Populismes et relations internationales
Les populismes font florès, en Europe et ailleurs : en Argentine, peut-être demain à nouveau aux États-Unis… Que nous disent-ils de nos sociétés ? Et, s’ils arrivent au pouvoir, comment les modèlent-ils ? Leurs politiques économiques ont-elles quelques chances de succès ? Les politiques étrangères de leurs gouvernements influent-elles plus sur leur environnement, ou sur leurs propres sociétés ? Un « Trump 2 » au pouvoir à Washington serait-il totalement libre, et avec quels effets, de ses choix ?
La tragédie de Gaza interdit-elle tout espoir d’avenir ? La solution « des deux États », la seule rationnelle, peut-elle encore être mise en œuvre ? Il faudrait pour cela redessiner une géographie mise à mal par la colonisation, retrouver une voix palestinienne crédible pour une longue négociation, chercher l’acceptation de la société israélienne et qu’une communauté des puissances se manifeste réellement pour faire pression en faveur de la seule solution imaginable.
En marge des drames d’Ukraine et de Gaza, l’Afrique confirme son statut de champ ouvert à la rivalité de puissances de tous ordres : retrait de la France, hésitations américaines, avancées russes, présences de la Turquie, de l’Iran, des États du Golfe, de la Hongrie et même de l’Ukraine… Les stratégies opportunistes se multiplient : peut-on pourtant discerner là une rationalité géopolitique globale ?
Dans un entretien qui ouvre ce numéro de Politique étrangère, Thierry de Montbrial analyse une scène internationale où se trouvent mis en cause les grands instruments pensés ces dernières décennies au profit d’une gouvernance mondiale. Il s’interroge en particulier sur les effets de la guerre d’Ukraine et le destin incertain de l’Union européenne.
Gouvernance mondiale, Ukraine, Union européenne : Quo vadis ?, par Thierry de Montbrial
POPULISMES ET RELATIONS INTERNATIONALES
Populisme et extrême droite : de quoi parle-t-on ?, par Jean-Yves Camus
Diversité et échecs des populismes économiques, par André Cartapanis
Qu’est-ce qu’une politique étrangère populiste ?, par Sandra Destradi (lire cet article)
Les institutions américaines et l’hypothèse « Trump 2 » : la tentation autoritaire, par Lauric Henneton
L’Argentine à l’heure du « mileisme », par Florian Vidal
ISRAËL-PALESTINE : PENSER LA PAIX ?
Israël-Palestine : une seule solution, les deux États, par Élie Barnavi (lire cet article)
Israël-Palestine : quelles géographies ?, par Michel Foucher (lire cet article)
ACTUALITÉS
Mer Rouge : changement d’ère géopolitique, par Cyrille P. Coutansais
Afrique : le nouveau Grand Jeu, par Thierry Vircoulon
Birmanie : triomphe militaire inaccessible, paix négociée improbable ?, par Christian Lechervy
REPÈRES
Paris 2024 : géopolitique des Jeux olympiques, par Jean-Baptiste Guégan
La Syrie : représailles « post-guerre civile » et rémanence du passé, par Myriam Benraad (lire cet article)
LECTURES
Sous la responsabilité de Marc Hecker
L’enchevêtrement des crises au Sahel. Niger, Mali, Burkina Faso, de Jean-Pierre Olivier de Sardan
Le djihad de la vache. Pastoralisme et formation de l’État au Mali, de Giovanni Zanoletti
Par Alain Antil
Backfire: How Sanctions Reshape the World Against U.S. Interests, de Agathe Demarais
Par Michel Makinsky
Populismes et relations internationales. Politique étrangère, DUNOD/Armand Colin, n° 2 été 2024, 224 pages, 23 euros.
Vente au numéro : CAIRN
En librairie le 7 juin 2024.
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Populismes et relations internationales
Demain l’Iran, l'avenir d'une nation
Spécialiste de l’Iran, Clément Therme nous plonge au coeur de cette mécanique de pouvoir. Dans cette enquête exceptionnelle, il révèle les ressorts d’un régime qui fabrique le chaos autant qu’il le subit et fait de la tension extérieure la condition de sa survie intérieure. Jusqu’à quand ? Et surtout, qu’adviendra-t-il après ?
L’Iran face à la recomposition de son environnement régional. Entre survie du régime et isolement stratégique
La guerre de quarante jours déclenchée le 28 février 2026 par l’offensive israélo-américaine contre l’Iran a ouvert une nouvelle phase dans l’histoire des relations entre la République islamique et ses voisins. Si le régime a démontré une capacité de résilience face à une campagne militaire d’une ampleur inédite depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988), sa survie ne doit pas être confondue avec une victoire stratégique. Comme le révèle la séquence actuelle, la République islamique conserve une capacité de nuisance importante mais voit simultanément se réduire ses réseaux d’influence au Moyen-Orient, ses coopérations économiques dans la zone et les acquis diplomatiques de l’accord de mars 2023, conclu avec l’Arabie saoudite, sous l’égide de la Chine.
La politique allemande envers Israël : dépassée depuis le 7 Octobre
Peu de pays ont été aussi profondément affectés par les attaques du 7 octobre et la guerre à Gaza qui a suivi que l’Allemagne. Il ne s’agit pas simplement d’une controverse politique. Cela reflète un problème structurel plus profond : la politique allemande envers Israël repose depuis longtemps sur deux principes directeurs, une responsabilité historique particulière à l’égard d’Israël, héritée de l’Holocauste, et un engagement ferme en faveur de normes universalistes, avant tout le droit international et les droits de l’homme.
L'escalade dans la continuité : la politique étrangère de l’Espagne envers Israël et la Palestine après le 7 octobre
Au cours des deux dernières années, l’Espagne s’est imposée comme l’un des pays les plus vocaux dans son soutien à la cause palestinienne. Si Madrid s’est initialement alignée sur la position européenne dominante, reconnaissant le droit d’Israël à se défendre après les attaques du 7 octobre, elle s’en est rapidement distinguée de la plupart des États membres de l’Union européenne (UE) en remettant en question, puis en condamnant, la conduite de la guerre par Israël à Gaza.