brise une première fois, et les deux guerres mondiales accentuent le sentiment de déclin qui se développe tout au long du XXe siècle. Perdant son statut de grande puissance après 1940, la France se donne un nouveau rôle sous l’impulsion du général de Gaulle : mise en place d’une force de dissuasion nucléaire, sortie des structures intégrées de l’OTAN, politique de la chaise vide à Bruxelles, coopération avec les pays africains et arabes. Mais la fin de la guerre froide et la construction européenne remettent en cause l’héritage gaullien. Le renforcement de l’intégration européenne, sous François Mitterrand, et la 'révolution stratégique', opérée par Jacques Chirac, permettent peut-être enfin à la France d’aujourd’hui de renoncer au mythe de la grandeur pour jouer avec réalisme le rôle qui lui revient au sein d’une grande Europe.
Les questions allemandes au XXe siècle : identité, démocratie, équilibre européen
Ce que nous appelons « la question allemande » regroupe en réalité un ensemble de problèmes de politique intérieure et extérieure dont toutes les solutions proposées sont interdépendantes. Ces problèmes peuvent être ramenés à trois notions clefs : l’identité nationale, la démocratie libérale et l’équilibre européen. Au cours du XXe siècle, la question allemande a tenu en haleine l’Europe et la planète, les précipitant même dans des abîmes et façonnant pour un siècle la carte du monde. Elles ont fini par trouver une réponse durable avec la réunification pacifique de l’Allemagne, le 3 octobre 1990, et l’intégration réussie de la République fédérale dans une Europe occidentale enfin pacifiée.
Minorités, nationalités, États
Jean-Christophe Rufin a été administrateur de Médecins sans frontières (1991-1993), puis de la Croix-Rouge française (1994-1996) et président d’Action contre la faim (2002-2006). Il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie de 2007 à 2010. En parallèle à ses activités humanitaires et diplomatiques, il a mené une carrière littéraire. Il a obtenu le prix Goncourt en 2001 et a été élu à l’Académie française en 2008.
Raymond Aron et la théorie des relations internationales
L'ampleur de l'oeuvre de Raymond Aron a toujours fait le désespoir de ses commentateurs — et de ses disciples. On peut s'attendre à la publication de divers textes inédits ; néanmoins, hélas, cette oeuvre est désormais achevée.
L'évolution de la doctrine stratégique aux États-Unis
Henry Kissinger a été conseiller pour la sécurité nationale des États-Unis et Secrétaire d’État dans les administrations Nixon et Ford. Il a obtenu le prix Nobel de la paix en 1973 pour son rôle dans la négociation d'un armistice dans la guerre du Vietnam. En 1962, date de parution de son article dans Politique étrangère, Kissinger dirige les études de Défense à l'université Harvard.
L'Europe et ses populations excédentaires
Lorsque les dix-huit gouvernements représentés à Bruxelles en novembre et décembre 1951 à l'hôtel Atlanta adoptèrent la Résolution qui porte le nom de la capitale belge et créèrent l'organisation alors nommée Comité intergouvernemental provisoire pour les Mouvements migratoires d'Europe, un acte important, sous une apparence modeste, venait d'être fait dans un domaine jusqu'alors trop négligé.
Le jeu politique allemand. La situation intérieure et les positions internationales
On peut dire que, depuis bien longtemps, en Europe, il n'y a plus d'évolution de la politique intérieure qui puisse se dissocier de l'évolution de la politique internationale. C'est ainsi, par exemple, que la date la plus importante de l'histoire de France depuis 1945, est la même que pour l'Allemagne : c'est l'échec de la conférence de Moscou, en mars-avril 1947.
La politique étrangère d'une société primitive
Élu à l’Académie française en 1973, Claude Lévi-Strauss (1908-2009) est connu pour sa carrière d’ethnologue et d’anthropologue. Au début des années 1950, moment de sa contribution à Politique étrangère, il est maître de recherches au CNRS. Il deviendra ensuite sous-directeur du musée de l'Homme, puis directeur d'études à la section des sciences religieuses de l'École pratique des hautes études. Il publie en 1955 Tristes Tropiques et est élu à la chaire d'anthropologie sociale du Collège de France en 1959.
Migrations. Quand les petites villes font la leçon aux grandes
Les petites villes européennes sont aujourd’hui catapultées en première ligne dans le processus complexe de l’accueil des personnes migrantes. L’intégration au niveau local constituerait-elle la clef du succès de la réinstallation ?
Immigration : pourquoi la France n’y arrive pas ?
Matthieu Tardis a réalisé une étude sur l’accueil des réfugiés dans les petites communes et les villes moyennes qui bouscule les idées reçues. « Ces territoires sont souvent moins habitués à recevoir ces populations. L’absence d’opportunités, notamment professionnelles, affecte l’attractivité de ces territoires pour les nouveaux arrivants. De plus, la montée de l’extrême droite peut constituer un obstacle politique au développement de l’accueil des migrants et réfugiés », observe le chercheur au centre migrations et citoyennetés de l’Ifri (Institut français des relations internationales).
Accueil des demandeurs d’asile : quel rôle pour les maires ?
En principe, les mairies n’ont pas leur mot à dire quant à l’arrivée de demandeurs d’asile dans leur territoire. En pratique, l’État cherche le soutien des municipalités, car les maires se retrouvent en première ligne.
L'Irak, symbole de l'échec du "Nation Building" ?
Les interventions militaires furent nombreuses ces dernières décennies. Le cas Irakien est l'exemple le plus récent. Comment « reconstruit-on » un Etat ? Pourquoi la reconstruction initiée par les Etats-Unis n’a pas fonctionné en Irak ? Que recouvre l’idéologie de ‘Nation Building’ ?
Avec Paul Kagame, le Qatar semble avoir trouvé son interlocuteur privilégié en Afrique
Jusqu’alors plutôt timide en matière d’investissements d’ampleur en Afrique, le Qatar vient de frapper un grand coup au Rwanda. La visite de l’émir Tamim ben Hamad Al-Thani, lundi 9 et mardi 10 décembre, couronne des mois de discussions pour annoncer l’un des plus gros projets qataris sur le continent.
L’Afrique du Sud, un pays toujours fracturé
Quotas d'immigration : l'exemple canadien
Matthieu Tardis, chercheur au centre Migrations et Citoyennetés de l'Ifri, explique au Figaro Live le fonctionnement des quotas d'immigration au Canada. Contrairement aux idées reçues, le Canada n'a pas de quotas d'immigration mais des objectifs cibles d'immigration permanente qui sont aujourd'hui de 330 000 personnes par an. Ces objectifs visent à planifier les services d'immigration et d'intégration et à prévoir le budget nécessaire.
Réinstallation des réfugiés dans les petites villes: quels résultats? Quels impacts?
Dans son étude "Une autre histoire de la crise des réfugiés", Matthieu Tardis, chercheur au Centre migrations et citoyennetés de l'Institut français des relations internationales (IFRI), s'intéresse à la réinstallation des réfugiés dans les petites villes et les zones rurales de France.
“It is Easier to Change Your Mind in Small Communities” – Resettling Refugees in Rural Areas in France
Smaller municipalities and rural areas can be places where refugees are welcomed and where they can integrate more easily. People living in rural areas are very proud of their towns and often make an effort to mobilize and include newcomers in their communities.
Au-delà de l’aide à la décision, un think tank contribue au soft power national
Entretien avec Dominique David, conseiller du président de l’Ifri, rédacteur en chef de Politique étrangère, co-directeur du Ramses.
Soutenez une recherche française indépendante
L'Ifri, fondation reconnue d'utilité publique, s'appuie en grande partie sur des donateurs privés – entreprises et particuliers – pour garantir sa pérennité et son indépendance intellectuelle. Par leur financement, les donateurs contribuent à maintenir la position de l’Institut parmi les principaux think tanks mondiaux. En bénéficiant d’un réseau et d’un savoir-faire reconnus à l’international, les donateurs affinent leur compréhension du risque géopolitique et ses conséquences sur la politique et l’économie mondiales. En 2025, l’Ifri accompagne plus de 80 entreprises et organisations françaises et étrangères.